13 mars 2010
Et la ménopause dans tout ça ?Le British Medical Journal nous apprend que l'appétit sexuel de l'homme dure plus lontemps que celui de la femme.
Bernard
Maris avait décidément raison lorsqu'il
dénonçait parmi "Les sept péchés capitaux
des universitaires" (Albin Michel - 1991) celui consistant à
mettre les mêmes sujets à toutes les sauces, des
siècles durant, et à enfoncer de la sorte d'innombrables
portes ouvertes.
Relisons Schopenhauer, dont la misogynie, qui pour
être parfois caricaturale l'a conduit à des observations
non dénuées d'intérêt. Dans son "Essai sur
les femmes", véritable règlement de comptes, il
traite essentiellement du désaccord entre les deux partenaires,
tel qu’il résulte des conditions de leur relation sexuelle
autant que sexuée, en se fondant sur son propre vécu.
Comme
toute pensée, la sienne a été
instrumentalisée, et pourtant, ce texte peut être
utilement lu, à condition de le faire avec le recul qui a
manqué à son auteur pour l’écrire.
C’est en ignorant sa rugosité et en tenant exclusivement
compte de sa réflexion portant sur des faits et non sur les
raisons d’un obscur conflit séculaire l’ayant
personnellement touché que peut être
appréciée sa pensée. Pour ce qui est plus
précisément de l'observation du fameux misogyne, relative
à l'endocrinologie génitale comparée entre homme
et femme, il y voit les causes d’une guerre des sexes à
laquelle la ménopause – à partir de laquelle la
femme perd ses facultés de reproduction en même temps que
l’essentiel de son désir amoureux et de sa capacité
à dispenser à l’homme le plaisir dont celui-ci
reste demandeur jusqu’à la fin de sa vie - ne semble pas
étrangère.
Rien de neuf sous le soleil donc, sinon les
encouragements que le British Medical Journal dispense implicitement
pour nous aider à privilégier la compréhension par
rapport au ressentiment.
Joli cadeau en cette année de la femme !
12 mars 2010
Suicides : De mieux en mieux.
Lorsque
l'action syndicale en est réduite à instrumentaliser le
suicide pour exister, il est permis de se demander où
s'arrêtera la surenchère et surtout, s'il est
sérieusement envisageable que le progrès social puisse
sortir de telles récupérations.
Car hélas, le
suicide est une des manifestations les mieux partagées au monde.
Il touche toutes les catégories sociales, celle des travailleurs
comme les autres ; des sans emploi aux retraités, sans
distinction de sexe ni d'âge, et le nombre des victimes de ce
fléau rapporté à celui des salariés d'une
entreprise ou d'une autre est sensiblement le même que pour
l'ensemble de la population et même nettement inférieur
à ce qu'il en est pour certaines catégories d'individus.
En
arriver à en faire le prétexte d'une accusation
d'homicide, fut-il involontaire, a quelque chose d'autrement plus
affligeant et inquiétant que les pires conditions de travail,
qui sont d'ailleurs bien différentes de celles qui sont
invoquées.
Après une interruption d'une quinzaine de jours, pour causes techniques, les propos reprennent leur cours ...
11 mars 2010
SuicidesSuicides
chez France-Télécom, suicides en prison, suicide des vieux, suicide
des jeunes, sans omettre tous ces kamikazes qui prolifèrent ... les
individus n'en finissent plus de se supprimer.
Mais ce n'est pas
nouveau et ils ne sont pas les seuls. Il est des suicides encore plus
graves, celui de nos sociétés et par voie de conséquence celui de
l'espèce, tels que peut le percevoir un humanisme clairvoyant, en
dépit du mal qu’il éprouve lui-même à survivre.
L'Homme
paraît se distinguer des autres espèces connues, essentiellement
par le degré auquel il a su pousser certaines de ses facultés :
d'une part l'analyse et la réflexion qui, appliquées à ses propres
conditions d'existence, lui en permettent la compréhension (?),
d'autre part l'échange de ses savoirs par des moyens de
communication toujours plus sophistiqués. Les experts de l'évolution
semblent d'accord au moins sur ce dernier point. Quant au reste, les
espèces dites inférieures sont-elles toutes dans l'impossibilité
de percevoir leur condition et de la comparer à d'autres ? Aucun de
leurs représentants n'ayant consenti à donner d'indications
définitives sur ce point, avouons qu'il nous arrive de nous
interroger sur ce qu'en toute discrétion notre chien et notre chat
peuvent en penser. Il est par contre évident que seuls les humains
disposent de moyens de communication tels que les leur offre un
langage aussi évolué que le leur, appuyé par les techniques, les
technologies et les outils dont ils ont su se doter pour stocker et
véhiculer l'information sous de multiples formes.
