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Voyage autour de ma chambre -
Xavier de
Maistre - Commentaire de Claudec
Par
les temps qui courent – nous sommes
en janvier 2011 et un journaliste que je préfère ne pas nommer vient
de salir sa profession comme les lettres en général –,
la meilleure manière d'échapper au plagiat est encore de relire les
anciens. S'Ils sont eux aussi souvent des plagiaires, quant au fond ou
à la forme, ils le sont d'œuvres et d'auteurs tellement classiques
que les en accuser reviendrait à préférer la chicane à la pensée dans
ce qu'elle a de salutaire et surtout, à méconnaître que si tout a été
dit et écrit, tout doit être sans cesse répété, ne serait-ce qu'en
raison de la faiblesse de notre mémoire et de la submersion de ce qui
nous est utile par ce qui est facile.
Ainsi De Maistre rappelle-t-il, entre autres, La Rochefoucauld lorsqu'il nous parle de ses miroirs et de l'amour propre ou plus précisément de l'amour de soi-même, qui est bien le plus courant en même temps que le plus grand travers de l'homme (sans oublier la femme). Pages savoureuses en tout cas. Tout comme celles dédiées à Rosine, la chienne de l'auteur, ou la part faite à "l'autre", ce double qui sans être notre conscience ni notre âme, réside en chacun d'entre nous et à qui il arrive de nous agacer comme il a inquiété Edgar Poe.
Bien des écrivains ont usé et parfois abusé du genre employé avec bonnheur par Xavier de Maistre, pour nous livrer des réflexions inspirées par leur quotidien et leur environnement, du plus singulier au plus banal, mais si ce n'est pas son seul mérite, le Voyage au tour de ma chambre a dû, quant à lui, frapper par son originalité et un tour auquel bientôt deux siècles n'ont n'ont rien fait perdre d'une fraîcheur qui rabiboche avec la littérature, lorsqu'il lui arrive de nous décevoir.
UTOPIES
? - Dominique Dumolard - Editions Les 2 encres - Commentaire
de Claudec
«
Au cours du XXIe siècle, les individus vont être
confrontés à
d’importants défis socio-économiques.
Il est urgent d’en avoir
conscience, de prendre en main notre destinée, celle de nos
enfants,
sans attendre d’y être contraints par
l’arrivée de multiples
catastrophes. Les systèmes politiques actuels ne pourront
entreprendre
les réformes nécessaires pour faire face
à ces défis sans l’adhésion
des citoyens, sans la pression qu’ils peuvent exercer pour
exiger la
mise en oeuvre de vrais schémas de
société plus justes, plus
solidaires, plus responsables. C’est par le biais seul de
citoyens
éclairés que les changements pourront
réellement s’opérer. »
Ce
qui me semble manquer, dans cette présentation d'un livre
qui prétend
exprimer le bons sens, c'est ... le bon sens (bon sens pouvant
s'entendre comme acuité de l'observation, de l'analyse
et de la synthèse, sur fond de pertinence).
Pourquoi
? D'abord parce qu'il en est comme si rien avait existé
avant
aujourd'hui. Ensuite, parce qu'il suffit de regarder autour de soi pour
constater que :
.
Les individus ont toujours été
confrontés à d'importants défis
socio-économiques ; au point qu'il semble bien que ce soit
le sort de
l'humanité, depuis qu'elle existe.
. Il a toujours
été urgent de
prendre conscience de notre destiné ; ce qui n'a jamais
empêché l'homme
de s'en moquer, en cherchant il est vrai à donner une toute
autre
impression (d'abord à lui-même) mais en
réalité, comme en atteste les
faits et l'histoire dont elle construite, sans se
préoccuper d'autre
chose que de ses peurs, de son
pouvoir, de sa cupidité et des sollicitations de ses sens
(avec leurs innombrables
sous-multiples et dérivés).
.
S'il était possible de désigner des
systèmes politiques ayant par le passé
été
capables d'opérer des réformes pour relever les
défis lancés à l'homme, avec ou sans
"l'adhésion des citoyens" et
mis à
part le progrès technique – mais ce n'est pas de
lui dont il s'agit ici –
cela se saurait et
peut-être pourrions-nous nous en inspirer.
.
La pression des citoyens – dernière expression de
l'homme,
au même titre que
l'homme pourrait-être l'aboutissement du singe –,
éclairés ou non, existe
au quotidien (cf. démocratie, suffrage, etc.) Qu'en
résulte-t'il ? Une aggravation incessante de
l'égoïsme, de
l'irresponsabilité, de la futilité, de la
vanité
... individuelle et collective que ne gênent en rien d'aussi
nombreuses que vaines protestations.
