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Propos d'un jour

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La chronologie des articles s'enchaîne à partir du bas de la page. Accès au premier article publié



13 mars 2010
Et la ménopause dans tout ça ?
Le British Medical Journal nous apprend que l'appétit sexuel de l'homme dure plus lontemps que celui de la femme.
Bernard Maris avait décidément raison lorsqu'il dénonçait parmi "Les sept péchés capitaux des universitaires" (Albin Michel - 1991) celui consistant à mettre les mêmes sujets à toutes les sauces, des siècles durant, et à enfoncer de la sorte d'innombrables portes ouvertes.
Relisons Schopenhauer, dont la misogynie, qui pour être parfois caricaturale l'a conduit à des observations non dénuées d'intérêt. Dans son "Essai sur les femmes",  véritable règlement de comptes, il traite essentiellement du désaccord entre les deux partenaires, tel qu’il résulte des conditions de leur relation sexuelle autant que sexuée, en se fondant sur son propre vécu.
Comme toute pensée, la sienne a été instrumentalisée, et pourtant, ce texte peut être utilement lu, à condition de le faire avec le recul qui a manqué à son auteur pour l’écrire. C’est en ignorant sa rugosité et en tenant exclusivement compte de sa réflexion portant sur des faits et non sur les raisons d’un obscur conflit séculaire l’ayant personnellement touché que peut être appréciée sa pensée. Pour ce qui est plus précisément de l'observation du fameux misogyne, relative à l'endocrinologie génitale comparée entre homme et femme, il y voit les causes d’une guerre des sexes à laquelle la ménopause – à partir de laquelle la femme perd ses facultés de reproduction en même temps que l’essentiel de son désir amoureux et de sa capacité à dispenser à l’homme le plaisir dont celui-ci reste demandeur jusqu’à la fin de sa vie - ne semble pas étrangère.
Rien de neuf sous le soleil donc, sinon les encouragements que le British Medical Journal dispense implicitement pour nous aider à privilégier la compréhension par rapport au ressentiment.
Joli cadeau en cette année de la femme !

12 mars 2010
Suicides : De mieux en mieux.
Lorsque l'action syndicale en est réduite à instrumentaliser le suicide pour exister, il est permis de se demander où s'arrêtera la surenchère et surtout, s'il est sérieusement envisageable que le progrès social puisse sortir de telles récupérations.
Car hélas, le suicide est une des manifestations les mieux partagées au monde. Il touche toutes les catégories sociales, celle des travailleurs comme les autres ; des sans emploi aux retraités, sans distinction de sexe ni d'âge, et le nombre des victimes de ce fléau rapporté à celui des salariés d'une entreprise ou d'une autre est sensiblement le même que pour l'ensemble de la population et même nettement inférieur à ce qu'il en est pour certaines catégories d'individus.
En arriver à en faire le prétexte d'une accusation d'homicide, fut-il involontaire, a quelque chose d'autrement plus affligeant et inquiétant que les pires conditions de travail, qui sont d'ailleurs bien différentes de celles qui sont invoquées.

Après une interruption d'une quinzaine de jours, pour causes techniques, les propos reprennent leur cours ...

