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Sauf mention particulière,  le contenu de ce site et de cette page sont sous contrat Creative Commons
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Propos d'un jour


Les propos qui suivent sont une sélection de contributions, modérées ou non, à des blogs et forums parmi lesquels :
http://www.diatala.over-blog.com  http://esotemyst.kazeo.com  www.ifrap.org   http://www.les4verites.com 
www.liberaux.org  blog.liberte-cherie.com   etc.

Ils sont aussi tirés de réactions à divers articles parus dans la presse en ligne:
Courrier International  France soir  France télévisions 
La Tribune  Le Figaro
Le Point, Le Post  Les Echos  L'Express 
L'Humanité  Libération
Marianne  Le Nouvel Observateur  20minutes.fr   etc.

dont il suffira de visiter les sites pour les resituer dans leur contexte, sauf actualisation entre temps et sauf aussi rejet.
Car ces media, d'opinions diverses, faisant preuve d'une conception du dialogue et de la liberté d'expression
pouvant varier de l'un à l'autre, il a pu en résulter quelques refus de publier.

Si un blogmaster, webmaster ou autre publicateur de news trouve un intérêt suffisant aux articles figurant sur cette page,
il est cordialement autorisé à pratiquer le copier-coller, sous réserve du respect de l'usage en la matière,
lequel invite chacun à citer ses sources.

Cette page, principalement dédiée à des commentaires relatifs à l'information du moment  pourra accueillir déventuelles réactions
de lecteurs, pour autant que ces réactions soient strictement en rapport avec le sujet abordé et que la correction soit de règle.
Le webmaster sera seul juge de l'opportunité de les publier.

La chronologie des articles s'enchaîne à partir du bas de la page.

 Accès à l' article le plus ancien de cette page


17 juillet - Société/Media
Qui musèle qui ?
Un autre exemple de la manière qu'a la gauche de traiter l'information :
Challenges.fr (D° Nouvel Obs) du 17 juillet 2010  « Bettencourt : le feuilleton de l'été de A à Z. De A comme "Abus de faiblesse" à Z comme "zéro euro illégal", retrouvez les grands personnages et les petits détails de l'affaire qui passionne la France depuis un mois. »
Réaction non publiée : Intox - L'information est un droit mais aussi un pouvoir, dont nul de ceux qui l'exercent ignore l'importance capitale. Or la désinformation est un abus de ce pouvoir auquel se prête particulièrement bien la forme du lexique – qui n'est rien d'autre qu'un dictionnaire de mots choisis. La sémantique fait le reste, ajoutant la subjectivité des définitions à la sélection partisane.
Journalisme d'investigation ou d'agitation ? Débat ou manipulation ?

14 juillet - Politique
Pragmatisme - Du discours de Nicolas Sarkozy le 12 juillet 2010
Chacun peut, selon ses opinions ou ses certitudes, retourner en tous sens un discours à l'évidence difficile à entendre par un peuple qui n'a su faire preuve, pendant des décennies et surtout lorsque la situation était infiniment plus propice à des réformes qui s'imposent depuis longtemps, que de laxisme, d'imprévoyance et de manque de courage. Ceci sous tous les régimes et gouvernements ayant suivis ceux instaurés et conduits par le Général de Gaulle, jusqu'au jour fatal de son retrait définitif de la scène politique.
Mais il suffit, pour comprendre l'esprit qui dicte ces propos pédagogiques, d'en retenir la question posée par l'actuel Président de la République en guise de conclusion :
« Qu'adviendra-t-il de la France, économique aussi bien que sociale, le jour où la finance l’abandonnera à son sort ? Qui en fera les frais ? » Si le capital a besoin du travail, le travail a besoin du capital, dans un rapport – aussi équilibré que possible – dénué de cette jalousie maladive, aussi étriquée que prête à toutes les spoliations (oublieuse du fait que le riche envie rarement le pauvre), au nom d'un égalitarisme qui veut se donner les airs d'une égalité démentie par chaque instant de notre existence.
Nous sommes tous concernés et l'effort doit être consenti par tous. Surtout en matière de retraite, ou le système de répartition veut – par définition – que chaque pension soit d'abord financée par les cotisations des actifs et non par l'impôt et la subvention, quelle que soit la contrainte démographique.


Une certaine lassitude, éprouvée à lire et entendre les imprécations d'une meute populiste aussi déchaînée qu'irresponsable, peut expliquer une interruption de cette rubrique pendant près de 2 semaines

3 juillet - Société/Media
Liberté d'expression
“Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur”, fameuse devise n'ayant pas empêché plusieurs journaux en lignes dont – Le Figaro –, 20 minutes, l'Express, etc. de refuser l'insertion du propos qui suit. Publié par contre par France-soir et Libé, entre autres :
Quel drôle de métier que celui de certains journalistes lorsqu'il font feu de tout bois pour garnir les pages et créer l'évènement ! « Des oiseaux sans doute à l'origine de la pluie d'excréments de Saint-Pandelon (40) » titre un quotidien sérieux. La gravité aidant, le crottin de cheval, les défécations humaines, de même que celles des autres créatures condamnées à cette fonction par la nature, ne tombent pas de plus haut qu'elles ont le trou du cul. Il eut donc été surprenant que d'autres auteurs d'un tel phénomène eussent pu être autre chose que des oiseaux. A moins que, l'aviation prise en flagrant délit de délestage de ses latrines ... Ce ne serait pas mal non plus, en ces temps où le progrès et ce qui le représente sont une cible de choix. Quoi qu'il en soit, le doute émis par un tel titre ne peut provenir que de la frustration éprouvée par celui (ou celle) qui l'a rédigé, en constatant que les martiens n'étaient pas les coupables. Quelle sensation sinon ! Le lectorat en eût peut-être éprouvé autant d'intérêt que pour une affaire Bettancourt-Woerth en voie d'épuisement, les extras de Madame Boutin, le Falcon-jet de fonction ou les cigares de je ne sais plus quels Ministres. Un point commun toutefois entre ces affaires : elles ont la même odeur, dont raffole les uns pendant que d'autres prennent un plaisir évident à remuer la matière dont elle émane.


28 juin - Société/Media
A propos de liberté de la presse, de liberté de pensée et de liberté d'expression.
Texte d'un post en réaction à l'appel à pétition lancé en faveur de deux journalistes licenciés par France Inter pour cause "d'outrance verbale", post rejeté par plusieurs journaux en ligne :
« N'y-a-t'il pas un temps et une place pour chaque chose ? Qu'il en soit donc ainsi pour l'information et que cesse cette intoxication sans précédent à laquelle procède une presse contrôlée à 80% par des journalistes bien-pensants, à grands coups de bobards et d'ironie démago vendue pour de l'humour.
Une gauche [opposition] bobo, jouant dans l'impunité et l'irresponsabilité les plus complètes au jeu si divertissant de l'opposition [l'agitation], pour la plus grande distraction de jobards à qui il n'en faudrait pas tant pour se se prendre pour des révolutionnaires, il est peut-être temps de réagir.
France Inter est une chaine publique et tous les contribuables ne sont pas indifférents à la médiocrité.
Une information digne de ce nom doit exister, ce qui n'empêchera pas les passionnés de cracher ailleurs dans la soupe. »
Motifs de rejet : « Bonjour, Votre message a été modéré. Merci de bien vouloir être moins violent dans le ton de votre message. Les attaques personnelles, l'agressivité ou les insultes, en plus d'être bannies de notre site, desservent votre propos. Vous pouvez bien entendu soumettre à nouveau votre commentaire en tenant compte de cet avertissement. Bien à vous, Pour plus d'informations sur notre politique de modération, vous pouvez lire notre charte des commentaires. Eric Mettout Rédacteur en chef LEXPRESS.fr 01 75 55 14 66 emettout@lexpress.fr  »
« Bonjour Claudec, Votre message n’a pas été publié. En effet, il ne correspond pas à notre charte de modération. Cordialement - L'équipe de modération leparisien.fr »
Autre exemple de motivation de rejet ajoutant l'hypocrisie à l'octracisme :
« Bonjour, Nous vous remercions d'avoir soumis votre article (Nouvel article) sur AgoraVox. Toutefois, le comité de rédaction n'a pas validé sa publication. Nous considérons en effet que l'article demande un supplément d'information et d'argumentation. Nous vous encourageons vivement à développer vos propos afin que nous puissions réexaminer votre article au plus vite
N'hésitez pas à vous inspirer de la politique éditoriale disponible à l'adresse suivante:
http://www.agoravox.fr/qui-sommes-nous/article/politique-editoriale-60
En attendant de vous lire prochainement sur AgoraVox, veuillez croire en l'expression de nos meilleurs sentiments.
Cordialement - L'équipe de rédaction d'AgoraVox »
« Bonjour, Votre message a été modéré. Votre contenu ne respecte pas la charte de modération lefigaro.fr. Concileo : modération refusée - Lire la charte de modération lefigaro.fr
Message posté le 06/06/2010 à 10:21 - Sur l'article : Qu'avez-vous retenu de l'actualité de la semaine ? . Rappel de votre message : Que, sauf erreur de ma part, le Figaro ne consacre pas le moindre espace au souvenir du 6 Juin 44. Bien triste en vérité.
Cordialement, L'équipe d'animation de la communauté Mon Figaro
(Merci de ne pas répondre à ce mail. En cas de besoin, reportez-vous à la charte de participation du Figaro.frhttp://www.lefigaro.fr/charte_moderation/charte_moderation.html) »
Encore s'agit-il là de rejets motivés, le passage à la trappe de nombreuses interventions ayant lieu de la part des titres les plus passionnés de liberté d'expression.


24 juin - Société/Politique
Pression fiscale
Message de l'association "Contribuables associés
Cher ami contribuable,
Savez-vous que ce matin encore vous vous êtes levés pour payer les dépenses de la sphère publique ?
Et il en sera de même demain, et après-demain, et les jours suivants.
Depuis 10 ans, nous fêtons le jour de la Libération fiscale*, dont la date est calculée à partir des chiffres de l’OCDE, et cette année, ce n’est qu’à partir du 28 juillet que nous allons enfin commencer à travailler pour nous-mêmes, soit 13 jours plus tard que l’an dernier !
Je ne sais pas si vous imaginez, en 2010 les contribuables auront travaillé plus de 200 jours pour financer le train de vie de l’État.
Le 28 juillet, c’est 3 semaines de plus que nos voisins européens et 45 jours de plus que la moyenne des pays de l’OCDE !
Tout juste derrière le Danemark, au sein des pays de l’OCDE,
la France est vice-championne du monde de la dépense publique !
En cette période difficile, nous faisons tous attention à ne pas gaspiller notre argent, il n’y a pas de raisons pour que l’Etat et les collectivités aient le droit de gaspiller et de nous endetter toujours plus !
Plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour sensibiliser l’opinion publique et continuer nos actions de pression et d’informations pour une meilleure gestion de nos impôts ...
* Mais quand étions-nous libérés les années précédentes ?
Rendez-vous sur notre site www.liberation-fiscale.com


22 juin - Société/Littérature
L'amour des livres
Je n'aime pas mes CD, j'aime ce qu'ils m'offrent à entendre, mais j'aime mes livres autant que leur contenu. Je ne les aime pas de la même façon, voilà tout. La littérature n'est pour rien dans l'amour que je leur porte. Cet amour est dédié à leur reliure, à leur composition, aux caractères avec lesquels ils ont été imprimés, au papier dont ils sont faits ; à la possibilité qu'ils m'offrent de les caresser, de les feuilleter pour y retrouver les pensées qu'ils recèlent et qui me les ont fait acheter ou recevoir en cadeaux ; aux rêves que leur lecture a suscités en moi et que je suis heureux de savoir là, près de moi, dans ma petite bibliothèque. Car j'aime aussi ma bibliothèque ... pour les livres qu'elle contient.
Certes mon IPad, ce bijou de technologie, est moins encombrante, plus facile à consulter, mais elle est comme une jolie femme dont la robe, toujours la même, amoindrirait le charme de la déshabiller.