Dommage, car l'auteur
est sympa ... et son message rose et doux comme
un rêve.
Patience
!!! de telles idées contiennent en germe la
révolution
indispensable ; la remise à plat qui s'impose, avec ou
sans casse... Mais n'est-ce pas cela l'utopie ?
Ce qui par contre est ni un rêve ni une utopie, c'est que l'homme est engagé, depuis qu'il existe, dans une démarche inéluctable dont la simple observation du passé suffit à laisser prévoir ce que sera l'avenir.
Erasme, grand humaniste, a nourri en quelque sorte Pascal, La Fontaine et La Bruyère. Montaigne même et Shakespeare s'en sont inspirés.
Ouvrage plus communiste et anticlérical primaire que athée.
Excès de langage faisant de l'athéisme une religion du non-Dieu, aussi radicale et intolérante que les autres, dont l'auteur se fait lui-même grand prêtre, avec tout à la fois l'infaillibilité d'un pape, la violence d'un grand mollah et les certitudes d'un rabbin. Il pontifie tout comme eux, à grand renfort de citations partisanes, de démonstrations réductrices et d'omissions allant de soi. Relents d'intégrisme.
Démontre, s'il en était besoin, que la vanité de ceux qui prétendent se passer des dieux est au moins égale à celle qui habite ceux qui se croient dignes de leur considération.
À
plus
d'un siècle de distance, c'est une actualisation
des attendus de la loi sur la séparation de
l'église et
de l'état, appliquée à
des religions qui n'ont jamais cessé de se faire une guerre
sans
merci et subissant, de
nos jours et comme tout un chacun, les effets de la mondialisation. En
tout cas, bien éloigné de la libre
pensée, ou du
libre
examen auxquels prétend l'auteur.
Peut être lu par qui doute de la raison de ceux qui
prétendent ne jamais avoir tort.
Claudec
- 2004
Passionnante, cette évocation des Écritures et du rôle joué par le peuple juif dans l'avènement d’un Dieu unique. Bien que le titre de l’ouvrage traduise l’amalgame commode qui fait du franchissement d’un degré supplémentaire de la lente évolution de l’intelligence humaine et de l’imagination qu’elle nourrit, la naissance de Dieu, il s’agit bien du degré supérieur auquel ait été porté le moyen suprême qu’a trouvé l'homme pour calmer ses angoisses existentielles.
Quoi qu’il en soit, il a fallu au peuple juif une certaine assurance pour se croire à ce point élu parmi tous ceux qui formaient alors le monde connu, mais cette vanité bien humaine n'est peut-être pas la seule cause de l'invention d'un Dieu unique. Ainsi étaient évacués les problèmes que n'aurait pas manquer poser l'avènement d'une cohorte supplémentaire de dieux spécialisés : autant de sujets de dispute avec des peuples qui avaient déjà les leurs et vis-à-vis desquels il s’agissait de faire preuve d’une supériorité organisatrice favorisant leur domination.
Il n'en demeure pas moins que l'invention est de taille et qu'elle exprime le pas considérable qu'a franchi l'humanité dans son questionnement, quel que soit le peu de profit qu'elle en a tiré et sans que se soit faite pour autant depuis l'unanimité sur le sujet, bien au contraire.
Mais cette lecture porte aussi à voir le dieu des juifs comme le produit récupéré d'une maturation laborieuse menée au cours de millénaires par bien d’autres peuples, et réduit la soudaineté de Sa révélation à une forme propre à frapper les esprits. La novation s’en trouve relativisée d’autant qu’aussi spirituellement élevée qu'elle soit, et quels que soient les efforts de ceux qui s’en sont inspirés par la suite –y introduisant des variantes plus ou moins heureuses– il faut considérer :
– Qu'elle s’est manifestée à l’égard d’un peuple, à une époque et dans des circonstances particulières. Que ce peuple et ses descendants se soient considérés comme investis de la mission sacrée de la pérenniser et y parviennent envers et contre tout, n’est la preuve de rien d’autre que de leur conviction et de leur ténacité.
– Que Yahvé –qu'il s'appelle ainsi ou Élohim– soit le Dieu d'Israël et de nul autre peuple, ajoute à la vanité déjà évoquée un égocentrisme qui sans ôter à Sa dimension universelle s’est avéré favorable à des prétentions expansionnistes. Cf. Réflexion précédente à propos de l'intérêt particulier du monothéisme en tant que moyen de parvenir à ses fins pour un peuple conquérant (Dieu n’a-t-il d’ailleurs pas été et ne continue-t-il pas d’être, sous divers noms, l’un des instruments ou le prétexte de bien d’autres conquêtes ?).