Donnant
ainsi, d’abord à eux-mêmes, l'affligeant spectacle de leur
impuissance à juguler leurs pulsions les plus primitives et
l'augmentation de leurs maux, les hommes ne peuvent assurément en
éprouver – collectivement comme individuellement – qu'un profond
sentiment de désespoir. Pour vivre cet état, les plus passifs
l'habillent de résignation, les autres d'hypocrisie et de vanité.
Le
péché originel lui-même y perd son caractère expiable pour
devenir récurrent, excluant par là même tout espoir de réelle rémission.
Bien sûr, les meilleurs d'entre ceux qui refusent de considérer
cette condition comme fatale et définitive s'obstinent à lutter.
Ils pensent et espèrent qu'enfouie sous une couche de cendres
l'étincelle finira par redevenir braise et que la flamme en jaillira
à nouveau. Hélas, la cendre s'accumule et l’étouffe ; tout
est mortel, y compris l’étincelle, comme l’esprit lorsque son
support moléculaire lui manque, et il est chaque jour plus douteux
que la flamme puisse en surgir à nouveau.
Quoi
qu'il en soit, ressentant et partageant le sentiment de culpabilité
longtemps réservé aux seuls initiés que fabriquait un savoir
balbutiant, l'humanité entière éprouve un mal de vivre croissant,
dont le paroxysme ne peut la conduire qu'au suicide. Elle réagit de
la sorte comme tout corps qui, déprimé par une fatigue excessive ;
ayant perdu le goût de l’effort, perd à son tour le goût de
vivre, sombre dans la dépression puis, dans un geste de folie
morbide, finit par se donner la mort qui le délivre.
Bien
qu'il n'y ait pas loin de l'une à l'autre, l'absolution, l'amnistie,
la repentance, aussi hautement proclamées qu’imméritées,
contribuent à la dissolution progressive du sens des responsabilités
et à l'aggravation de ce sentiment de culpabilité avec leurs
conséquences prévisibles à plus ou moins long terme.
Si
la métaphysique peut se ramener à l'invention des dieux en vue
d'obtenir d'eux le pardon qui permet à l'homme de tolérer ses
insuffisances et son impuissance – autrement dit sa condition –
combien de temps encore l'illusion sera-t-elle assez forte pour
empêcher que ne s'amplifient
les signes d'une autodestruction collective provoquée par le
désespoir ?
Vision
bien pessimiste, voire noire utopie, diront certains. Et pourtant.
D'autres espèces ont été éliminées de notre planète et ce n'est
pas la suprématie de l'humanité sur toutes celles qui l'habitent
aujourd'hui qui la met à l'abri du même sort. L'histoire enseigne
que des civilisations ont vécu leur temps et ont sombré – pour
des raisons souvent obscures et sans la moindre chance de revivre –
dans un néant dont seule la curiosité ethnographique les tire. Ces
civilisations ont été nombreuses, ont occupé diverses régions du
globe en s'ignorant l'une l'autre, ou se sont parfois succédées au
même endroit. N'est-ce pas une preuve suffisante de leur caractère
éphémère ?
Aujourd'hui,
la mondialisation aidant, le nombre des civilisations différenciées
tend à se réduire ; un laminage dû au progrès fait que très
bientôt il en existera sur terre une seule, celle dont tous les
hommes réunis par de nouveaux outils de communication et l'abolition
des distances se seront dotés. Faudrait-il, parce qu'elle sera
unique, qu'elle fût exempte de tout risque de disparition ? Ce
serait ignorer le processus en cours depuis des millénaires, dont
l'aboutissement inexorable nous guette avec d'autant plus de
proximité que nous faisons tout pour le hâter. Tout épouse la
courbe qui de la naissance conduit à la mort ; c'est seulement
affaire de délai. Étant entendu qu'un cataclysme naturel pourrait
l'abréger.
19 février 2010
Passé communiste
A
propos du reniement de certains de leurs écrits par des
intellectuels de gauche de la grande époque du communisme
Stalinien, et parmi eux des poètes comme
Aragon, Césaire, Eluard, etc.