21 juin 2010 - Politique
Politique ou polémique ?
A propos des affaires qui agitent l'opinion et dont la dernière vise Eric Woerth ; politique ou polémique ?
Polémique et politique riment mais les braillards n'en demeurent pas là, prenant le premier de ces exercices pour le second. A défaut d'être capable de faire des propositions crédibles, ils ont pris l'habitude de monter en épingle, sans vergogne, tout ce qui se présente. Ils en font les fromages bien maigres dont ils se nourrissent, avec une candeur n'ayant d'égale que l'impuissance des leaders dont ils consomment avec délectation, en guise de dessert, les propos aussi vides et insipides que des pet-de- nonnes rassis. Pas étonnant que l'opposition s'épuise dans ces harcèlements et dépérisse. Elle offre d'ailleurs le spectacle quasi quotidien de cette stérilité à l'Assemblée Nationale où ses incantations et leitmotiv lui tiennent lieu d'arguments. Eric Woerth ne le lui envoyant pas dire, il était normal qu'il en soit à son tour la cible.
Mis à part les sujets justifiant que soit alertée l'opinion, dans une démocratie ni meilleure ni pire qu'une autre, une telle attitude n'exprime-t-elle pas en vérité un accord avec le pouvoir en place quant à sa politique ? Et notamment une acceptation des réformes engagées ? N'est-ce pas reconnaître que ces réformes, contre lesquelles il est de bon ton de s'insurger à grand renforts de moulinets, sont incontournables ? Ne serait-ce pas le signe que les voies empruntées sont les seules possibles ? Il faut bien tenter de sauver la face, mais une agitation faisant feu de tous bois, en désespoir de cause, n'a rien de contestataire quant au fond.
Qui ne dit rien (ou polémique, ce qui revient au même) consent, dit le proverbe.
Tout de même inquiétant cette conception, de la politique, du débat démocratique, de l'information et de la présomption d'innocence qu'affichent certains, dont pourtant des experts du milieu du judiciaire.
Pour qu'une république soit irréprochable il faudrait que l'homme de pouvoir comme celui d'opposition, fussent susceptibles de le devenir, ce qui n'est pas demain la veille. La République irréprochable de notre Président relève d'un idéal qui vaut bien une idéologie mais qui, par définition, est hors de notre portée, tout comme cette vertu prêchée par les uns et les autres, qui seraient bien en peine de ne pas relever au moins le même nombre d'affaires plus ou moins scabreuses dans quelque régime que ce soit, ici et ailleurs, aujourd'hui comme hier ... et probablement demain. Au demeurant, les affaires dont il s'agit et dont certaines n'auraient pas leur blog (un autre scandale !) font l'affaire de la presse et de ses lecteurs, plus avides de ragots que de changement.


19 juin 2010 - Société
Pour ou contre la peine de mort
Les malheurs de la société viennent du refus des hommes de respecter les lois de la nature et en l’occurrence en opposant à la stupidité d'actes criminels, une compassion allant jusqu'à conduire à l'abolition de la peine de mort, pour des raisons tout aussi stupides et rien moins que suspectes. Ainsi des propos de R. Badinter, tenus en leur temps pour justifier cette abolition : "La peur de la mort n'a jamais empêché que s'exercent les plus grandes passions. Si cette peur opérait comme le prétendent les partisans du maintien de la peine de mort, l'humanité n'aurait pas connu autant de grands soldats ni de saints par exemple". Avec quelle facilité affligeante, un intellectuel d'une telle réputation – alors Garde des Sceaux de surcroît – ne se livre-t-il pas à l'amalgame ! Confondre la mort au service de ses semblables avec celle infligée en vue de l'élimination d'un individu hostile à la société au point de tuer a de quoi faire réfléchir. Il n'y a en tout cas pas loin entre cette façon de voir et la proclamation comme héros ou martyrs des pires assassins, pour peu qu'ils soient morts en prison ou sous les balles des gardiens de l'ordre.
Il ne s'agit pas davantage pour la société de se venger que d'amender des torts irréparables causés aux victimes, mais d'une part de punir des actes portant atteinte
dans la mesure la plus extrême à la sécurité et à l'intégrité de la société,  et de protéger cette même société en éliminant les risques de récidive de la part de criminels jugés irréductibles. Cette nécessité élémentaire de protection, d'autant plus grande que la violence croît et se généralise, en dépit de la compréhension, de la tolérance et de toutes les mesures de clémence dont bénéficient les criminels, est ainsi négligée en vertu d'une logique compassionnelle plus idéologique que raisonnable qui, après l'abolition de la peine de mort, remet d'ores et déjà en cause de moindres sanctions, en attendant la repentance pour avoir osé condamné les coupables à quelque peine que ce soit, et d'implorer leur pardon.
Socrate a dit que la loi est faite pour protéger les faibles des forts. Il ne semble pas qu'il ait envisagé que ce principe conduirait un jour les forts, entraînés dans la spirale d'une compassion contre nature, à se sentir tellement coupables de l'être qu'ils démissionneraient de leur rôle de garants de l'ordre indispensable à la vie en société.


18 juin 2010 - Société (et devoir de mémoire)
L'appel
« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule. Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limite l'immense industrie des États-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres.»


17 juin 2010 - Société
L'amour des livres
Je n'aime pas mes CD,  j'aime ce qu'ils m'offrent à entendre, mais j'aime mes livres autant que leur contenu. Je ne les aime pas de la même façon, voilà tout. La littérature n'est pour rien dans l'amour que je leur porte. Cet amour est dédié à leur reliure, à leur composition, aux caractères avec lesquels ils ont été imprimés, au papier dont ils sont faits ; à la possibilité qu'ils m'offrent de les caresser, de les feuilleter pour y retrouver les pensées qu'ils recèlent et qui me les ont fait acheter ou recevoir en cadeaux ; aux rêves que leur lecture a suscités en moi et que je suis heureux de savoir là, près de moi, dans ma petite bibliothèque. Car j'aime aussi ma bibliothèque ... pour les livres qu'elle contient.
Certes mon IPad, ce bijou de technologie, est moins encombrante, plus facile à consulter, mais elle est comme une jolie femme dont la robe, toujours la même, amoindrirait le charme de la déshabiller.

11 juin - Société

14% de millionnaires en plus en 2009...
Trois observations :
1/ Le seuil de pauvreté est subjectif alors que celui de la richesse ne l'est pas. Deux millionnaires ou milliardaires font l'objet d'une définition identique dans tous les pays et toutes les sociétés du monde, alors qu'un pauvre ou considéré comme tel, dans un pays comme la France par exemple, n'a rien de commun avec un pauvre "survivant" avec peine dans un pays lui-même émergeant, ceci en dépit de l'idée que tentent d'accréditer ceux dont les pseudo pauvres sont le fond de commerce et l'électorat. Il est d'ailleurs significatif que dans les pays riches, le seuil de pauvreté soit l'objet d'indices et de repères qui se rapportent au niveau de vie et non à la misère, que connaissent trop peu nombre de ceux qui en parlent. La véritable misère est trop profonde pour s'indexer, elle se traite dans l'urgence. Et il y a chez ceux qui font l'amalgame une tentative de récupération fondée sur la nostalgie de ce que fut chez nous un prolétariat, en train d'émerger ailleurs.
2/ Vaut-il mieux plus de riches et moins de pauvres ou plus de pauvres et moins de riches ? Sachant que l'enrichissement de la société n'est qu'un simple aspect du progrès dont chacun de ses membres profite.
3/ Comme trop souvent hélas, la passion entraîne vers une idéologie qui fait se tromper de combat. Comme le bien et le mal sont indissociables, la pauvreté n'existerait pas sans la richesse et inversement. Le véritable problème n'est pas là, il est dans le partage ... de la richesse, comme de la pauvreté.

06 juin - Société

Devoir de mémoire - Pour commémorer le débarquement des alliés en Normandie le 6 juin 1944

Quelques décennies après ...

De vastes cimetières sous des cieux identiques,
Abritent les défunts, ami comme ennemi.
Des canons et des chars, souvenirs pathétiques,
Témoignent de combats où tant d'hommes ont péri.

Les vestiges d'un port dont se jouent les marées,
Des restes de blockhaus, épaves ensablées
Moins ignorées que d'autres reposant sous les eaux,
Données à d'autres morts en guise de tombeaux.

Le soleil sur la mer, des enfants sur les plages
Et de fringants voiliers aux joyeux équipages,
Un pays verdoyant rutilant alentour,
Où  le fer et le feu régnèrent un long jour.

Des drapeaux haut dressés qui veulent dire au monde
Le souvenir sacré, la gloire d'un instant ;
Un message de paix ? Mais qui de nous l'entend ?


04 juin - Économie

De l'innovation
Posté sur le forum de l' IFRAP en réponse à un article de B. Zimmern qui nous dit : « Les Américains avaient déjà découvert en 1958, il y a un demi-siècle, que les fonds communs ne doivent pas s'occuper de financer la création d'entreprises, sauf exceptions : les sommes nécessaires sont trop faibles et ces investissements beaucoup trop risqués. » et « Les innovations qui créent rapidement des emplois sont, en outre, fondées sur des idées marketing et nécessitent, plus que des moyens techniques, de l'argent au démarrage. »
Il serait temps en effet de dépasser le concours Lépine et d'aller au-delà de ce type d'encouragement, certes franchouillardement sympathique mais insuffisant, pour aider sérieusement l'innovation à sa source. La créativité est individuelle, qu'elle habite un chercheur patenté ou inné, mais le reconnaître ne suffit pas. Quand bien même elle surgit dans plusieurs cerveaux en même temps, l'idée naît dans un seul à la fois et c'est à partir de là que doit s'exprimer le soutien permettant de traduire en produits et services créateurs de richesses, d'innombrables concepts n'ayant trop souvent pas même les moyens d'aller jusqu'à leur traduction en prototypes et/ou en plans de développement garantis par une vision appropriée de ce qu'est une saine gestion. Dans un monde ou la prise de risque est un métier qui fait des banques de véritables notaires – davantage intéressés par les garanties de l'emprunteur que que par la valeur d'un projet – et des entrepreneurs susceptibles de s'intéresser à ces mêmes projets des frileux, pousser l'inventeur à créer une entreprise est trop souvent prématuré qu'inapproprié. C'est l'envoyer au tapis, lui et son idée, aussi bonne soit-elle ; c'est l'enfoncer dans un processus qu'il peut ne pas avoir vocation à maîtriser ou auquel il ne porte pas l'attention suffisante pour des raisons compréhensibles, voire excusables.
(Exprimé en connaissance de cause par l'un de ces porteurs de nombreuses innovations, dont certaines ont été testées avec succès, mais qui finiront dans ses tiroirs après lui faute de compétences et de moyens suffisants pour les avoir hissées au niveau d'une exploitation digne de ce nom.)

23 mai  - Société
Homosexualité
Les lignes qui suivent sont celles d'une contribution rejetée à 4 reprises par un (bien petit) quotidien en ligne, parmi ceux listés ci-dessus. L'objet de l'article auquel elles se rapportent, est un film ayant pour thème une relation homosexuelle. L'auteure de l'article écrit : « Le film souligne la difficulté de la condition sociale qu’est l’homosexualité, mais la normalité de l’homosexualité elle-même...  »

Commentaire :
Plaidoyer dont la parti-pris transpire sous l'habilitée de l'écrit. Sauf que :
1° L'homosexualité n'est pas une condition sociale mais place ceux qui en font preuve dans une condition (encore) particulière au sein de la société (Nuance !)
2° Selon Socrate lui-même, qualifier n'est pas définir. L'homosexualité ne peut se définir arbitrairement ni par ses partisans ni par ses opposants, mais par rapport à la nature fondamentale des sexes et d'une seule sexualité hors laquelle il peut y avoir jeu, fantaisie et déviance plus ou moins marquée pouvant aller jusqu'à la perversité (comme dans toute autre forme de rapports d'ailleurs).
Quant à l'amour, sauf à le limiter au plaisir tiré d'une relation sexuelle quelle qu'elle soit, peut-être est-il permis de penser qu'il s'agit d'une valeur universelle qu'il est regrettable de vouloir récupérer et réduire de la sorte.


