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Qui
déclare solennellement entendre user sans
réserve de son droit de
modifier les propos ci-après, au
gré des évènements et de son humeur
Le
pseudo Claudec colle à vos livres comme
à votre personnage. Mais pourquoi un nom de plume ?
Pour justement essayer de coller à ce que j’ai à dire, qui dépasse quelque peu ma banalité quotidienne et personnelle, telle que définie par l’état-civil et l’existence. Et puis, c’est une manière de faire chic et court. Enfin, j’ai le souci de ne pas être gêné dans ma vie privée par ma célébrité à venir ; je prends donc mes précautions.
Quand
et comment vous est venue l’idée de
retranscrire, dans votre tout dernier roman, Voyage de
noces en Italie au
temps des diligences,
récit d’Henri Proust, écrivain du
XIXème siècle ?
Surpris
que vous puissiez qualifier de roman ce à quoi
j’ai cherché au contraire à
conserver son caractère de journal de voyage –bien
qu’il arrive que notre vie tourne
parfois un roman. Quoi qu’il en soit,
l’idée m’est venue de transcrire ces
notes et de les publier, lorsque j’en ai fortuitement
découvert l’existence parmi
des archives familiales. J’ai procédé
à leur arrangement, seulement lorsque
l’état de conservation du manuscrit et autres
difficultés de déchiffrage m’y
ont contraint.
Considérez-vous
cette étude des mœurs
bourgeoises sous fond de carnet de voyage au soleil comme une
parenthèse
littéraire ou comme un nouvelle orientation pour vos
œuvres futures? Vos
précédents ouvrages (Toutes
sauf ma mère, De la rime au cœur, Contes et
histoires
pour les petits et les grands)
étaient très poétiques…
Disons
plutôt
que c’est un préambule ou un exercice
préliminaire. J’ai autoédité
plusieurs
ouvrages en même temps, qui tous attendaient dans un tiroir.
Leur ordre de
publication est par conséquent sans rapport avec la
chronologie de leur
écriture. Celle-ci ayant eu lieu en des temps parfois
reculés, Voyage
de noces
a été comme le
déclencheur de leur mise en forme. Cet exercice de
transcription m’a appris et
encouragé à organiser un texte pour le rendre
publiable.
Quant à
mes œuvres futures, compte tenu du temps qui me reste, je
resterai discret afin
de ne pas provoquer la camarde, qui n’aime pas être
narguée. Sachez simplement
que les tiroirs, aussi bien matériels que virtuels, en sont
pleins. Bien des
choses s’y sont accumulées, qui sont autant de
projets. Avec un peu de chance elles
seront encore l’occasion de quelques occupations somme toute
assez plaisantes.
Ceci dit, je suis ravi que vous qui êtes une femme découvriez dans Toutes sauf ma mère, la poésie qui peut s’y trouver. D’autres femmes qui ont lu cet ouvrage ne l’ont pas décelée, ou ne m’en ont pas fait part. Probablement par manque de romantisme autant que d’humour, qualités qui comme chacun sait manquent à la plupart d’entre elles.
Les
préjugés vous agaçent, la
diversité
vous inspire… est-ce un appel à la
tolérance ?
La certitude
est la vérité des sots (je reste poli), telle est
non pas ma devise, mais ma propre
certitude, laquelle renvoie bien entendu à ma propre
sottise. Ce dont je me
console en considérant que chacun d’entre nous en
porte sa dose. C’est
d’ailleurs principalement à ce titre que nous
devons faire preuve de cette
tolérance que vous évoquez. C’est donc
bien un appel à la tolérance que de
refuser les préjugés. Même si souvent
cette attitude est perçue comme de
l’intransigeance.
C’est ainsi que je considère comme indigne de
tolérance tout individu satisfait
de lui-même, avec pour conséquence de compter peu
d’amis.
Pour la diversité : l’univers, le monde, l’homme … sont diversité. Quelqu’un a même parlé de bordel ambiant. Ne reste plus qu’à avoir reçu le don de curiosité pour s’en repaître et être heureux, quoi qu’il advienne
On
ressent un anti-conformisme puissant
dans vos ouvrages. L’êtes-vous autant dans votre
vie que dans vos écrits ?
Je pense l’être au contraire davantage, mais avec retenue, par éducation, par réserve, par respect d’autrui … et par nécessité. L’anti-conformiste est fatiguant pour ceux qui ne le sont pas. Et ceux qui ne le sont pas sont nombreux. Il faut bien en tenir compte. Les îles désertes sont lointaines, de plus en plus rares et de plus en plus chères.
Si vous pouviez changer une chose dans le monde, que décideriez-vous ?
Je supprimerais la peur, fille de l’ignorance, elle-même proche parente du manque de curiosité et de toutes les habitudes. La fortune, le pouvoir et le sexe sont considérés, à juste titre, comme les moteurs de l’existence. Il faudrait, complémentairement, citer la peur, qui en est le frein. A ce titre toutes les idéologies soi-disant libératrices portent à sourire, elles qui n’ont en réalité comme ambition que de substituer leurs propres peurs à celles des autres.
Que vous a apporté l’autoédition dans votre parcours d’écrivain ?
Nous
sommes tous impatients de
savoir : à quand le prochain ?
Merci de cette impatience que je souhaite aussi fondée que courtoise, mais chaque chose en son temps. D’abord mettre de l’ordre dans l’existant, dans ce qui nécessite d’être soumis à la critique et validé le cas échéant. Le reste suivra, s’il y a lieu et si les circonstances le permettent.
Les projets sont la vie
mais il
arrive un
temps auquel ils sont autant de défis bravant les cieux.