Nous sommes sans cesse et de toutes
parts confrontés aux conséquences de
« l’emploi de l’esprit aux dépens de
l’ordre public [...] une des plus grandes
scélératesses [...] de toutes la plus dangereuse, parce
que le mal qu’elle produit s’étend et se promulgue
par la peine [...] infligée [...] des siècles
après lui ». (Duchesse de Choiseul au sujet de J.J.
Rousseau).
C'est en cela qu'au titre de la liberté de
pensée en même temps que de la raison, ceux que d'aucuns
considèrent comme les meilleurs poètes de leur
temps peuvent et doivent être actualisés, lorsqu'ils ne
l'ont pas fait d'eux-mêmes.
Comme le dit ici-même
quelqu'un en citant Stendhal : Il n'y a que les imbéciles qui ne
changent pas d'avis, et les errements d'esprits toujours en quête
de la meilleure manière de refaire le monde s'arrogeant le droit
de tout dire, en allant jusqu'au n'importe quoi parfois, il est bon d'y
revenir sereinement, en profitant des enseignements de l'histoire.
16 février 2010
Elections régionales - Marketing de lessiviers
Diversité de courants de pensée en
trompe-l'œil ou lorsque le marketing politique emprunte au marketing
tout court.
Il est bien connu que la mise en marché
d'une nouvelle marque grignote sur les parts détenues par celles qui
le dominent, pour le plus grand profit de celui qui en contrôle le
plus grand nombre. Ainsi font les fabricants de yaourts, pâtes
alimentaires, biscuits et autres lessiviers, et que se succèdent
Omo, Persil, Ariel, Gamma, Bonux, Tandil, Aldi, Génie, Dash, X-tra,
Axion, etc.* chacune de ces poudres à laver lavant plus blanc que
les précédentes, les unes ayant un peu plus de ceci, les autres un
peu plus de cela.
Il en va de même en opposition
politique, ou la multiplication des candidats et des listes, au nom
d'une diversité de courants de pensées aussi fondée qu'innocente –
pouvant néanmoins aller jusqu'à la dissidence lorsque la
dramatisation s'avère utile – devrait pousser aux urnes un maximum
d'électeurs, dans le plus grand désordre au premier tour, leur
recentrage étant assuré au second, sur les candidats garants d'un
ordre et d'une orthodoxie respectueux de l'idéologie de gauche.
Peut-être les partis au pouvoir
feraient-ils de même, mais cela leur est impossible, justement parce
qu'ils sont au pouvoir – lequel ne peut s'exercer qu'avec une
cohésion excluant le flou, fut-il artistique – et peut-être
encore parce que l'idéologie, grande rassembleuse, leur est
interdite.
* Publicité non rémunérée
15 février 2010
Afghanistan -Opération Mushtarak
Le nombre de victimes augmente avec le
temps, du seul fait de l'indécision des forces coalisées contre les
talibans. Il en est ainsi depuis qu'a été prise la décision de
priver le terrorisme islamique international de l'une de ses bases
majeures en même temps que d'offrir à l'Afghanistan la possibilité
d'évoluer vers sa démocratisation.
Les utopistes, tenants d'une solution
pacifique reposant sur la négociation avec un ennemi dont le
fanatisme et la résolution ne sont pourtant plus à démontrer en
font un argument, omettant que seuls les atermoiements, au lendemain
du renversement des talibans – qui eut pourtant bel et bien lieu –
ont permis qu'ils reconstituent et consolident leurs positions, dont
il est aujourd'hui non seulement problématique de les déloger, mais
d'où ils lancent leurs nouvelles offensives, en n'ayant pas la
délicatesse de se limiter au territoire Afghan. Pendant que d'autres
en sont encore à réfléchir à la manière de la retarder, à
défaut de pouvoir l'empêcher pour le meilleur, eux ont compris le
caractère inéluctable de la mondialisation et en usent sans
vergogne, pour le pire.
Par leur refus de considérer les dangers d'un extrémisme et
d'idéologies dont la planète a pourtant eu à souffrir à plusieurs
reprises au cours du siècle passé, ces mêmes pacifistes se font
objectivement les alliés des talibans, comme ont été de tous temps
les complices de l'obscurantisme et de la barbarie ceux qui, par un
laxisme auréolé de pacifisme béat, ont toujours préféré laisser
faire jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes victimes de ce qu'ils ont
aussi aveuglément qu'efficacement encouragé.