22 mai - Environnement
Submerdation
Voici, à quelques mots près, une communication parue dans un numéro de la presse Philosophique, poétique et satirique des années 80 sous la signature de Y. Truoc.
Pour contribuer à l'enrichissement de la langue française :
Submerdation subst. féminin, donnant le verbe submerder, dont l'académie ne saurait manquer de publier la conjugaison dans un proche avenir.
Submerder quelqu'un ou quelque chose, c'est l'enfouir sous les immondices ; le recouvrir d'ordures, de crasse, de déchets, etc. [ou de produits plus nobles, tels le pétrole et ses innombrables dérivés par exemple] NDLR
La submerdation peut être provoquée volontairement ou non, mais il a été observé que sa forme involontaire, et même inconsciente, est la plus courante.
Ex. En dépit de son pourcentage recyclable, la masse d'excréments qu'a produite l'humanité et qu'elle continue de produire la submerge, ou plus directement, plus simplement, la submerde.
S'emploie au simple comme au figuré.
Il peut y avoir submerdation physique – gazeuse, liquide ou solide – ou morale. Il est d'ailleurs constaté que l'humanité approche, en de nombreux endroits du globe, d'un état de submerdation à la fois morale et matérielle.
Il est à craindre que sous l'un ou l'autre de ses aspects, la submerdation ne provoque l’asphyxie des populations qu'elle touche et ceci jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Des études sont actuellement menées pour déterminer la masse exacte d'immondices de toutes sortes produite par l'humanité depuis ses origines. Les savants qui se penchent sur la question espèrent pouvoir de la sorte situer avec une précision suffisante l'époque à laquelle l'homme devrait disparaître de la surface de la terre, s’enlisant d’abord puis disparaissant sous la couche de ses propres excréments et autres saletés lorsqu’elle aura atteint une épaisseur suffisante, ce qui ne saurait tarder.
La submerdation pour être combattue efficacement, requiert de puissants moyens dont l'arme nucléaire. Celle-ci s'avère être la solution la plus radicale, par vitrification de la masse sur une épaisseur suffisante pour assurer la fossilisation de l’espèce. Substituant un état de submerdation à un autre, cette issue n'est cependant pas sans poser nombre de problèmes qui devront être résolus le moment venu.
Face à la montée du péril, des "écologistes" se sont donné pour mission de prévenir et combattre la submerdation en limitant dans un premier temps leurs préoccupations à sa dimension matérielle. Eux-mêmes touchés par le fléau dans ses manifestations morales, il est à craindre que cela les condamne à l'impuissance, d'où quelques craintes d'aggravation de la situation générale en dépit de leurs louables efforts.
Les deux formes de submerdation sont cumulables, sans que la prédominance de l'un ou l'autre ait pu être fixée avec certitude. Il paraît par contre peu probable de combattre efficacement la submerdation matérielle si une immunisation n'a pas d'abord été opérée du point de vue moral.
A noter que les volontaires traités à cette fin ont opposé une vive résistance au vaccin.
Seuls les jeunes humains semblent susceptibles de combattre la submerdation. Malheureusement, les effets de l'hérédité se font sentir chez la plupart d'entre eux, paralysant leurs facultés et les rendant souvent définitivement inaptes. Une telle impuissance a souvent pour origine la connerie – nom donné à la submerdation morale avant que ce fléau n'ait été identifié avec suffisamment de précision pour que lui soit attribué un nom excluant toute confusion. Ainsi des parents atteints de connerie donnent le plus souvent des enfants totalement incapables de combattre la submerdation et comme le nombre de sujets atteints a crû à une vitesse inquiétante ces dernières années, les milieux autorisés se demandent s'il reste encore une population suffisante d'individus capables de constituer la force d'intervention dont l'humanité ressent le besoin chaque jour plus pressant.


21 mai - politique 
A propos du bouclier fiscal
Le "cas" Paul Dubrule, cofondateur du groupe Accor
Les commentaires sont infiniment plus intéressants que les articles fleurissant çà et là et auxquels réagissent leurs auteurs : par le nombre d'abord, qui bat des records dès lors qu'une personnalité est dans le collimateur ... et par l'absence d'une évocation quelconque de certaines des raisons qui ont pu être celles de l'intéressé.
Voilà quelqu'un qui a fait légalement fortune (avec l'aide de ceux qui le honnissent après avoir participé à son enrichissement. Car qui d'entre nous n'est jamais descendu dans un Novotel, un Etap, un Formule 1, etc. ou n'a pas mangé dans un Courtepaille ou autre relais d'autoroute ?) et qui a pris des dispositions pour mettre son argent à l'abri des prédateurs que sont ses concitoyens. Que pouvait-il faire d'autre ? Car, non seulement ceux-ci ne reconnaissent pas les mérites qu'il a eu à créer les milliers d'emplois qu'ils occupent non seulement en France mais partout dans le monde, mais ils prétendent maintenant le plumer. En somme, celui qui a eu l'imagination, l'esprit d'entreprise et la volonté de créer des richesses et de l'emploi est condamnable et le capital doit être aboli ou mieux, être distribuée à ceux qui vivent de l'initiative d'autrui et des ressources qu'elle procure à la collectivité).
Ne vaudrait-il pas mieux convaincre celui qui détient une fortune acquise par les voies que lui offre notre société, de la faire gérer en France plutôt qu'à l'étranger ?
Ce n'est pas en tout cas avec ce dont le pays est privé faute de cela que seront sauvés les régimes de retraites ... et bien d'autres choses.
Mais certainement vaut-il mieux "moins de riches et plus de pauvres" que "plus de riches et moins de pauvres" ?
A méditer, en pensant que la France a eu de tous temps l'art de se priver des moyens et des hommes qui ont fait sa prospérité, ce dont n'ont pas manqué de profiter les pays qui les ont accueillis.


20 mai - Politique
Se souvenir que ...
1° le marché du travail en est un comme un autre, sujet à fluctuations et sur lequel chaque partie échange ce dont elle dispose, au mieux de ses intérêts. Les uns tentent d'y obtenir un maximum de travail pour un minimum de leur argent et les autres un maximum d'argent pour un minimum de leur travail. Libre à chacun de rechercher, dans une situation qui est ce qu'elle est, de meilleures conditions. Et ne nous en prenons pas à un veau d'or auquel nous sommes tous soumis, du plus riche au plus pauvre d'entre nous, tous confondant confort et bonheur.
2° Pour ce qui est de ses équilibres, la société est une pyramide, or une pyramide n'a jamais tenu sur sa pointe, aussi rabotée et plate soit-elle (sinon peut-être, en lui enfonçant le sommet, autrement la tête, dans le sable). Et quand notre société disparaîtra, à force de décourager les initiatives qui la font profiter du progrès, elle disparaîtra, envers et contre tout, avec ses pauvres et ses riches, ou avec les uns plus riches (ou plus pauvres) que d'autres. 
Comme disait Socrate « Ce qui est juste, selon la nature, c'est que les forts aient le dessus. Mais les lois, instituées par et pour les faibles, empêchent les meilleurs d'exercer leur supériorité naturelle ; ils finissent par croire qu'il est injuste de vouloir plus que les autres. L'égalité [à laquelle le français tient plus qu'à la liberté selon Chateaubriand, au point d’être devenu de l'égalitarisme] est ce que prônent les inférieurs pour asservir les natures supérieures. »


19 mai - Politique
Réforme des retraites
Brillante intervention de François Fillon à l'Assemblé Nationale, en réponse aux questions des socialistes au gouvernement, quant au financement de la réforme des retraites.
Il est évident depuis longtemps que le parti socialiste a manqué plus que tout autre – parfois dans des circonstances pourtant éminemment favorables – du courage nécessaire pour regarder les choses en face. Il n'est même plus permis à ses défenseurs de lui trouver des excuses dans une idéologie qui cède, non seulement en reconnaissant enfin l'existence du problème criant posé par les régimes de retraites mais par un recul implicite sur le départ à 60 ans, sous couvert d'une soi-disant retraite à la carte. Seule la démagogie le guide là encore, qui lui fait avancer des solutions fantômes, financées par une pression fiscale tellement accrue qu'elle enfoncerait encore davantage l'économie et l'emploi dans le marasme si les chiffres sur lesquels elles se fondent n'étaient pas eux-mêmes dénués de sens.
Ses  propositions ne trompent personne dans ses propres rangs et si quelques uns de ses partisans les plus clairvoyants, se refusant à livrer des combats qui n'ont rien à voir avec les problèmes auxquels le pays est confronté, apportent déjà leur contribution à l'effort commun, plutôt que de continuer à livrer à des combat dépassés et sans issue, il reste à souhaiter que d'autres ouvrent les yeux et fassent de même. La France a besoin de tous ceux qui comprennent que la solution n'est pas davantage dans la subventionnite que dans la cavalerie.


17 mai - Environnement
Noire marée
Considérée à travers ses effets immédiats et les impardonnables agissements de ceux qui en sont responsables, une marée noire est une chose ; juger de ses conséquences à terme en est une autre. L'expérience montre que la nature reprend tôt ou tard ses droits et a effacé toute trace des pires marée noires connues à ce jour, sans omettre les fuites et l'expansion aussi ignorées que spontanées provoquées ici et là par des effondrements et autres catastrophes naturels. Les bactéries marines digèrent littéralement le pétrole comme ses résidus et ceux de son nettoyage toujours insuffisant. Plutôt que de laisser les nappes atteindre les côtes et provoquer des dégâts supplémentaires, souvent irrémédiables, par sacrifice de leur faune, de leur flore et des activités qui y sont exercées, couler ces nappes au large n'est-il pas le moindre mal ?
Tant que les hommes saliront davantage qu'ils ne savent nettoyer et au train où va la démographie et la consommation, le processus n'est pas près de s'interrompre et il serait opportun de concentrer la critique et les efforts sur les conditions d'exploitation où naissent tous les risques qui pourraient être évités. Le pétrole n'est pas une invention des hommes, contrairement à leurs insatiables besoins en énergie. Tant que nous ergoterons sur les palliatifs qui ont aussi leurs défauts tels que marémoteur, nucléaire, éolien, solaire, etc. il ne nous restera, hélas, qu'à préférer en tout les solutions les moins mauvaises.