11 mars 2010
Suicides
Suicides chez France-Télécom, suicides en prison, suicide des vieux, suicide des jeunes, sans omettre tous ces kamikazes qui prolifèrent ... les individus n'en finissent plus de se supprimer.
Mais ce n'est pas nouveau et ils ne sont pas les seuls. Il est des suicides encore plus graves, celui de nos sociétés et par voie de conséquence celui de l'espèce, tels que peut le percevoir un humanisme clairvoyant, en dépit du mal qu’il éprouve lui-même à survivre.
L'Homme paraît se distinguer des autres espèces connues, essentiellement par le degré auquel il a su pousser certaines de ses facultés : d'une part l'analyse et la réflexion qui, appliquées à ses propres conditions d'existence, lui en permettent la compréhension (?), d'autre part l'échange de ses savoirs par des moyens de communication toujours plus sophistiqués. Les experts de l'évolution semblent d'accord au moins sur ce dernier point. Quant au reste, les espèces dites inférieures sont-elles toutes dans l'impossibilité de percevoir leur condition et de la comparer à d'autres ? Aucun de leurs représentants n'ayant consenti à donner d'indications définitives sur ce point, avouons qu'il nous arrive de nous interroger sur ce qu'en toute discrétion notre chien et notre chat peuvent en penser. Il est par contre évident que seuls les humains disposent de moyens de communication tels que les leur offre un langage aussi évolué que le leur, appuyé par les techniques, les technologies et les outils dont ils ont su se doter pour stocker et véhiculer l'information sous de multiples formes.
Donnant ainsi, d’abord à eux-mêmes, l'affligeant spectacle de leur impuissance à juguler leurs pulsions les plus primitives et l'augmentation de leurs maux, les hommes ne peuvent assurément en éprouver – collectivement comme individuellement – qu'un profond sentiment de désespoir. Pour vivre cet état, les plus passifs l'habillent de résignation, les autres d'hypocrisie et de vanité.
Le péché originel lui-même y perd son caractère expiable pour devenir récurrent, excluant par là même tout espoir de réelle rémission. Bien sûr, les meilleurs d'entre ceux qui refusent de considérer cette condition comme fatale et définitive s'obstinent à lutter. Ils pensent et espèrent qu'enfouie sous une couche de cendres l'étincelle finira par redevenir braise et que la flamme en jaillira à nouveau. Hélas, la cendre s'accumule et l’étouffe ; tout est mortel, y compris l’étincelle, comme l’esprit lorsque son support moléculaire lui manque, et il est chaque jour plus douteux que la flamme puisse en surgir à nouveau.
Quoi qu'il en soit, ressentant et partageant le sentiment de culpabilité longtemps réservé aux seuls initiés que fabriquait un savoir balbutiant, l'humanité entière éprouve un mal de vivre croissant, dont le paroxysme ne peut la conduire qu'au suicide. Elle réagit de la sorte comme tout corps qui, déprimé par une fatigue excessive ; ayant perdu le goût de l’effort, perd à son tour le goût de vivre, sombre dans la dépression puis, dans un geste de folie morbide, finit par se donner la mort qui le délivre.
Bien qu'il n'y ait pas loin de l'une à l'autre, l'absolution, l'amnistie, la repentance, aussi hautement proclamées qu’imméritées, contribuent à la dissolution progressive du sens des responsabilités et à l'aggravation de ce sentiment de culpabilité avec leurs conséquences prévisibles à plus ou moins long terme.
Si la métaphysique peut se ramener à l'invention des dieux en vue d'obtenir d'eux le pardon qui permet à l'homme de tolérer ses insuffisances et son impuissance – autrement dit sa condition – combien de temps encore l'illusion sera-t-elle assez forte pour empêcher que ne s'amplifient les signes d'une autodestruction collective provoquée par le désespoir ?
Vision bien pessimiste, voire noire utopie, diront certains. Et pourtant. D'autres espèces ont été éliminées de notre planète et ce n'est pas la suprématie de l'humanité sur toutes celles qui l'habitent aujourd'hui qui la met à l'abri du même sort. L'histoire enseigne que des civilisations ont vécu leur temps et ont sombré – pour des raisons souvent obscures et sans la moindre chance de revivre – dans un néant dont seule la curiosité ethnographique les tire. Ces civilisations ont été nombreuses, ont occupé diverses régions du globe en s'ignorant l'une l'autre, ou se sont parfois succédées au même endroit. N'est-ce pas une preuve suffisante de leur caractère éphémère ?
Aujourd'hui, la mondialisation aidant, le nombre des civilisations différenciées tend à se réduire ; un laminage dû au progrès fait que très bientôt il en existera sur terre une seule, celle dont tous les hommes réunis par de nouveaux outils de communication et l'abolition des distances se seront dotés. Faudrait-il, parce qu'elle sera unique, qu'elle fût exempte de tout risque de disparition ? Ce serait ignorer le processus en cours depuis des millénaires, dont l'aboutissement inexorable nous guette avec d'autant plus de proximité que nous faisons tout pour le hâter. Tout épouse la courbe qui de la naissance conduit à la mort ; c'est seulement affaire de délai. Étant entendu qu'un cataclysme naturel pourrait l'abréger.