13 février 2010Nouveaux suicides parmi les salariés de France Télécom Nul
ne doit ignorer la détresse de ceux qui vont jusqu'à se
supprimer, pas davantage d'ailleurs que l'épreuve que cela
représente pour leurs familles, mais l'instrumentalisation de
ces drames, avant tout humains, est plus qu'indécente.
Si
bien des progrès sociaux restent faire, ceux qui s'en emparent
pour en faire des arguments de leur lutte feraient bien d'y
réfléchir. Ceux qu'ils bernent, autant qu'ils abusent la
mémoire des victimes – que ce soit pour attiser une haine
de classe dépassée ou satisfaire la curiosité
d'une audience jamais repue – connaîtront un jour une
vérité qui ne fait injure à personne en
démontrant que les suicides ne sont pas plus nombreux parmi les
salariés de France Télécom qu'ailleurs. Il s'agit
hélas d'un phénomène qui touche l'ensemble de la
société, sans distinction d'employeurs ni de conditions
de travail. Des chiffres existent et ceux qui désirent
sincèrement donner son sens réel au drame peuvent
facilement en prendre connaissance, dans de nombreuses études,
notamment sur le Net. Ils pourront ainsi ramener à de justes
proportions une situation dont rien ne peut justifier qu'elle donne
lieu à des interprétations hâtives et indignes.
12 février 2010
Toujours à propos de Clearstream, Questions :Sincèrement,
y-a-t-il lieu d'être choqué par le fait que soient
poursuivis les auteurs d'agissements graves, du seul fait que l'une des
victimes soit devenue après coup Président de la
République ? Certainement pas. De quelles accusations ce
plaignant n'aurait-il pas été l'objet s'il avait
abandonné la procédure et laissé l'affaire passer
à la trappe ? Plutôt que félicité de sa
magnanimité, il aurait été à coup sûr
accusé d'un manquement à la plus
élémentaire des morales, ainsi que des pires
compromissions et ententes avec ses accusateurs, avant, pendant et
après l'affaire.
Objectivement, y-a-t-il lieu d'être
choqué par le fait que les protagonistes de l'affaire puissent
avoir des intérêts politiquement divergents, voire
opposés ? Au point d'y voir une haine d'Etat ? Probablement pas.
Le microcosme est ainsi fait que ses acteurs s'y rencontrent partout et
en toutes circonstances, et qu'ils ne se font
généralement pas de cadeaux, dans ces combats que le
peuple aime tant, bien qu'il s'en défende.
En tout
état de cause, quels qu'en soient les acteurs, il est sain pour
la démocratie et la justice qu'une machination comme celle dont
il s'agit ait été dénoncée ; soit
éclaircie dans tous ses détails, et que tous ses auteurs
soient punis comme ils le méritent.
Enfin, qu'attendent tous
ces journalistes – davantage portés sur la
polémique que sur l'information et la recherche de la
vérité – pour mener sérieusement leur
enquête et éclairer l'opinion plutôt que de l'agiter
? Leurs suppositions et procès d'intention faits aux uns et
autres sont en effet infiniment plus nombreux dans cette affaire que
les résutats probants de leurs investigations, dont il est
d'ailleurs permis de se demander s'ils se préoccupent de s'y
livrer.
09 février 2010
Gauloiserie n'est pas démocratie
Si
le débat sur l'identité national n'a pas eu lieu, il a
par contre fait parler de lui et n'a apparemment pas fini.
Résultat incontestablement dû à ceux qui, pour des
raisons aussi nombreuses et variées qu'eux-mêmes et que
ralliait leur seule opposition au gouvernement, ont cherché par
tout les moyens à le dénaturer faute de pouvoir
empêcher qu'il ait lieu.
Quoi qu'il en soit, en marge du
rapport d'étape auquel il a donné lieu par le premier
ministre, de nombreuses observations et questions peuvent en être
tirées parmi lesquelles :
- La peur, ou pour le moins le
manque de sérénité, manifestée par de
nombreux français face à un véritable
problème pouvant se résumer à une question :
Qu'est-ce qu'être français ?
- La fuite devant le
débat proposé, ressemblant fort à une
véritable débâcle civique, justifiant à elle
seule sa nécessité absolue.
- L'incapacité bien
gauloise de considérer avec calme une question cruciale pour
l'avenir de la nation, sauf à admettre que celle-ci n'existe plus
-
Le recours, dorénavant institutionnalisé par
l'opposition, à une polémique se nourissant de n'importe
quels arguments pour botter en touche.