14 mai - Politique
Pauvre Grèce
Pour qui a quelques notions d'analyse transactionnelle, il en est des nations comme des individus, qui peuvent  se comporter en adultes responsables ou en enfants plus ou moins capricieux, exigeants et irresponsables, ce qui peut être mis sur le compte de leur âge et porte à beaucoup leur accorder et pardonner, tant qu'ils n'ont pas atteints la limite à partir de laquelle la survie de l'ensemble de la famille ou du groupe est compromise.
Pourtant, en dépit de son âge, c'est strictement ce qu'est en train de connaître notre mère la Grèce, après d'autres pays et en attendant le tour d'autres encore, privilégiant la polémique au détriment du travail.
Les français feraient bien d'y penser et leurs leaders politiques aussi, tous partis confondus, quand leur idéologie, leur démagogie ou leur manque de courage, les entraînent à grands pas vers la même situation.
10 mai - Société
Phantasme idéologique
Les puces de Montreuil qualifiées de "Marché de la misère" !
Se laisser entraîner par la gêne qu'il occasionne à ses riverains ou ses phantasmes idéologiques au point de qualifier de "marché de la misère" ce qui a toujours été, est encore plus affligeant qu'exagéré. Il en est de cela comme de la fameuse souffrance au travail, soi-disant éprouvée par ceux qui devraient aller voir ce qu'est cette souffrance, là où elle existe vraiment. C'est à se demander qui insulte le plus le fait de confondre les crêve-la-faim de sœur Emmanuelle, survivant dans les détritus des métropoles de pays sous-développés, avec les vendeurs des vide-greniers ou de "puces" de Paris ou d'ailleurs en France – car n'en déplaise à des journalistes trop avides de sensation à bon marché pour s'en rendre compte, il en existe aussi en province – qui pour la plupart vivent des surplus d'occidentaux tellement bien nourris, habillés, meublés, que leurs poubelles et déchèteries débordent d'articles de toutes sortes encore en assez bon état pour trouver preneurs capables d'y mettre le prix. Bien sûr il a là des miséreux qui tentent de faire face à de criantes détresses en vendant ce dont ils seront privés, mais pour l'essentiel, ce marché n'est que celui de nos abus de consommation. Il y a donc lieu de dénoncer ces abus, plutôt qu'une misère que certains s'acharnent à débusquer – ce qui est louable – mais aussi à inventer par tous les moyens pour se donner raison en même temps que bonne conscience et développer leur propre fonds de commerce.

9 mai 2010 - Environnement
Nouvelles du Golfe du Mexique
Aux dernières nouvelles ça ne fait que commencer, car les clathrates sont dans le coup. Il serait peut-être temps d'en parler. (cf. http://groups.google.fr/group/clathrates )
Ouest-France de ce jour
Installé hier, le « couvercle » qui devait endiguer la fuite de pétrole a dû être retiré pour raisons techniques.
Le « couvercle » qui avait été placé hier sur la fuite de pétrole pour juguler la marée noire dans le golfe du Mexique a dû être retiré dans la soirée en raison de la formation de cristaux similaires à de la glace.
20minutes.fr
« La marée noire bientôt endiguée? Pas si sûr... Le «couvercle» qui avait été placé sur la fuite de pétrole pour juguler la marée noire dans le golfe du Mexique a dû être retiré en raison de la formation de cristaux similaires à la glace, a indiqué ce samedi un responsable de BP. Ces cristaux se forment sous l'effet combiné de gaz avec l'eau à certaines pressions et températures.
Deux jours pour trouver le problème. " Le grand défi technique a été la formation d'hydrate", après la pose du couvercle, a expliqué Doug Suttles, directeur d'exploitation du géant pétrolier britannique. "Cela va prendre probablement les deux prochains jours pour chercher des solutions à ce problème ". »

7 mai 2010 - Politique
Eh bien je suis aussi de parti pris !
Mais de droite, après avoir été résolument de gauche et milité lorsque j'étais jeune. Mais comme a dit quelqu'un, n'est-il pas aussi normal d'être de gauche lorque nous avons encore nos illusions qu'anormal de l'être encore lorsque nous les avons perdues ? Quoi qu'il en soit, j'assume d'être de droite, principalement (et non exhausitivement) pour les raisons suivantes auxquelles j'invite tout un chacun à réfléchir :
. Je suis individualiste (à ne pas confondre avec égoïste, comme certains prétendent faire passer le socialisme pour un vertueux altruisme), ce qui ne contredit pas l'interdépendance d'individus vivant en société.
. Je me rends à l'évidence des inégalités et à l'obligation que la nature fait à chacun d'entre nous d'être préoccupé d'abord de soi-même, pour la simple protection des siens et la conservation de l'espèce.
. Je crois en une compassion raisonnée pour être utile et durable, et non en une compassion banalisée et gaspillée, conduisant de surcroît à un assistanat offensant.
. Je préfère plus de riches et moins de pauvres à moins de riches et plus de pauvres.
. Je considère que le "marché" de la misère est parmi les plus florissants et les mieux entretenus de la planète (démographie aidant), par tous ceux qui y trouvent leur compte, en pouvoir comme en argent. Sachant que des pauvres concèdent plus volontiers du pouvoir que les richesses dont ils sont démunis par définition.
. Je crois que le bonheur de tous peut naître du bonheur de chacun et en aucun cas le contraire, sauf à considérer comme étant bonheur le ralliement à une croyance supérieure, idéologique aussi bien que religieuse.
. Je me garde de confondre bonheur (que je conçois exclusivement dans la recherche de lui-même) et confort.
. Si la droite est encore loin d'apporter le bonheur (qu'elle confond elle-même trop souvent avec le confort), la gauche y échoue partout, pour des raisons strictement et banalement humaines, qu'elle occulte dans son aveuglement idéologique.
. Je crois en des valeurs comme le travail et l'effort, et en aucun cas à la facilité en quoi que ce soit, préférant me botter le c.. moi-même (ce qui est un périlleux exercice d'équilibre, je le reconnais) lorsque cela est nécessaire – et cela l'a souvent été – que me le faire botter par d'autres.
. Etc.

6 mai 2010 - Sciences
Questions à Joël de Rosnay sur son blog
Merci pour toutes ces passionnantes réflexions, dont certaines m'inspirent quelques réactions, qu'en dépit de mon ignorance, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer :
- Amusant cette notion de BNB (Bonheur National Brut), mais convaincu que le bonheur de tous ne peut être obtenu que par cumul de celui de chacun et non par l'inverse, j'y vois une notion assez éloignée du bonheur tel que je l'imagine. Je parlerais plutôt, si je puis me permettre, de CNB pour Confort National Brut, le confort, que la science est la première à nous procurer, étant tout autre chose que le bonheur, vous en conviendrez je pense. La science n'est-elle pas faite pour trouver, alors que, comme disait je ne sais plus qui « le bonheur est dans sa propre recherche ». N'est-ce pas d'ailleurs la raison pour laquelle les chercheurs peuvent être des gens heureux ?
- « A mon avis, l'"homme augmenté" créerait des différences trop grandes en devenant une sorte de surhomme, entre des alphas et des gammas comme les appelait Aldous Huxley, entre les élites riches et les laisser pour compte de la technologie. » dites-vous. Le conditionnel ajoute à ma surprise à lire un tel propos, alors que la science ne peut et ne fait qu'augmenter l'homme, ou du moins de lui donner le sentiment de cette "augmentation", sans changer d'un iota sa nature profonde, qui le ramène à la barbarie à la moindre occasion, comme l'histoire et la simple observation permettent d'en juger.
- « La clé de la compréhension et du soin du vivant c'est la synergie: c'est à dire l'association et l'interdépendance de plusieurs facteurs ». Voilà qui semble tellement vrai que peut-être est-ce de là que viennent nos maux et leur accumulation tellement inquiétante. En effet, cette synergie, clé de la compréhension, n'échappe-t-elle pas chaque jour davantage à des scientifiques ? comme au vulgum pecus ? submergés par un savoir que nul être humain et nulle machine ne sont dorénavant en mesure de synthétiser et de contrôler ? D'autant plus qu'il semble que l'interdépendance ne doive pas s'établir entre plusieurs facteurs, mais TOUS les facteurs.

 5 mai 2010 - Environnement
Marée noire dans le golfe du Mexique
Non seulement notre appétit énergétique nous porte à absoudre l'exploitant de la plateforme et avec lui tous les consommateurs que nous sommes, moyennant dédommagement que nous paierons tous d'une manière ou d'une autre, mais comme d'habitude nous examinons la question par le petit bout de la lorgnette. Nous préférons ne voir qu'une apparence trompeuse ; une conséquence – somme toute mineure – des forages offshore, loin de correspondre à ce qu'ils peuvent provoquer et que nous attribuons alors à d'autres causes, plus hypothétiques les unes que les autres. Nous pouvons assez raisonnablement supposer que ce n'est pas une cigarette ou un chalumeau oxhydrique, imprudemment allumés à quelques centaines de mètres sous l'eau qui ont mis à feu la colonne du naphte extrait et encore moins provoqué une explosion capable d'envoyer la plateforme de forage par le fond. Quoi d'autre alors ? quel est l'explosif en cause ? Quel a été le détonateur ?
La présence de poches de gaz ou de gisements sédimentaires susceptibles d'en produire en abondance et de manière incontrôlable, est toujours possible à proximité.
Les effondrements et autres bouleversements des fonds marins, que doivent provoquer les ponctions dont ils sont l'objet, ne doivent pas être sans conséquences, d'une autre ampleur que l'explosion d'une malheureuse plateforme, avec la mort de quelques uns de ses occupants et une marée noire de plus, quand bien même elle serait sans précédent.
Nul besoin d'être devin ni pessimiste pour prédire que nous nous surpasserons et connaîtrons pire.

1er mai 2010 - Société
1er mai
 
Il y a belle lurette que la fête du travail aurait dû s'appeler fête des travailleurs, mais même cette dénomination serait aujourd'hui usurpée !
Célébrer la valeur qu'est le travail en plaçant ce dernier sous l'éteignoir, est en effet tout sauf l'honorer. Consolons-nous en considérant que si tel avait été le cas, le 1er mai n'honore même plus les travailleurs mais les plus avides de ponts et autres occasions de ne rien faire.
Ceux qui ont érigé cette date en fête du travail seraient surpris de voir ce que les masses démocratiques et de moins en moins laborieuses en ont fait, comme il seraient étonnés de constater qu'elle existe encore là où se pratiquent les 5 semaines de congés payés, les 35 heures hebdomadaires, l'accumulation de jours fériés et chômés, la retraite à 60 ans et moins, etc. ; autant de raisons qui renvoient la célébration du 1er mai à des temps révolus, sauf bien entendu pour les passéistes qui ignorent que la nostalgie est bien peu favorable au progrès, en quoi que ce soit.
Mais ceux qui attendent, avec d'autant plus d'intérêt qu'elle tombe un jour ouvrable, une commémoration qui devrait dorénavant porter un tout autre nom, connaissent-il seulement l'origine de cette fête, qui n'est pas celle que croient bon nombre d'entre eux ? S'ils ne sont pas trop fatigués, peut-être chercheront-ils à l'apprendre.
A moins que, loin des préoccupations et récupérations politiques ou syndicales qui leurs sont prêtées par convenance ou commodité, il fêtent le printemps et le muguet, qui eux ont encore et à juste titre, tout pour plaire.


25 avril 2010 - Politique
Misère, compassion, humanitarisme, socialisme, islamisme et chinoiseries
Socialisme et islamisme ont ceci en commun qu'ils prennent parti pour la pauvreté, sous couvert d'une compassion hypocrite et sans discernement ; moins pour éradiquer cette pauvreté que pour la faire partager, au nom d'une égalité qui sombre chaque jour un peu plus profondément dans l'égalitarisme sous l'effet du nombre et d'un égoïsme atavique dont nul n'a jamais empêché la généralisation et la croissance.
Le seul véritable bénéfice tiré par les religions, sectes, philosophies, idéologies, etc. se fondant sur une telle fausse compassion, l'est au profit de ceux qui y exercent leur pouvoir. La preuve en est que nul d'entre eux ne néglige les richesses matérielles issues de ce même pouvoir, entrainant leurs adeptes à convoiter celle des autres.
Comme eux, les tenants de la lutte de classe qu'ils entretiennent et excitent ainsi oublient simplement que le jour où l'humanisme – qui est précisément fait de différences donc d'inégalités – succombera, et avec lui l'humanité, cette dernière disparaitra en l'état, avec ses riches et ses pauvres.
À une toute autre échelle, l'Islamisme est en train de faire du socialisme ce qu'en son temps notre bonne vieille SFIO a fait du PCF, en attendant que la Chine fasse de même, concurremment avec tout l'humanitarisme occidental et ce qu'il voile pudiquement. La présence des uns et des autres parmi les pauvres et les formes qu'elle revêt, partout où la misère la plus profonde côtoie les richesses les plus convoitables, en attestent.
Et la Droite, contaminée par une pensée unique héritée des Lumières, après le christianisme, participe benoîtement et se consume à petit feu.