19 février 2010
Passé communiste

A propos du reniement de certains de leurs écrits par des intellectuels de gauche de la grande époque du communisme Stalinien, et parmi eux des poètes comme Aragon, Césaire, Eluard, etc.
Nous sommes sans cesse et de toutes parts confrontés aux conséquences de « l’emploi de l’esprit aux dépens de l’ordre public [...] une des plus grandes scélératesses [...] de toutes la plus dangereuse, parce que le mal qu’elle produit s’étend et se promulgue par la peine [...] infligée [...] des siècles après lui ». (Duchesse de Choiseul au sujet de J.J. Rousseau).
C'est en cela qu'au titre de la liberté de pensée en même temps que de la raison, ceux que d'aucuns considèrent  comme les meilleurs poètes de leur temps peuvent et doivent être actualisés, lorsqu'ils ne l'ont pas fait d'eux-mêmes.
Comme le dit ici-même quelqu'un en citant Stendhal : Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et les errements d'esprits toujours en quête de la meilleure manière de refaire le monde s'arrogeant le droit de tout dire, en allant jusqu'au n'importe quoi parfois, il est bon d'y revenir sereinement, en profitant des enseignements de l'histoire.

16 février 2010
Elections régionales - Marketing de lessiviers

Diversité de courants de pensée en trompe-l'œil ou lorsque le marketing politique emprunte au marketing tout court.
Il est bien connu que la mise en marché d'une nouvelle marque grignote sur les parts détenues par celles qui le dominent, pour le plus grand profit de celui qui en contrôle le plus grand nombre. Ainsi font les fabricants de yaourts, pâtes alimentaires, biscuits et autres lessiviers, et que se succèdent Omo, Persil, Ariel, Gamma, Bonux, Tandil, Aldi, Génie, Dash, X-tra, Axion, etc.* chacune de ces poudres à laver lavant plus blanc que les précédentes, les unes ayant un peu plus de ceci, les autres un peu plus de cela. 
Il en va de même en opposition politique, ou la multiplication des candidats et des listes, au nom d'une diversité de courants de pensées aussi fondée qu'innocente – pouvant néanmoins aller jusqu'à la dissidence lorsque la dramatisation s'avère utile – devrait pousser aux urnes un maximum d'électeurs, dans le plus grand désordre au premier tour, leur recentrage étant assuré au second, sur les candidats garants d'un ordre et d'une orthodoxie respectueux de l'idéologie de gauche. 
Peut-être les partis au pouvoir feraient-ils de même, mais cela leur est impossible, justement parce qu'ils sont au pouvoir – lequel ne peut s'exercer qu'avec une cohésion excluant le flou, fut-il artistique – et peut-être encore parce que l'idéologie, grande rassembleuse, leur est interdite. 
* Publicité non rémunérée


15 février 2010
Afghanistan -Opération Mushtarak

Le nombre de victimes augmente avec le temps, du seul fait de l'indécision des forces coalisées contre les talibans. Il en est ainsi depuis qu'a été prise la décision de priver le terrorisme islamique international de l'une de ses bases majeures en même temps que d'offrir à l'Afghanistan la possibilité d'évoluer vers sa démocratisation.
Les utopistes, tenants d'une solution pacifique reposant sur la négociation avec un ennemi dont le fanatisme et la résolution ne sont pourtant plus à démontrer en font un argument, omettant que seuls les atermoiements, au lendemain du renversement des talibans – qui eut pourtant bel et bien lieu – ont permis qu'ils reconstituent et consolident leurs positions, dont il est aujourd'hui non seulement problématique de les déloger, mais d'où ils lancent leurs nouvelles offensives, en n'ayant pas la délicatesse de se limiter au territoire Afghan. Pendant que d'autres en sont encore à réfléchir à la manière de la retarder, à défaut de pouvoir l'empêcher pour le meilleur, eux ont compris le caractère inéluctable de la mondialisation et en usent sans vergogne, pour le pire.
Par leur refus de considérer les dangers d'un extrémisme et d'idéologies dont la planète a pourtant eu à souffrir à plusieurs reprises au cours du siècle passé, ces mêmes pacifistes se font objectivement les alliés des talibans, comme ont été de tous temps les complices de l'obscurantisme et de la barbarie ceux qui, par un laxisme auréolé de pacifisme béat, ont toujours préféré laisser faire jusqu'à ce qu'ils soient eux-mêmes victimes de ce qu'ils ont aussi aveuglément qu'efficacement encouragé.