– Que le Dieu unique, est célébré en lieu et place de divinités identifiées jusqu’alors, honorées selon les circonstances et le domaine réservé à chacune d’entre elles, mais qu’il en est profondément marqué. En atteste notamment l’offrande qui lui est faite des victoires guerrières – d’Israël puis de bien d’autres nations, de nos jours y compris. Si cela simplifie il est vrai l’organisation du culte, le changement quant au fond est faible et nous sommes encore loin des paroles d’amour, de paix et de sérénité qui seront progressivement introduites dans le message biblique.
– L'effort d'explication des grands clercs ayant pour but de se concilier la cosmologie, les contradictions fondamentales et définitives apportées à la Genèse et à sa cosmogonie par la science sont de ce point de vue sans appel et les efforts d’explication actualisée des textes n’y changent rien.
– Les manifestations pour le moins contradictoires d'une bonté divine prétendument infinie (introduite postérieurement au judaïsme d'origine, comme déjà souligné) que l'histoire et les progrès de la libre pensée ont rendue toujours plus sujette à réserves.
– Que l'Ecclésiaste peut se concevoir tout bonnement comme une subtilité dialectico-théologique apportant, bien après la diffusion des saintes écritures, des réponses aux insuffisances et contradictions de ces dernières, et que le débat ne pouvait et ne peut encore que susciter. L'Ecclésiaste ne renvoie-t-il pas subrepticement le lecteur aux textes d'origine ? Par les questions que soulève le caractère empreint d'humilité ; sceptique, défaitiste, voire négatif, des questions qu'il pose et des réponses qu'il y apporte, l'Ecclésiaste ne fait effectivement que renvoyer son lecteur aux sources (Yahviste, Document sacerdotal, Deutéronome...). Ce lecteur est ainsi habilement conduit à rechercher dans les textes les plus proche de la révélation, pour y trouver sous l’aiguillon d’une angoisse inchangée depuis la nuit des temps, les vraies réponses, celles que la foi seule rend acceptables, le flou dû à la distance trouvant, à défaut d’éclaircissement, ses explications dans les mystères.
Il est probable que les révélateurs de Dieu et leurs continuateurs ont été suffisamment perspicaces pour envisager que surgirait infailliblement, tôt ou tard, le doute quant à la Vérité qu’ils découvraient. C’est vraisemblablement pour cette raison que l'Antéchrist figure parmi les conséquences et manifestations prévisibles de ce doute. Son annonce s’inscrit bien dans le mécanisme qui généra l'Ecclésiaste, correcteur anticipé des incompréhensions, aberrations et dérives bibliques que le progrès et l’intelligence humaine, grands réducteurs de la crédulité et de la superstition finiraient immanquablement par mettre en évidence. Cet Antéchrist n’a pas la tâche facile car il lui faut non seulement être à la hauteur des prophètes qu’il vient contredire mais compter avec le confort des croyances établies. Il est néanmoins aidé par un progrès dont il est permis de penser qu’il porte en lui son arbitrage, pour le meilleur et pour le pire.
De même la fin de la civilisation judéo-chrétienne et de l’humanité entière est programmée. La sagesse sombrant avec les derniers doutes, tout devrait logiquement s’enchaîner pour conduire à l’anéantissement d’un corps désormais sans esprit. Et que cette disparition doive se produire dans l’apocalypse, voilà encore qui a été prévisible, dès lors que le premier péché a été commis et que le bras du premier assassin a été armé. par Qui et Pourquoi ???
Cela dit, la fin de tout ne sera pas pour autant prononcée et il est bien peu probable que la Vérité soit au bout du chemin de l’humanité. L’univers continuera son mouvement imperturbable, en l’absence des hommes, et de leurs dieux, qu’ils entraîneront avec eux dans un oubli cosmique, à la dimension de son immensité, voire de son infini.
Croire c’est rêver et la foi est-elle autre chose que poésie ? Source d’une invention parmi celles auxquelles les hommes ont de tout temps été entraînés par la nature et par leur nature, se différenciant ainsi des autres espèces –dites inférieures– peuplant la planète. Pluriel ou unique, Dieu n’appartient qu’aux hommes, qui l’honorent selon les circonstances.
Invention suprême en cela qu’elle perfectionne la croyance en une puissance supérieure nécessitée par le besoin d’explication de ses origines manifesté de tout temps par l’être humain qui, comme les autres, naît pour mourir mais en a une conscience affirmée. Invention au demeurant relative, en cela qu’elle ne fait qu’ajouter ou au mieux substituer à une panoplie existante –avec beaucoup de temps et d’ajustements– la notion de Dieu unique. A classer parmi les grandes inventions résultant de l’imagination des hommes, à la différence de plus déductives et plus ou moins subies comme l’agriculture à partir de la cueillette ou l’élevage à partir de la chasse, du feu, de l’électricité, de l’énergie thermique, de la médecine, etc.