21 avril 2010 - Société
Le cas Zemmour ou le triomphe de la pensée unique
Quelles que soit la pratique de Zemmour d'un dénigrement aussi primaire que simpliste, tel que le réclame au demeurant un lectorat people et les bobos, il déclare - en accord avec ce qui est de notoriété publique et trop souvent démontré - que des individus identifiables ethniquement sont majoritairement les auteurs de certains faits répréhensibles. Mais comme la loi défend la référence à des chiffres qui pourraient dire s'il a tort ou raison, son assertion ne peut être vérifiée et il est simplement mis en accusation et menacé de sanctions. Réactions et méthodes dignes de l'inquisition.
Il n'a pas dit que tous les individus appartenant aux catégories qu'il cite sont coupable des faits en cause, mais que la majorité de ceux qui s'en rendent coupables appartiennent à ces catégories. Il y a une différence, et de taille. Il n'a pas dit non plus que la pâleur de leur peau dispense d'autres du soupçon.
Voilà où conduit la politique de l'autruche ou de Tartuffe, qui préfère cacher d'un voile pudique ce qui dérange - les uns et les autres -, comme toujours au bénéfice de l'ignorantisme ainsi que d'une violence et d'un désordre toujours plus grands.
Ce qui ajoute à l'inquiétude dans cette affaire, est qu'elle laisse muets de trop nombreux organes de presse.


16 avril 2010 - Environnement
A propos du nuage de cendre en provenance d'Islande
Cette éruption volcanique, ses dangers, assortis de la gêne (passagère ?) qui en découle, devraient nous rendre plus attentifs à d'autres émanations qui, pour être moins visibles ne peuvent en être que plus traîtresses et dangereuses, au point de pouvoir être à l'origine de disparitions inexpliquées aussi bien d'aéronefs que de navires, et ceci particulièrement depuis qu'existe le moteur à explosion. Il s'agit de l'émanation de méthane provoquée cà et là de par le vaste monde, à partir de bouleversements occasionnels, le plus souvent insoupçonnés, de fonds marins, déclanchant la production puis l'évaporation, à partir de gisements de clathrates, de gigantesques masses de méthane, gaz éminemment volatile et inflammable qui, par simple effet de convection, après avoir gagné la surface des océans, traverse l'atmosphère pour aller participer à l'effet de serre, sauf s'il rencontre en route la moindre érincelle. Il est facile d'imaginer ce qui peut arriver si cette étincelle est produite par les réacteurs d'un avion, les moteurs d'un navire, ou la braise de la cigarette d'un passager nonchalamment accoudé à un bastingage. Même le fameux Flying Dutchmann pourrait être dans le coup, bien que de manière moins explosive. L'explosion n'est pas la seule chose à craindre en effet. Le méthane ayant des effets soporifiques, des individus soumis à son inhalation peuvent d'abord s'endormir puis succomber par asphyxie si l'inhalation du gaz se prolonge. Un changement des caractéristiques de la couche d'eau traversée par le gaz de méthane pour atteindre sa surface modifient par ailleurs les conditions dans lesquels un navire peut y flotter, d'où le risque pour celui-ci de sombrer subitement s'il vient à traverser une zone dont le gaz modifie ainsi sensiblement la densité.
Curieux que personne n'en parle. Non ?
Pour ceux que le sujet pourrait intéresser, il leur suffit d'interroger n'importe quel moteur de recherche sur le Net en tapant "clathrates" ou "hydrates de méthane", par exemple, ou de s'inscrire au groupe de discussion sur les clathrates

9 avril 2010 - Politique
Bouclier fiscal, "niches" du même nom, richesse et pauvreté.
Deux questions fondamentales à ceux qui veulent la fin du "bouclier fiscal" :
- Qu'est-ce qui est indispensable au fonctionnement de l'économie et par conséquent au progrès dont elle est porteuse :
1 - La pauvreté ?
2 - La richesse ?
- La fuite des capitaux a un double effet à l'égard de l'économie d'un pays : 1° Elle la prive d'une partie de ses moyens. 2° Elle offre ces mêmes moyens à des économies concurrentes.
1 - Vrai ?
2 - Faux ?
L'investissement seul permet d'être concurrentiel et ne peut être obtenu que de ceux qui disposent de capitaux, moyennant rémunération de ces derniers, d'où l'intérêt de n'être pas stupide au point de les encourager à aller investir ailleurs (voir double inconvénient souligné plus haut).
Et n'importe qui peut comprendre que la consommation est favorable aux échanges commerciaux - au profit des plus concurrentiels -, au détriment de l'industrie - donc des emplois - des pays les moins bien placés dans une compétition dorénavant planétaire.
L'état dans lequel 40 ans d'aveuglement ont mis le pays nécessite que ceux qui – à droite comme à gauche – se font les apôtres d'une égalité de façade et d'une compassion calculée, nécessite une réponse par oui ou par non à ces deux questions. La suite dépend d'une prise de position sans détours ni circonvolutions démagogiques de leur part.

Quant aux niches fiscales, nous vivons dans un monde de privilèges qu'il serait bon et grand temps de supprimer.
Outre le bénéfice fiscal à en tirer, ce serait revenir aux fondamentaux de la République, ce dont pas un seul citoyen, fut-il de gauche, ne devait se plaindre.
Enfin, en ce qui converne les problèmes posés par la pauvreté et la richesse, il y a lieu de ne pas confondre bonheur et confort. De quoi s'agit-il ? dans des pays où il suffit de faire varier d'une fraction de point tel ou tel indice ou tel ou tel minimum social servant de référence (RMI, SMIC, RSA, alloc de ceci ou de cela, etc.) pour créer des pauvres supplémentaires par dizaines de milliers ? De plus en plus nombreux parmi nos pauvres (pas tous évidemment) sont ceux qui feraient bien de comparer leur condition à celle de vrais pauvres et leurs soi-disant souffrances à la vrai misère. Chacun d'entre nous est le pauvre (ou le riche) d'une autre et la solution à nos maux est avant tout le travail associé à l'investissement.
D'ailleurs, écrire que la solution à nos maux est le travail allié à l'investissement (permis par le Capital, n'en déplaise aux anticapitalistes de tous poils qui en réalité ne l'abhorrent pas au point de renoncer à la part qu'ils estiment leur revenir) c'est être incomplet. Sans être exhaustif bien sûr, une autre partie de la solution serait la raison et la libre pensée - excluant tout dogme et idéologie - qui amèneraient les braillards à moins hurler au passage de la caravane, en s'appropriant les idées des autres, avec une crédulité affligeante, plutôt que de se donner la peine de réfléchir. Bien sûr il faut aider les pauvres, mais les vrais ; sans gaspiller nos moyens en achetant les voix de ceux à qui il est trop aisé de faire croire qu'ils le sont, à coup de mesures démagogiques qui en font des assistés et les enfoncent dans leurs certitudes (pour le seul succès de ceux qui les endoctrinent). Comme disait Mao (je ne suis pas maoïste pour autant), qui envoyait les intellectuels à l'usine ou aux champs pour leur faire connaître ce dont ils parlaient, c'est en leur apprenant à pêcher qu'il est possible de nourrir les hommes, et non pas en leur donnant du poisson.
Il n'est probablement pas de manière plus dégradante que d'aider quiconque à dépasser sa condition sans lui demander de partager l'effort commun, dans la mesure de ses capacités.

5 avril 2010 - Culture
A propos d'une émission philosophique sur le Temps
, diffusée hier par ARTE - Remettons les pendules à l'heure
Ce pont jeté sur le temps figuré par le Danube, et parcouru par les hommes, m'a semblé le signe d'une vanité qui confirme bien celle selon laquelle, imagerie, propos tenus au cours de l'émission et commentaires du forum de Philosophie Magazine font de l'homme le spectateur - à défaut de savoir en être la maître - d'un temps qui passe.
Mais ce n'est pas le temps qui passe ! c'est nous qui passons ; comme tout ce qui vit sa vie à un rythme plus ou moins rapide, pour une durée plus ou moins longue.
Quelques rimes explicites à ce sujet :

Ô Temps, miroir de l'homme, temps qui passe dit-on,

Dans notre insignifiance et notre prétention.
Temps tu es le métier, majestueux, immense,
Sur lequel nous brodons notre pauvre espérance.

Temps qui toujours le même, immuable, serein,
Est l'écran sur lequel se joue notre destin,
Tu distilles nos jours avec parcimonie
Quand tu as décidé de nous donner la vie.

Temps apaisant nos peines et consumant nos joies,
Tu restes insensible à nos pleurs, à nos voix.
Alors que vainement nous voudrions voler,
Tes lambeaux par lesquels nous semblons exister.

Une conception du Temps, que peut illustrer, voire expliquer la vision d'œuvres telles qu'un pont sur le Danube, des montres molles peintes par Salvador Dali, ou une succession de portraits, aussi séduisantes que soient ces œuvres – et justement à cause cela –, en fournit une idée en rapport avec l'esthétique et non avec une réalité se voulant objective ; en rapport avec l'imaginaire et un art qui par définition n'est pas raisonnable, plutôt qu'avec la raison. La spéculation de l'observateur y domine, privant celui-ci de la lucidité et du pragmatisme avec lesquels doit être abordé un concept aussi fondamental. Il n'est pas surprenant dès lors que l'esprit fasse fausse route au point de faire oublier l'essentiel. Le mélange des genres conduit à une confusion puis à une inversion des rôles. La vanité de l'homme fait le reste et l'amène à se considérer tout simplement comme le centre, non plus du monde cette fois, mais de l'univers. Tout gravite autour de lui, y compris le Temps, qui passerait comme les astres accomplissent leurs révolution autour de celui qui les observe. Il en oublie que le Temps est tout autre chose : comme l'arrière plan impalpable, abstrait et pourtant éternellement omniprésent, par lequel tout existe ... pour un temps limité.


4 avril 2010 - Société
A propos des prêtres coupables de pédophilie - Des limites du pardon
Assistons-nous au naufrage de la conscience collective ? Ou pouvons nous espérer que sortira de tout cela un regain de cet ordre moral indispensable à la civilisation, dont les églises se prétendent les garantes ?
Les religions et en particulier la religion chrétienne portent en tout cas une énorme responsabilité quant à l'état dans lequel vit l'humanité.
Comme tout pouvoir, l'Église ayant dû de tous temps diriger ses sujets, qu'il soit permis de remarquer qu'elle le fait en grande partie grâce à l'un de ses sacrements : celui de la confession, suivie de l'absolution. Ses fondateurs et plus encore leurs continuateurs ont agi à ce propos avec un opportunisme sans égal en se donnant le pouvoir de remission. Combien de fidèles le sont ou le demeurent-ils parce qu'ils savent trouver dans leur religion le pardon pour des fautes que leur seule nature ne manque pas de les entrainer à commettre de temps à autre ?
Mais il n'y a pas loin de l'absolution à l'amnistie et la rémission des péchés conduit naturellement à la dilution des culpabilités, d'où la disparition progressive du sens des responsabilités et du devoir. L'oubli, l'ingratitude et la roublardise de qui a bénéficié de l'absolution ont tôt fait de lui accorder la permission – sinon le droit – de commettre à nouveau les abus pour lesquels le pardon a été accordé. Rien ne s'oppose plus alors à ce que chacun commette ce qui est pardonné d'avance, les comptes définitifs étant appelés à être réglés dans un futur hypothétique.
Est toutefois bafoué, ce faisant, une donnée essentielle de la vie en société, ici-bas : le respect de ses semblables. Et la faute est aggravée lorsque l'omission et la dissimulation s'en mêlent. C'est reculer pour mieux sauter, car la vérité sort toujours du puits, comme dit le proverbe.
L'homme s'est-il inventé ses Dieux par peur de l'inconnu, ou plus simplement par peur de ce qu'il pouvait le mieux connaître, c'est à dire lui-même? Il est permis de se le demander mais la preuve pourrait en être qu'en retour ces Dieux lui ont dispensé, à travers leurs églises et les prêtres chargés de les représenter, la confession d'abord et l'absolution ensuite.
L'homme ainsi libéré de lui même a trouvé le meilleur moyen d'absoudre ses pires agissements : passés, présents et à venir. Qu'il ait ensuite catégorisé, classifié, ses fautes; inventé un niveau collectif de confession – n'entraînant pas absolution celui-la – qu'il nomme repentance, ne change rien à l'affaire. Et ceci n'est d'ailleurs pas applicable aux seuls églises et sectes, mais à toutes ces idéologies qui en sont autant d'autres.