13 février 2010
Nouveaux suicides parmi les salariés de France Télécom

Nul ne doit ignorer la détresse de ceux qui vont jusqu'à se supprimer, pas davantage d'ailleurs que l'épreuve que cela représente pour leurs familles, mais l'instrumentalisation de ces drames, avant tout humains, est plus qu'indécente.
Si bien des progrès sociaux restent faire, ceux qui s'en emparent pour en faire des arguments de leur lutte feraient bien d'y réfléchir. Ceux qu'ils bernent, autant qu'ils abusent la mémoire des victimes – que ce soit pour attiser une haine de classe dépassée ou satisfaire la curiosité d'une audience jamais repue – connaîtront un jour une vérité qui ne fait injure à personne en démontrant que les suicides ne sont pas plus nombreux parmi les salariés de France Télécom qu'ailleurs. Il s'agit hélas d'un phénomène qui touche l'ensemble de la société, sans distinction d'employeurs ni de conditions de travail. Des chiffres existent et ceux qui désirent sincèrement donner son sens réel au drame peuvent facilement en prendre connaissance, dans de nombreuses études, notamment sur le Net. Ils pourront ainsi ramener à de justes proportions une situation dont rien ne peut justifier qu'elle donne lieu à des interprétations hâtives et indignes.

12 février 2010
Toujours à propos de Clearstream, Questions :


Sincèrement, y-a-t-il lieu d'être choqué par le fait que soient poursuivis les auteurs d'agissements graves, du seul fait que l'une des victimes soit devenue après coup Président de la République ? Certainement pas. De quelles accusations ce plaignant n'aurait-il pas été l'objet s'il avait abandonné la procédure et laissé l'affaire passer à la trappe ? Plutôt que félicité de sa magnanimité, il aurait été à coup sûr accusé d'un manquement à la plus élémentaire des morales, ainsi que des pires compromissions et ententes avec ses accusateurs, avant, pendant et après l'affaire.
Objectivement, y-a-t-il lieu d'être choqué par le fait que les protagonistes de l'affaire puissent avoir des intérêts politiquement divergents, voire opposés ? Au point d'y voir une haine d'Etat ? Probablement pas. Le microcosme est ainsi fait que ses acteurs s'y rencontrent partout et en toutes circonstances, et qu'ils ne se font généralement pas de cadeaux, dans ces combats que le peuple aime tant, bien qu'il s'en défende.
En tout état de cause, quels qu'en soient les acteurs, il est sain pour la démocratie et la justice qu'une machination comme celle dont il s'agit ait été dénoncée ; soit éclaircie dans tous ses détails, et que tous ses auteurs soient punis comme ils le méritent.
Enfin, qu'attendent tous ces journalistes – davantage portés sur la polémique que sur l'information et la recherche de la vérité – pour mener sérieusement leur enquête et éclairer l'opinion plutôt que de l'agiter ? Leurs suppositions et procès d'intention faits aux uns et autres sont en effet infiniment plus nombreux dans cette affaire que les résutats probants de leurs investigations, dont il est d'ailleurs permis de se demander s'ils se préoccupent de s'y livrer.

09 février 2010
Gauloiserie n'est pas démocratie

Si le débat sur l'identité national n'a pas eu lieu, il a par contre fait parler de lui et n'a apparemment pas fini. Résultat incontestablement dû à ceux qui, pour des raisons aussi nombreuses et variées qu'eux-mêmes et que ralliait leur seule opposition au gouvernement, ont cherché par tout les moyens à le dénaturer faute de pouvoir empêcher qu'il ait lieu.
Quoi qu'il en soit, en marge du rapport d'étape auquel il a donné lieu par le premier ministre, de nombreuses observations et questions peuvent en être tirées parmi lesquelles :
- La peur, ou pour le moins le manque de sérénité, manifestée par de nombreux français face à un véritable problème pouvant se résumer à une question : Qu'est-ce qu'être français ?
- La fuite devant le débat proposé, ressemblant fort à une véritable débâcle civique, justifiant à elle seule sa nécessité absolue.
- L'incapacité bien gauloise de considérer avec calme une question cruciale pour l'avenir de la nation, sauf à admettre que celle-ci n'existe plus
- Le recours, dorénavant institutionnalisé par l'opposition, à une polémique se nourissant de n'importe quels arguments pour botter en touche.
- Parmi les mesures adoptées en premier lieu, l'absence significative d'un mot parmi ceux promis à l'affichage dans les écoles : celui de devoir.