- Parmi les mesures
adoptées en premier lieu, l'absence significative d'un mot parmi
ceux promis à l'affichage dans les écoles : celui de
devoir.
08 février 2010A
propos du séminaire gouvernemental s'étant tenu ce
jour sur l'identité nationale - Liberté et
honnêteté de la pressePlaisanterie ou terrorisme intellectuel ?
En tout cas aussi peu sérieux techniquement que manipulatoire :
« - Tant mieux! Besson seul était à côté de la plaque.
- Ah non, c'est le travail du ministre de l'Immigration !
- Bah, ça ne changera pas grand chose...
- Stop! Marre de ce débat absurde et dangereux.
- C'est le cadet de mes soucis! »
Tels
sont les 5 prises de position proposées à ses lecteurs
par un quotidien qui ne mérite pas la qualification de grand.
Est-ce cela la presse politiquement correcte ?
Mais peut-être n'existe-t-il aucun problème d'identité nationale dans notre beau pays ?
Quoi
qu'il en soit, est-ce à partir d'un tel traquenard verbal que
peut prétendre s'exprimer l'opinion, fût-elle partisane !
Pas étonnant que l'information devienne, comme bien d'autres institutions, chaque jour moins crédible.
06 février 2010
A propos de la condamnation par la justice anglaise de deux convoyeurs de clandestins
Passeurs ? Aide ? ... Quels compliments !
Une
décision de justice qui permettra à ceux qui n'y ont pas
suffisamment réfléchi, de faire la différence
entre le juteux traffic de clandestins et l'humanitaire. Ceux qui ont
été refoulés sont seuls à plaindre ; ce
sont bien eux les malheureuses victimes et non ceux qui ont
été pris en flagrant délit d'exdploitation de leur
détresse et condamnés en conséquence. Dommage qu'une complaisance tout aussi
benoîtement coupable qu'aveugle ait pu favoriser l'acheminent de
ces victimes jusqu'au lieu de leur dernière prise en charge.
Curieux d'ailleurs, la discrétion, à
propos de cet évènement, de bon nombre de ceux qui,
habituellement, braillent à la moindre mesure ayant pour but de
réguler ce qui doit l'être. Le moindre malheur de tous en
dépend pourtant, à commencer par tous ceux qui attendent
leur tour d'être, hélas,
traités comme une marchandise.
Compassion n'est pas naïveté, et ne pas en tenir compte fait le jeu des trafiquants de la pire espèce.
26 janvier 2010
Allocution présidentielle - La vérité en faceExercice
difficile, comme tout ce qui incombe légitimement à un
chef d'État, mais surtout illusoire, comme ne peut que
l'être un dialogue entre la France d'en bas et celle d'en-haut,
sous quelque régime que ce soit. Et c'est bien là que se
manifeste les limites de la démocratie. Comment des citoyens
pourraient-ils admettre, sinon comprendre, les raisons de celui qui
agit au nom d'une raison d'État qui positionne chacun au rang
infinitésimal qu'il y occupe, que ce soit humainement,
socialement ou économiquement. Comment imaginer que ces citoyens
puissent faire preuve de l'abnégation requise, ce qui
reviendrait pour chacun d'entre eux à oublier, ne serait-ce
qu'un instant, son propre cas ? Et ceci d'autant plus que nos
mœurs politiques sont telles que les frustrations sont
soigneusement entretenues et emphatisées par une opposition
liguée, à laquelle l'occasion offerte est trop belle pour
qu'elle n'en profite pas avec outrance, comme s'il était
réaliste d'imaginer que l'un ou l'autre de ses
représentants serait capable de faire mieux, tant au quotidien
qu'à l'occasion de telles confrontations.
Il a fallu en tout
cas beaucoup de courage au Président Sarkozy pour s'être
embarqué dans une telle galère. Mais n'est-ce pas une
manière de dire en face aux français une
vérité qu'ils se refusent à voir, engoncés
comme ils sont dans des bonheurs individuels – même s'ils
sont relatifs – que le nombre et les circonstances grignotent
chaque jour un peu plus ?