1er  avril 2010 - Culture
Concours de mots originaux pour lutter contre les anglicismes
Quelle affligeante initiative ! Quel piètre exemple de créativité, tournant le dos à celle qui s'exerce pour conquérir le droit de créer son vocabulaire.
Ce n'est certainement pas ainsi que le français s'est imposé parfois, ni ne s'imposera ; y compris en francophonie. Regrettable leçon donnée à la jeunesse quant aux efforts à faire et aux résultats à atteindre pour prévaloir, dans tous les domaines.

Les langages écrits et parlés sont parmi les modes d'expression qu'empruntent tous les savoirs pour leur propre divulgation puis leur vulgarisation, et il n'y a rien de choquant à ce que l'inventeur de quoi que ce soit s'en remette à sa langue maternelle pour faire connaître son invention et ce qui en résulte.
Plutôt que de chercher à inventer des vocables de remplacement, à la tournure conduisant à leur rejet en raison de leur caractère autant forcé que ridicule (cf. mercatique, méle, etc.), il reste à celui qui veut imposer sa langue ou simplement la défendre, à se montrer créatif "en amont des mots". Voilà le véritable défi – challenge demeurant optionnel – à relever ! Movies n'a pas remplacé cinéma.
Souvenons-nous que la langue anglaise, dangereuse concurrente de la notre pour des raison qui n'ont rien d'académique, a compté une majorité de mots d'origine française.
N'est-ce pas biaiser, esquiver, tricher, que de tenter de traduire les mots pour s'en approprier le sens ?

27 mars 2010 - Société
Liberté d'opinion

Apropos de "l'affaire" Zemmour
Ce qui fait rire est souvent le plus affligeant. Il en est ainsi de la mort, mais cette fois l'information, ce sujet si sérieux, s'en charge, bien que ce soit pour des raisons qui pourraient elles aussi être en rapport avec la mort : la sienne, du moins sous sa forme à laquelle les démocrates sont attachés
Eric Zemmour est-il allé trop loin ? titre l'un des média généralistes qui ne se comptent plus sur Internet, souvent versions de journaux traditionnels sacrifiant au progrès.
L 'outrecuidant quidam, bien qu'il ait peu de chances d'être entendu, ne se décourage pas pour autant et croit bon de faire part des réactions que lui inspirent ce titre et certains des propos qu'il introduit, en dépit de la mention clôturant cet article : « À la suite de nombreux débordements sur ce type de sujet, nous nous voyons contraints de fermer cet article aux commentaires. Merci de votre compréhension. » . Déclaration d'ailleurs pleinement en rapport avec le sujet en question.
Pourtant, des questions sont posées, qui en provoquent d'autres, débordantes ou non :
... ce [que dit Zemmour] relève d'un sentiment et non pas d'un fait puisqu'on ne peut pas prouver ses propos, les statistiques ethniques étant interdites en France. «Donc il y a un problème dans ses propos». ... Est-on entré dans une ère politiquement correcte ? Nous demande le média.
Y-a-t-il problème dans les propos de Zemmour ou dans le fait que les statistiques ethniques soient interdites ? Ne sort-on pas ainsi de ce politiquement correct, créé de toutes pièces par une certaine presse, pour aboutir à une pensée unique, encadrée ; qui n'est autorisé à s'alimenter qu'à des sources préalablement purifiées ?
L'article demande encore : « Y a t-il une dérive de la part des journalistes-polémistes? »
Non ! Car comme l'analyse François Jost, cité dans l'article  « ... ils sont devenus les stars des leurs émissions, de leurs journaux et de leurs sites et se placent dans une contradiction : critiquer les autres et se poser en maître à penser».
Les journalistes dits polémistes ne sont hélas pas seuls dans ce cas. La profession entière est touchée par cette véritable maladie qui transforme le rapporteur et commentateur de faits et d'opinions en propagateur forcené de certitudes et de ragots.
Est-ce Zemmour qui est allé trop loin ?  Ou la presse toute entière ?
Le média concerné n'est pas unique à traiter et à clôturer le sujet de la sorte. C'est la raison pour laquelle son nom n'est pas cité ici. Tous ou presque s'y reconnaitront
Tout communiquant, qu'il le veuille ou non, fait œuvre de pédagogie et nombreux sont hélas ceux qui l'oublient ou en jouent sans scrupules. Mais comme le citoyen a les politiques qu'il mérite, probablement le lecteur a-t-il les journalistes qu'il souhaite.

26 mars 2010 - Société
Vérité de la presse
Il se confirme qu'Internet est aux autres média ce que la parole est à l'écrit. S'abritant avec le courage que renforce l'usage de pseudonymes et la faculté d'effacer ou de trafiquer de mille façons un message, il permet de dire tout et n'importe quoi. Mais là n'est pas le plus grave.
Que les visiteurs de tel ou tel site usent sans la moindre retenue de ces facilités laxistes, lors de leurs contributions, peut être considéré comme ce qu'il y a à attendre d'un exutoire (pour ne pas dire de vomitoire), mais que des intervenants qui sont des journalistes professionnels, ou qui se prétendent tels, fassent de même, sans la moindre vergogne est indigne. Cela relève de la tricherie, de la malhonnêteté intellectuelle et du pire des abus de pouvoir, exercé par le mensonge.
Chacun a pu apprécier la manière dont certains journaux, en particulier sur leurs sites, ont traîné les pieds pour porter à la connaissance de leurs lecteurs et visiteurs l'intégralité de l'intervention du Président de la République, à la sortie du conseil des ministres du 26 courant, ce qui constituait déjà ni plus ni moins de leur part qu'un mensonge par omission, nommé pudiquement désinformation.
Mais hier encore et la journée d'aujourd'hui commence sur le même ton, non seulement l'ensemble de la presse s'est empressée de diffuser un bobard relatif à une soi-disant rupture entre le Chef de l'État et son Premier ministre, mais s'est bien gardé de faire part du démenti ,aussi formel que solennel, donné par ce même Premier ministre, en personne, devant le Sénat.
Pas brillant messieurs de la presse qui vous laissez aller à de telles pratiques ! Que des coups bas puissent s'échanger dans l'arène politique, peut être mis sur le compte de la colère, de la passion, etc, autant de sentiments que notre nature nous fait obligation de comprendre, à défaut de les cautionner, mais que des professionnels de l'information, qui ne cessent de clamer haut et fort le caractère sacré de leur mission agissent de même, avec toute la réflexion, donc la préméditation qu'implique nécessairement le temps de l'écriture, est carrément abject et déshonore la profession.

20 mars 2010 - Politique
Elections régionales
Il y a plusieurs points dans ces élections qui mériteraient d'être davantage pris en considération qu'ils ne le sont :
1 - Régionales ou nationales ? Alors que l'opposition a saisi toutes les occasions de protester contre une soi-disant nationalisation de ces régionales par le pouvoir, elle n'a de cesse maintenant d'en proclamer cette portée, appliquée à son succès et ne se cachant pas de ce qu'elle prétend en tirer . Des régionales sont ce qu'elles sont et il importe qu'un gouvernement national se garde de se laisser influencer par leur résultat au-delà du mécontentement que peut exprimer notamment un taux d'abstention sans précédent. Qu'il doive changer son style d'intervention, sa politique d'ouverture, sa pédagogie des réformes, etc. est indéniable et urgent, mais sans que les roitelets régionaux n'outrepassent leurs prérogatives.
2 - La coalition hétéroclite formée autour d'une gauche dont l'identité devient chaque jour plus trouble n'est pas sans expliquer ses résultats. Il est bon de le rappeler, ne serait-ce que pour apprécier l'absence de compromission de l'UMP, comparée aux alliances parfois reconnues comme honteuses et précaires, par les socialistes eux-mêmes, qui se sont laissés aller à un véritable racolage tous azimuts. De quoi n'aurait pas été qualifiée l'UMP si elle avait ne serait-ce qu'évoqué l'idée d'une entente avec l'extrême droite ou le Modem ?
3 - Beaucoup de bruit pour rien - 3 mutations en tout et pour tout (dont deux au bénéfice de l'UMP) Y-a-t-il seulement de quoi fouetter un chat ? Certes, les pourcentages nationaux sont là, mais résultant des combinaisons, ententes et compromis évoquées ci-dessus, ils s'expliquent objectivement par d'autres raisons que l'impétuosité d'une gauche qui se donne une fois de plus les allures martiales et conquérantes d'une Marseillaise de Rude.
4 - Le vote blanc – à ne pas confondre avec l'abstention – qui, bien qu'inexistant selon notre loi électorale, a été pratiqué par des électeurs voulant sanctionner les politiciens de tous bords, a été assez important au premier tour de ces régionales pour que certains commentateurs aient noté que le nombre en avait été supérieur à celui des voix obtenues par des partis, comme le NPA par exemple. Qu'en a-t-il été au final ? Il est curieux et peut-être même significatif de la soumission de la presse, que personne ne semble s'en préoccuper.
5 - Le cas particulier de la Région Poitou-Charentes et l'absence d'évocation des conditions dans lesquelles le score de Madame Royal y a été obtenu. Le raisonnement devrait valoir pour cette région, selon lequel il ne viendrait à l'idée de personne de procéder à des élections en période de catastrophe naturelle. Les uns ou les autres pouvant en avoir (hélas) tiré profit, une telle élection ne devrait-elle pas être invalidée pour qu'il y soit procédé à nouveau dans des conditions plus sereines ?

13 mars 2010 - Société
Et la ménopause dans tout ça ?
Le British Medical Journal nous apprend que l'appétit sexuel de l'homme dure plus lontemps que celui de la femme.
Bernard Maris avait décidément raison lorsqu'il dénonçait parmi "Les sept péchés capitaux des universitaires" (Albin Michel - 1991) celui consistant à mettre les mêmes sujets à toutes les sauces, des siècles durant, et à enfoncer de la sorte d'innombrables portes ouvertes.
Relisons Schopenhauer, dont la misogynie, qui pour être parfois caricaturale l'a conduit à des observations non dénuées d'intérêt. Dans son "Essai sur les femmes",  véritable règlement de comptes, il traite essentiellement du désaccord entre les deux partenaires, tel qu’il résulte des conditions de leur relation sexuelle autant que sexuée, en se fondant sur son propre vécu.
Comme toute pensée, la sienne a été instrumentalisée, et pourtant, ce texte peut être utilement lu, à condition de le faire avec le recul qui a manqué à son auteur pour l’écrire. C’est en ignorant sa rugosité et en tenant exclusivement compte de sa réflexion portant sur des faits et non sur les raisons d’un conflit aussi vieux que nos hormones, l’ayant personnellement touché, que peut être appréciée sa pensée.
Pour ce qui est plus précisément de l'observation du fameux misogyne, relative à l'endocrinologie génitale comparée entre homme et femme, il y voit les causes d’une guerre des sexes à laquelle la ménopause – à partir de laquelle la femme perd ses facultés de reproduction en même temps que l’essentiel de son désir amoureux et de sa capacité à dispenser à l’homme le plaisir dont celui-ci reste demandeur jusqu’à la fin de sa vie - ne semble pas étrangère.
Rien de neuf sous le soleil donc, sinon les encouragements que le British Medical Journal dispense implicitement pour nous aider à privilégier la compréhension par rapport au ressentiment.
Joli cadeau en cette année de la femme !