08 février 2010
A propos du séminaire gouvernemental s'étant tenu ce jour sur l'identité nationale - Liberté et honnêteté de la presse

Plaisanterie ou terrorisme intellectuel ?
En tout cas aussi peu sérieux techniquement que manipulatoire :
« - Tant mieux! Besson seul était à côté de la plaque.
   - Ah non, c'est le travail du ministre de l'Immigration !
   - Bah, ça ne changera pas grand chose...
   - Stop! Marre de ce débat absurde et dangereux.
   - C'est le cadet de mes soucis! »
Tels sont les 5 prises de position proposées à ses lecteurs par un quotidien qui ne mérite pas la qualification de grand.
Est-ce cela la presse politiquement correcte ?
Mais peut-être n'existe-t-il aucun problème d'identité nationale dans notre beau pays ?
Quoi qu'il en soit, est-ce à partir d'un tel traquenard verbal que peut prétendre s'exprimer l'opinion, fût-elle partisane !
Pas étonnant que l'information devienne, comme bien d'autres institutions, chaque jour moins crédible.

06 février 2010
A propos de la condamnation par la justice anglaise de deux convoyeurs de clandestins

Passeurs ? Aide ? ... Quels compliments !
Une décision de justice qui permettra à ceux qui n'y ont pas suffisamment réfléchi, de faire la différence entre le juteux traffic de clandestins et l'humanitaire. Ceux qui ont été refoulés sont seuls à plaindre ; ce sont bien eux les malheureuses victimes et non ceux qui ont été pris en flagrant délit d'exdploitation de leur détresse et condamnés en conséquence. Dommage qu'une complaisance tout aussi benoîtement coupable qu'aveugle ait pu favoriser l'acheminent de ces victimes jusqu'au lieu de leur dernière prise en charge.
Curieux d'ailleurs, la discrétion, à propos de cet évènement, de bon nombre de ceux qui, habituellement, braillent à la moindre mesure ayant pour but de réguler ce qui doit l'être. Le moindre malheur de tous en dépend pourtant, à commencer par tous ceux qui attendent leur tour d'être, hélas, traités comme une marchandise.
Compassion n'est pas naïveté, et ne pas en tenir compte fait le jeu des trafiquants de la pire espèce.

26 janvier 2010
Allocution présidentielle - La vérité en face


Exercice difficile, comme tout ce qui incombe légitimement à un chef d'État, mais surtout illusoire, comme ne peut que l'être un dialogue entre la France d'en bas et celle d'en-haut, sous quelque régime que ce soit. Et c'est bien là que se manifeste les limites de la démocratie. Comment des citoyens pourraient-ils admettre, sinon comprendre, les raisons de celui qui agit au nom d'une raison d'État qui positionne chacun au rang infinitésimal qu'il y occupe, que ce soit humainement, socialement ou économiquement. Comment imaginer que ces citoyens puissent faire preuve de l'abnégation requise, ce qui reviendrait pour chacun d'entre eux à oublier, ne serait-ce qu'un instant, son propre cas ? Et ceci d'autant plus que  nos mœurs politiques sont telles que les frustrations sont soigneusement entretenues et emphatisées par une opposition liguée, à laquelle l'occasion offerte est trop belle pour qu'elle n'en profite pas avec outrance, comme s'il était réaliste d'imaginer que l'un ou l'autre de ses représentants serait capable de faire mieux, tant au quotidien qu'à l'occasion de telles confrontations.
Il a fallu en tout cas beaucoup de courage au Président Sarkozy pour s'être embarqué dans une telle galère. Mais n'est-ce pas une manière de dire en face aux français une vérité qu'ils se refusent à voir, engoncés comme ils sont dans des bonheurs individuels – même s'ils sont relatifs – que le nombre et les circonstances grignotent chaque jour un peu plus ?

27 janvier 2010
Allocution présidentielle - Mieux vaut un qui agit que des milliers qui palabrent.