27 janvier 2010
Allocution présidentielle - Mieux vaut un qui agit que des milliers qui palabrent.Qui
a besoin d'être convaincu que tout va mal et qu'il n'est du
pouvoir d'aucun parti de les faire aller mieux par le seul effet du
verbe ? Les français, par l'approbation à 57% de leur
Président (inutile de parler de ceux qui désavouent ses
propos par principe et sans même avoir suivi l'émission ou
en connaître le moindre mot) prouvent qu'ils savent se comporter
en adultes et qu'ils attendent autre chose que la polémique
stérile, même si cela dérange ceux qui, ne
connaissent que cela. Bien sûr les problèmes personnels
n'ont pas trouvé de solution immédiate mais ceux qui en
étaient porteurs s'imaginaient-ils qu'il pouvait en être
autrement ? Nous devons tous prendre conscience des difficultés
du moment et de ce que la rupture avec des orientations qui ont
largement contribué à nous mener là où nous
en sommes est une nécessité absolue.
L'équité du partage est une chose, attendre toujours
davantage de l'État est un travers qui nous concerne tous. Quant
le gâteau est plus petit, ceux qui en voudrait une part doivent
admettre qu'elle soit d'autant plus réduite qu'ils sont
nombreux, et tenter par eux-mêmes d'y remédier pour
pallier les insuffisances d'une solidarité qui ne peut tout
faire.
22 janvier 2010Nouvelle page - Le texte qui suit l'inaugure - A vos claviers !
Des forums et autres lieux d'échange via Internet
Effet
Internet ou non, il est remarquable que dans tous les forums –
quels que soient leurs sujets et leurs tendances – où les
uns et les autres discutent et même s'étripent, jamais au
grand jamais, la part de responsabilité incombant à
chacun de ceux qui s'expriment ne soit évoquée. Il en est
comme s'il suffisait de proférer ses propres certitudes à
la manière d'imprécations ; comme si tirer à
boulets rouges sur des têtes de turc et boucs émissaires
omniprésents autant que muets était assez pour que les
choses aient quelque chance d'aller mieux. Que l'ego de chacun y
trouve son compte ou que s'en trouve soulagées des
colères justifiées ou non, comment se fait-il que jamais
une contribution n'évoque la responsabilité individuelle
ou pour le moins la part de responsabilité du contributeur
lui-même, en regard de ce qu'il juge aller mal ? Les autres
seraient-ils seuls responsables de mes malheurs ? Il faut que le sens
des responsabilités soit tombé bien bas pour en
être arrivés là ! Et ce n'est pas un
phénomènes touchant seulement les overdosés
d'assistanat.
Nos responsables semblent s'en soucier autant que de
leur première promesse électorale, et se gardent bien de
retourner leurs reproches à ceux qui les leur adressent, leurs
partisans s'en chargent de la manière communément admise.
Ils ont l'excuse d'être absents mais surtout : qui voterait pour
quelqu'un qui aurait l'outrecuidance de mettre le nez de
l'électeur dans son propre pipi ? l'accuserait d'être un
tant soi peu responsable de ses propres malheurs ? Ne s'appliquant pas
eux-mêmes l'argument, au-delà de promesses non tenues, les
politiques préfèrent se priver de l'argument.
Ainsi de
la taxe carbone. Mieux vaut ergoter, polémiquer, que de prendre
des dispositions concrètes et rapides, telles que les motive
l'urgence. C'est encore le lampiste qui paiera ? L'industrie est
exempte de toutes mesures ? Et qui sont les consommateurs des produits
de cette industrie ? Faut-il être assez stupide pour s'imaginer
que cette même industrie ne répercutera pas dans ses prix
des coûts supplémentaires lui étant imposés,
serait-ce pour protéger l'environnement. Ceci revient bien au
même pour le cochon de payant, non ? Mais jamais l'accent a
été mis aussi fortement sur nos responsabilités
individuelles ; peut-être le temps est-il venu pour chacun
d'entre nous d'en prendre honnêtement conscience et c'est
là que le bât blesse.
Même chose pour la
désaffection des citoyens à l'égard de
représentants que pourtant ils élisent et
réélisent, n'en étant pas à une
contradiction près. Là encore les joueurs bottent en
touche ; là où attendent, imperturbables, sans
états d'âme et jamais découragés, les
politiques, ceux qui leur servent à la fois d'alibi et
d'exutoire.
Plus grave que cette habitude dorénavant
ancrée dans nos mœurs de s'en remettre à
l'État en tout et pour tout : la disparition de notre aptitude
à la remise cause. Sans elle plus aucun progrès n'est
possible.Dès lors que cette remise en cause appliquée
à soi-même – la seule qui vaille – lui est
impossible, l'homme nie avoir au moins autant de devoirs que de droits.