12 mars 2010 - Société
Suicides : De mieux en mieux.
Lorsque l'action syndicale en est réduite à instrumentaliser le suicide pour exister, il est permis de se demander où s'arrêtera la surenchère et surtout, s'il est sérieusement envisageable que le progrès social puisse sortir de telles récupérations.
Car hélas, le suicide est une des tentations les mieux partagées au monde. Il touche toutes les catégories sociales, celle des travailleurs comme les autres ; des sans emploi aux retraités, sans distinction de sexe ni d'âge. Il faut le dire : le nombre des victimes de ce fléau rapporté à celui des salariés d'une entreprise ou d'une autre est sensiblement le même que pour l'ensemble de la population.
En arriver à en faire le prétexte d'une accusation d'homicide, fut-il involontaire, a quelque chose d'autrement plus affligeant et inquiétant que les pires conditions de travail, qui sont d'ailleurs bien différentes de celles qui sont invoquées.

Après une interruption d'une quinzaine de jours, pour causes techniques, les propos reprennent leur cours ...

11 mars 2010 - Société
Suicides
Suicides chez France-Télécom, suicides en prison, suicide des vieux, suicide des jeunes, sans omettre tous ces kamikazes qui prolifèrent ... les individus n'en finissent plus de se supprimer.
Mais ce n'est pas nouveau et ils ne sont pas les seuls. Il est des suicides encore plus graves, celui de nos sociétés et par voie de conséquence celui de l'espèce, tels que peut le percevoir un humanisme clairvoyant, en dépit du mal qu’il éprouve lui-même à survivre.
L'Homme paraît se distinguer des autres espèces connues, essentiellement par le degré auquel il a su pousser certaines de ses facultés : d'une part l'analyse et la réflexion qui, appliquées à ses propres conditions d'existence, lui en permettent la compréhension (?), d'autre part l'échange de ses savoirs par des moyens de communication toujours plus sophistiqués. Les experts de l'évolution semblent d'accord au moins sur ce dernier point. Quant au reste, les espèces dites inférieures sont-elles toutes dans l'impossibilité de percevoir leur condition et de la comparer à d'autres ? Aucun de leurs représentants n'ayant consenti à donner d'indications définitives sur ce point, avouons qu'il nous arrive de nous interroger sur ce qu'en toute discrétion notre chien et notre chat peuvent en penser. Il est par contre évident que seuls les humains disposent de moyens de communication tels que les leur offre un langage aussi évolué que le leur, appuyé par les techniques, les technologies et les outils dont ils ont su se doter pour stocker et véhiculer l'information sous de multiples formes.
Donnant ainsi, d’abord à eux-mêmes, l'affligeant spectacle de leur impuissance à juguler leurs pulsions les plus primitives et l'augmentation de leurs maux, les hommes ne peuvent assurément en éprouver – collectivement comme individuellement – qu'un profond sentiment de désespoir. Pour vivre cet état, les plus passifs l'habillent de résignation, les autres d'hypocrisie et de vanité.
Le péché originel lui-même y perd son caractère expiable pour devenir récurrent, excluant par là même tout espoir de réelle rémission. Bien sûr, les meilleurs d'entre ceux qui refusent de considérer cette condition comme fatale et définitive s'obstinent à lutter. Ils pensent et espèrent qu'enfouie sous une couche de cendres l'étincelle finira par redevenir braise et que la flamme en jaillira à nouveau. Hélas, la cendre s'accumule et l’étouffe ; tout est mortel, y compris l’étincelle, comme l’esprit lorsque son support moléculaire lui manque, et il est chaque jour plus douteux que la flamme puisse en surgir à nouveau.
Quoi qu'il en soit, ressentant et partageant le sentiment de culpabilité longtemps réservé aux seuls initiés que fabriquait un savoir balbutiant, l'humanité entière éprouve un mal de vivre croissant, dont le paroxysme ne peut la conduire qu'au suicide. Elle réagit de la sorte comme tout corps qui, déprimé par une fatigue excessive ; ayant perdu le goût de l’effort, perd à son tour le goût de vivre, sombre dans la dépression puis, dans un geste de folie morbide, finit par se donner la mort qui le délivre.
Bien qu'il n'y ait pas loin de l'une à l'autre, l'absolution, l'amnistie, la repentance, aussi hautement proclamées qu’imméritées, contribuent à la dissolution progressive du sens des responsabilités et à l'aggravation de ce sentiment de culpabilité avec leurs conséquences prévisibles à plus ou moins long terme.
Si la métaphysique peut se ramener à l'invention des dieux en vue d'obtenir d'eux le pardon qui permet à l'homme de tolérer ses insuffisances et son impuissance – autrement dit sa condition – combien de temps encore l'illusion sera-t-elle assez forte pour empêcher que ne s'amplifient les signes d'une autodestruction collective provoquée par le désespoir ?
Vision bien pessimiste, voire noire utopie, diront certains. Et pourtant. D'autres espèces ont été éliminées de notre planète et ce n'est pas la suprématie de l'humanité sur toutes celles qui l'habitent aujourd'hui qui la met à l'abri du même sort. L'histoire enseigne que des civilisations ont vécu leur temps et ont sombré – pour des raisons souvent obscures et sans la moindre chance de revivre – dans un néant dont seule la curiosité ethnographique les tire. Ces civilisations ont été nombreuses, ont occupé diverses régions du globe en s'ignorant l'une l'autre, ou se sont parfois succédées au même endroit. N'est-ce pas une preuve suffisante de leur caractère éphémère ?
Aujourd'hui, la mondialisation aidant, le nombre des civilisations différenciées tend à se réduire ; un laminage dû au progrès fait que très bientôt il en existera sur terre une seule, celle dont tous les hommes réunis par de nouveaux outils de communication et l'abolition des distances se seront dotés. Faudrait-il, parce qu'elle sera unique, qu'elle fût exempte de tout risque de disparition ? Ce serait ignorer le processus en cours depuis des millénaires, dont l'aboutissement inexorable nous guette avec d'autant plus de proximité que nous faisons tout pour le hâter. Tout épouse la courbe qui de la naissance conduit à la mort ; c'est seulement affaire de délai. Étant entendu qu'un cataclysme naturel pourrait l'abréger.

19 février 2010 - Politique
Passé communiste
A propos du reniement de certains de leurs écrits par des intellectuels de gauche de la grande époque du communisme Stalinien, et parmi eux des poètes comme Aragon, Césaire, Eluard, etc.
Nous sommes sans cesse et de toutes parts confrontés aux conséquences de « l’emploi de l’esprit aux dépens de l’ordre public [...] une des plus grandes scélératesses [...] de toutes la plus dangereuse, parce que le mal qu’elle produit s’étend et se promulgue par la peine [...] infligée [...] des siècles après lui ». (Duchesse de Choiseul au sujet de J.J. Rousseau).
C'est en cela qu'au titre de la liberté de pensée en même temps que de la raison, ceux que d'aucuns considèrent comme les meilleurs poètes de leur temps peuvent et doivent être actualisés, lorsqu'ils ne l'ont pas fait d'eux-mêmes.
Comme le dit ici-même quelqu'un en citant Stendhal : Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et les errements d'esprits toujours en quête de la meilleure manière de refaire le monde s'arrogeant le droit de tout dire, en allant jusqu'au n'importe quoi parfois, il est bon d'y revenir sereinement, en profitant des enseignements de l'histoire.

16 février 2010 - Politique
Elections régionales - Marketing de lessiviers
Diversité de courants de pensée en trompe-l'œil ou lorsque le marketing politique emprunte au marketing tout court.
Il est bien connu que la mise en marché d'une nouvelle marque grignote sur les parts détenues par celles qui le dominent, pour le plus grand profit de celui qui en contrôle le plus grand nombre. Ainsi font les fabricants de yaourts, pâtes alimentaires, biscuits et autres lessiviers, et que se succèdent Omo, Persil, Ariel, Gamma, Bonux, Tandil, Aldi, Génie, Dash, X-tra, Axion, etc.* chacune de ces poudres à laver lavant plus blanc que les précédentes, les unes ayant un peu plus de ceci, les autres un peu plus de cela.
Il en va de même en politique, ou la multiplication des candidats et des listes, au nom d'une diversité de courants de pensées aussi fondée qu'innocente – pouvant néanmoins aller jusqu'à la dissidence lorsque la dramatisation s'avère utile – devrait pousser aux urnes un maximum d'électeurs, dans le plus grand désordre au premier tour, leur recentrage étant assuré au second, sur les candidats garants d'un ordre et d'une orthodoxie respectueux de l'idéologie à gauche. 
Peut-être les partis au pouvoir feraient-ils de même, mais cela leur est impossible, justement parce qu'ils sont au pouvoir – lequel ne peut s'exercer qu'avec une cohésion excluant le flou, fut-il artistique – et peut-être encore parce que l'idéologie, grande rassembleuse, leur est interdite. 
* Publicité non rémunérée
15 février 2010 - International
Afghanistan -Opération Mushtarak
Le nombre de victimes augmente avec le temps, du seul fait de l'indécision des forces coalisées contre les talibans. Il en est ainsi depuis qu'a été prise la décision de priver le terrorisme islamique international de l'une de ses bases majeures en même temps que d'offrir à l'Afghanistan la possibilité d'évoluer vers sa démocratisation.
Les utopistes, tenants d'une solution pacifique reposant sur la négociation avec un ennemi dont le fanatisme et la résolution ne sont pourtant plus à démontrer en font un argument, omettant que seuls les atermoiements, au lendemain du renversement des talibans – qui eut pourtant bel et bien lieu – ont permis qu'ils reconstituent et consolident leurs positions, dont il est aujourd'hui non seulement problématique de les déloger, mais d'où ils lancent leurs nouvelles offensives, en n'ayant pas la délicatesse de se limiter au territoire Afghan. Pendant que d'autres en sont encore à réfléchir à la manière de la retarder, à défaut de pouvoir l'empêcher pour le meilleur, eux ont compris le caractère inéluctable de la mondialisation et en usent sans vergogne, pour le pire.
Par leur refus de considérer les dangers d'un extrémisme et d'idéologies dont la planète a pourtant eu à souffrir à plusieurs reprises au cours du siècle passé, ces mêmes pacifistes se font objectivement les alliés des talibans, comme ont été de tous temps les complices de l'obscurantisme et de la barbarie ceux qui, par un laxisme auréolé de pacifisme béat, ont toujours préféré laisser faire jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes victimes de ce qu'ils ont aussi aveuglément qu'efficacement encouragé.
13 février 2010 - Société
Nouveaux suicides parmi les salariés de France Télécom
Nul ne doit ignorer la détresse de ceux qui vont jusqu'à se supprimer, pas davantage d'ailleurs que l'épreuve que cela représente pour leurs familles, mais l'instrumentalisation de ces drames, avant tout humains, est plus qu'indécente.
Si bien des progrès sociaux restent faire, ceux qui s'en emparent pour en faire des arguments de leur lutte feraient bien d'y réfléchir. Ceux qu'ils bernent, autant qu'ils abusent la mémoire des victimes – que ce soit pour attiser une haine de classe dépassée ou satisfaire la curiosité d'une audience jamais repue – connaîtront un jour une vérité qui ne fait injure à personne en démontrant que les suicides ne sont pas plus nombreux parmi les salariés de France Télécom qu'ailleurs. Il s'agit hélas d'un phénomène qui touche l'ensemble de la société, sans distinction d'employeurs ni de conditions de travail. Des chiffres existent et ceux qui désirent sincèrement donner son sens réel au drame peuvent facilement en prendre connaissance, dans de nombreuses études, notamment sur le Net. Ils pourront ainsi ramener à de justes proportions une situation dont rien ne peut justifier qu'elle donne lieu à des interprétations hâtives et indignes.