Qui a besoin d'être convaincu que tout va mal et qu'il n'est du pouvoir d'aucun parti de les faire aller mieux par le seul effet du verbe ? Les français, par l'approbation à 57% de leur Président (inutile de parler de ceux qui désavouent ses propos par principe et sans même avoir suivi l'émission ou en connaître le moindre mot) prouvent qu'ils savent se comporter en adultes et qu'ils attendent autre chose que la polémique stérile, même si cela dérange ceux qui, ne connaissent que cela. Bien sûr les problèmes personnels n'ont pas trouvé de solution immédiate mais ceux qui en étaient porteurs s'imaginaient-ils qu'il pouvait en être autrement ? Nous devons tous prendre conscience des difficultés du moment et de ce que la rupture avec des orientations qui ont largement contribué à nous mener là où nous en sommes est une nécessité absolue. L'équité du partage est une chose, attendre toujours davantage de l'État est un travers qui nous concerne tous. Quant le gâteau est plus petit, ceux qui en voudrait une part doivent admettre qu'elle soit d'autant plus réduite qu'ils sont nombreux, et tenter par eux-mêmes d'y remédier pour pallier les insuffisances d'une solidarité qui ne peut tout faire.

22 janvier 2010
Nouvelle page - Le texte qui suit l'inaugure - A vos claviers !

Des forums et autres lieux d'échange via Internet

Effet Internet ou non, il est remarquable que dans tous les forums – quels que soient leurs sujets et leurs tendances – où les uns et les autres discutent et même s'étripent, jamais au grand jamais, la part de responsabilité incombant à chacun de ceux qui s'expriment ne soit évoquée. Il en est comme s'il suffisait de proférer ses propres certitudes à la manière d'imprécations ; comme si tirer à boulets rouges sur des têtes de turc et boucs émissaires omniprésents autant que muets était assez pour que les choses aient quelque chance d'aller mieux.  Que l'ego de chacun y trouve son compte ou que s'en trouve soulagées des colères justifiées ou non, comment se fait-il que jamais une contribution n'évoque la responsabilité individuelle ou pour le moins la part de responsabilité du contributeur lui-même, en regard de ce qu'il juge aller mal ? Les autres seraient-ils seuls responsables de mes malheurs ? Il faut que le sens des responsabilités soit tombé bien bas pour en être arrivés là ! Et ce n'est pas un phénomènes touchant seulement les overdosés d'assistanat.
Nos responsables semblent s'en soucier autant que de leur première promesse électorale, et se gardent bien de retourner leurs reproches à ceux qui les leur adressent, leurs partisans s'en chargent de la manière communément admise. Ils ont l'excuse d'être absents mais surtout : qui voterait pour quelqu'un qui aurait l'outrecuidance de mettre le nez de l'électeur dans son propre pipi ? l'accuserait d'être un tant soi peu responsable de ses propres malheurs ? Ne s'appliquant pas eux-mêmes l'argument, au-delà de promesses non tenues, les politiques préfèrent se priver de l'argument.
Ainsi de la taxe carbone. Mieux vaut ergoter, polémiquer, que de prendre des dispositions concrètes et rapides, telles que les motive l'urgence. C'est encore le lampiste qui paiera ? L'industrie est exempte de toutes mesures ? Et qui sont les consommateurs des produits de cette industrie ? Faut-il être assez stupide pour s'imaginer que cette même industrie ne répercutera pas dans ses prix des coûts supplémentaires lui étant imposés, serait-ce pour protéger l'environnement. Ceci revient bien au même pour le cochon de payant, non ? Mais jamais l'accent a été mis aussi fortement sur nos responsabilités individuelles ; peut-être le temps est-il venu pour chacun d'entre nous d'en prendre honnêtement conscience et c'est là que le bât blesse.
Même chose pour la désaffection des citoyens à l'égard de représentants que pourtant ils élisent et réélisent, n'en étant pas à une contradiction près. Là encore les joueurs bottent en touche ; là où attendent, imperturbables, sans états d'âme et jamais découragés, les politiques, ceux qui leur servent à la fois d'alibi et d'exutoire.
Plus grave que cette habitude dorénavant ancrée dans nos mœurs de s'en remettre à l'État en tout et pour tout : la disparition de notre aptitude à la remise cause. Sans elle plus aucun progrès n'est possible.Dès lors que cette remise en cause appliquée à soi-même – la seule qui vaille – lui est impossible, l'homme nie avoir au moins autant de devoirs que de droits.


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