12 février 2010 - Politique
Toujours à propos de Clearstream, Questions :

Sincèrement, y-a-t-il lieu d'être choqué par le fait que soient poursuivis les auteurs d'agissements graves, du seul fait que l'une des victimes soit devenue après coup Président de la République ? Certainement pas. De quelles accusations ce plaignant n'aurait-il pas été l'objet s'il avait abandonné la procédure et laissé l'affaire passer à la trappe ? Plutôt que félicité de sa magnanimité, il aurait été à coup sûr accusé d'un manquement à la plus élémentaire des morales, ainsi que des pires compromissions et ententes avec ses accusateurs, avant, pendant et après l'affaire.
Objectivement, y-a-t-il lieu d'être choqué par le fait que les protagonistes de l'affaire puissent avoir des intérêts politiquement divergents, voire opposés ? Au point d'y voir une haine d'Etat ? Probablement pas. Le microcosme est ainsi fait que ses acteurs s'y rencontrent partout et en toutes circonstances, et qu'ils ne se font généralement pas de cadeaux, dans ces combats que le peuple aime tant, bien qu'il s'en défende.
En tout état de cause, quels qu'en soient les acteurs, il est sain pour la démocratie et la justice qu'une machination comme celle dont il s'agit ait été dénoncée ; soit éclaircie dans tous ses détails, et que tous ses auteurs soient punis comme ils le méritent.
Enfin, qu'attendent tous ces journalistes – davantage portés sur la polémique que sur l'information et la recherche de la vérité – pour mener sérieusement leur propre enquête et éclairer l'opinion plutôt que de l'agiter ? Leurs suppositions et procès d'intention faits aux uns et autres sont en effet infiniment plus nombreux dans cette affaire que les résutats probants de leurs investigations, dont il est d'ailleurs permis de se demander s'ils se préoccupent de s'y livrer.

09 février 2010 - Société
Gauloiserie n'est pas démocratie
Si le débat sur l'identité national n'a pas eu lieu, il a par contre fait parler de lui et n'a apparemment pas fini. Résultat incontestablement dû à ceux qui, pour des raisons aussi nombreuses et variées qu'eux-mêmes et que ralliait leur seule opposition au gouvernement, ont cherché par tout les moyens à le dénaturer faute de pouvoir l'empêcher.
Quoi qu'il en soit, en marge du rapport d'étape auquel il a donné lieu par le premier ministre, de nombreuses observations et questions peuvent en être tirées parmi lesquelles :
- La peur, ou pour le moins le manque de sérénité, manifestée par de nombreux français face à un véritable problème pouvant se résumer à une question : Qu'est-ce qu'être français ?
- La fuite devant le débat proposé, ressemblant fort à une véritable débâcle civique, justifiant à elle seule sa nécessité absolue.
- L'incapacité bien gauloise de considérer avec calme une question cruciale pour l'avenir de la nation, sauf à admettre que celle-ci n'existe plus
- Le recours, dorénavant institutionnalisé par l'opposition, à une polémique se nourissant de n'importe quels arguments pour botter en touche.
- Parmi les mesures adoptées en premier lieu, l'absence significative d'un mot parmi ceux promis à l'affichage dans les écoles : celui de Devoir.

08 février 2010 - Société
A propos du séminaire gouvernemental s'étant tenu ce jour sur l'identité nationale - Liberté et honnêteté de la presse
Plaisanterie ou terrorisme intellectuel ?
En tout cas aussi peu sérieux techniquement que manipulatoire :
« 1 - Tant mieux! Besson seul était à côté de la plaque.
   2 - Ah non, c'est le travail du ministre de l'Immigration !
   3 - Bah, ça ne changera pas grand chose...
   4 - Stop! Marre de ce débat absurde et dangereux.
  5  - C'est le cadet de mes soucis! »
Tels sont les 5 prises de position proposées à ses lecteurs par un quotidien – de gauche, mais y-en-at-il d'autres? –  qui ne mérite pas la qualification de grand.
Est-ce cela la presse politiquement correcte ?
Peut-être n'existe-t-il aucun problème d'identité nationale dans notre beau pays ?
Quoi qu'il en soit, est-ce à partir d'un tel traquenard verbal que peut prétendre s'exprimer l'opinion, fût-elle partisane !
Pas étonnant que l'information devienne, comme bien d'autres institutions, chaque jour moins crédible.

06 février 2010 - Société
A propos de la condamnation par la justice anglaise de deux convoyeurs de clandestins

Passeurs ? Aide ? ... Quels compliments !
Une décision de justice qui permettra à ceux qui n'y ont pas suffisamment réfléchi, de faire la différence entre le juteux trafic de clandestins et l'humanitaire. Ceux qui ont été refoulés sont seuls à plaindre ; ce sont bien eux les malheureuses victimes et non ceux qui ont été pris en flagrant délit d'exploitation de leur détresse et condamnés en conséquence. Dommage qu'une complaisance tout aussi benoîtement coupable qu'aveugle ait pu favoriser l'acheminent de ces victimes jusqu'au lieu de leur dernière prise en charge.
Curieux d'ailleurs, la discrétion, à propos de cet évènement, de bon nombre de ceux qui, habituellement, braillent à la moindre mesure ayant pour but de réguler ce qui doit l'être. Le moindre malheur de tous en dépend pourtant, à commencer par tous ceux qui attendent leur tour d'être, hélas, traités comme une marchandise.
Compassion n'est pas naïveté, et ne pas en tenir compte fait le jeu des trafiquants de la pire espèce.

26 janvier 2010 - Politique
Allocution présidentielle - La vérité en face

Exercice difficile, comme tout ce qui incombe légitimement à un chef d'État, mais surtout illusoire, comme ne peut que l'être un dialogue entre la France d'en bas et celle d'en-haut, sous quelque régime que ce soit. Et c'est bien là que se manifeste les limites de la démocratie. Comment des citoyens pourraient-ils admettre, sinon comprendre, les raisons de celui qui agit au nom d'une raison d'État qui positionne chacun au rang infinitésimal qu'il y occupe, que ce soit humainement, socialement ou économiquement. Comment imaginer que ces citoyens puissent faire preuve de l'abnégation requise, ce qui reviendrait pour chacun d'entre eux à oublier, ne serait-ce qu'un instant, son propre cas ? Et ceci d'autant plus que  nos mœurs politiques sont telles que les frustrations sont soigneusement entretenues et emphatisées par une opposition liguée, à laquelle l'occasion offerte est trop belle pour qu'elle n'en profite pas avec outrance, comme s'il était réaliste d'imaginer que l'un ou l'autre de ses représentants serait capable de faire mieux, tant au quotidien qu'à l'occasion de telles confrontations.
Il a fallu en tout cas beaucoup de courage au Président Sarkozy pour s'être embarqué dans une telle galère. Mais n'est-ce pas une manière de dire en face aux français une vérité qu'ils se refusent à voir, engoncés comme ils sont dans des bonheurs individuels – même s'ils sont relatifs – que le nombre et les circonstances grignotent chaque jour un peu plus ?

27 janvier 2010 - Politique
Allocution présidentielle - Mieux vaut un qui agit que des milliers qui palabrent.

Qui a besoin d'être convaincu que tout va mal et qu'il n'est du pouvoir d'aucun parti de les faire aller mieux par le seul effet du verbe ?
Les français, par l'approbation à 57% de leur Président (inutile de parler de ceux qui désavouent ses propos par principe et sans même avoir suivi l'émission ou en connaître le moindre mot) prouvent qu'ils savent se comporter en adultes et qu'ils attendent autre chose que la polémique stérile, même si cela dérange ceux qui ne connaissent que cela.
Bien sûr les problèmes personnels n'ont pas trouvé de solution immédiate, mais ceux qui en étaient porteurs s'imaginaient-ils qu'il pouvait en être autrement ?
Nous devons tous prendre conscience des difficultés du moment et de ce que la rupture avec des orientations qui ont largement contribué à nous mener là où nous en sommes est une nécessité absolue. L'équité du partage est un autre problème qui doit aussi trouver sa solution, mais envier et attendre toujours davantage de l'État est un travers qui nous concerne tous.
Quant le gâteau est plus petit, ceux qui en voudrait une part doivent admettre qu'elle soit d'autant plus réduite qu'ils sont nombreux, et tenter par eux-mêmes d'y remédier pour pallier les insuffisances d'une solidarité qui ne peut tout faire.

Nouvelle page - Ce qui suit l'inaugure - A vos claviers !
22 janvier 2010 - Société
Des forums et autres lieux d'échange via Internet
Effet Internet ou non, il est remarquable que dans tous les forums – quels que soient leurs sujets et leurs tendances – où les uns et les autres discutent et même s'étripent, jamais au grand jamais, la part de responsabilité incombant à chacun de ceux qui s'expriment ne soit évoquée. Il en est comme s'il suffisait de proférer ses propres certitudes à la manière d'imprécations ; comme si tirer à boulets rouges sur des têtes de turc et boucs émissaires omniprésents autant que muets était assez pour que les choses aient quelque chance d'aller mieux.  Que l'ego de chacun y trouve son compte ou que s'en trouve soulagées des colères justifiées ou non, comment se fait-il que jamais une contribution n'évoque la responsabilité individuelle ou pour le moins la part de responsabilité du contributeur lui-même, en regard de ce qu'il juge aller mal ? Les autres seraient-ils seuls responsables de mes malheurs ? Il faut que le sens des responsabilités soit tombé bien bas pour en être arrivés là ! Et ce n'est pas un phénomènes touchant seulement les overdosés d'assistanat.
Nos responsables semblent s'en soucier autant que de leur première promesse électorale, et se gardent bien de retourner leurs reproches à ceux qui les leur adressent, leurs partisans s'en chargent de la manière communément admise. Ils ont l'excuse d'être absents mais surtout : qui voterait pour quelqu'un qui aurait l'outrecuidance de mettre le nez de l'électeur dans son propre pipi ? l'accuserait d'être un tant soi peu responsable de ses propres malheurs ? Ne s'appliquant pas eux-mêmes l'argument, au-delà de promesses non tenues, les politiques préfèrent se priver de l'argument.
Ainsi de la taxe carbone. Mieux vaut ergoter, polémiquer, que de prendre des dispositions concrètes et rapides, telles que les motive l'urgence. C'est encore le lampiste qui paiera ? L'industrie est exempte de toutes mesures ? Et qui sont les consommateurs des produits de cette industrie ? Faut-il être assez stupide pour s'imaginer que cette même industrie ne répercutera pas dans ses prix des coûts supplémentaires lui étant imposés, serait-ce pour protéger l'environnement. Ceci revient bien au même pour le cochon de payant, non ? Mais jamais l'accent a été mis aussi fortement sur nos responsabilités individuelles ; peut-être le temps est-il venu pour chacun d'entre nous d'en prendre honnêtement conscience et c'est là que le bât blesse.
Même chose pour la désaffection des citoyens à l'égard de représentants que pourtant ils élisent et réélisent, n'en étant pas à une contradiction près. Là encore les joueurs bottent en touche ; là où attendent, imperturbables, sans états d'âme et jamais découragés, les politiques, ceux qui leur servent à la fois d'alibi et d'exutoire.
Plus grave que cette habitude dorénavant ancrée dans nos mœurs de s'en remettre à l'État en tout et pour tout : la disparition de notre aptitude à la remise cause. Sans elle plus aucun progrès n'est possible. Dès lors que cette remise en cause appliquée à soi-même – la seule qui vaille – lui est impossible, l'homme nie avoir au moins autant de devoirs que de droits.