En
marge de
ce qui précède et
concernant le nouveau testament, et son catalyseur Jésus,
fils autoproclamé
d'un Dieu unique qui éprouvait certaines
difficultés à se frayer un passage
vers l’esprit des hommes, qu'il soit permis de les
voir : celui-là comme
le prolongement et la mise à jour nécessaire de
l'ancien et Celui-ci comme son
propagateur révolutionnaire, ayant fait don de Sa personne
à l’humanité souffrante
(qui ne le méritait pas davantage à Son
époque qu’aujourd’hui), fondateur
instrumentalisé d'une secte qui a réussi et
produit de nombreux rejets (terme
signifiant, au choix : refus ou excroissances).
Il me reste de cette lecture un sentiment pénible, bien qu'il m'aide à me comprendre moi-même en me faisant percevoir combien j'ai pu être influencé toute ma vie, comme je l’ai déjà dit ailleurs, par ces années de guerre, de violence, de privations, de souffrances de toutes sortes, au demeurant bien plus durement vécues par d'autres que par moi-même. Je ressens un profond chagrin, moins à l'idée rétrospective ou au souvenir de cette époque, traversée avec l'insouciance et l'inconscience d'un enfant, qu'en réaction au sentiment d'un malheur irréparable. L'absurdité de l'homme en ces circonstances, aussi bien par égoïsme que par cruauté; quelles que soient les certitudes au nom desquelles il se soit comporté, me semble avoir franchi, les limites du rachetable. Et rien ne s’est arrangé depuis, bien au contraire.
Ceci me paraît d'autant plus grave que pour en prendre la mesure il faut, à ceux qui n’ont pas vécu cette époque, effectuer un effort de représentation portant sur des événement qu’ils n’ont pas connus et qu’ils ne peuvent imaginer avec justesse. Dans le meilleur des cas, ils tenteront de faire la synthèse d'une information de plus en plus floue, croissant tant en volume qu’en contradictions, au point que la nature et la somme en défient chaque jour un peu plus les possibiltés d'assimilation par le plus grand nombre.
Des événements plus récents seront pour eux les seuls vrais. Ils relégueront au grenier de l’Histoire et des histoires, où elles seront rapidement recouvertes de poussières puis oubliées, les leçons d’une époque dont romanciers comme historiens se nourriront pour dire ce qui ne sera plus que le fruit de leur imagination.Ce qui confère à cette histoire des français sous l’occupation toute sa valeur est le caractère encore crédible de son contenu, rédigé à peu de distance des événements, par quelqu’un qui y a été personnellement mêlé. Il y est fait appel, non seulement à la mémoire de l’auteur ou au résultat de ses études sur le sujet, mais à de nombreux témoignages, assez frais pour n’avoir pas encore été gâtés par l’âge. Ce devrait être un gage de crédibilité pour les générations futures, une iconographie non négligeable s'y ajoutant.
Récit
de nulle part et de
partout. Des barbares d’hier,
d’aujourd’hui, de demain, de toujours, qui ne
sont pas forcément ceux que la puissance désigne.
Des souffrances : nourriture
des bourreaux comme des victimes. Un univers magique, hostile et
angoissant,
au sein duquel existe envers et contre tout la cité et ses
pouvoirs. Un
notable, homme parmi les hommes, qui aime, pense et tente vainement de
réagir et
de préserver sa dignité, sans
désespérer totalement. Est-il vraiment le bon
parmi les gueux ?
Esotérisme au
goût de sable, de cendre et de mort.?
Livre d’une exceptionnelle clarté, écrit par un économiste dont la pensée décapante ignore les idées reçues.
Message
d’espérance
quelque peu
utopique, non pas en raison de l’irréalisme des
principes et méthodes enseignées,
mais compte tenu du point où est parvenue la France, et bien
d’autres pays, dans leur marche
vers un collectivisme qui semble s’ignorer souvent.
Il y est démontré, une fois de
plus et avec brio, que l’économie est porteuse du
social, dans le sens où la
création de richesses est indispensable au financement du
progrès en tout, et
non le contraire.
Est-ce une nouvelle utopie, que celle qui consiste à penser qu’il pourrait être mis fin à la complicité de politiques et de fonctionnaires de toutes tendances dans la spoliation des actifs, et dont le pouvoir dans l’état repose sur la démagogie pratiquée à l’égard de citoyens trompés, dont l’ignorance n’a d’égal que celle de maîtres qui devraient être leurs serviteurs ? Peut-être pas, car au mieux, une réaction de simple bons sens, dictée par la nécessité, se traduira par une révolution (pacifique ?) au terme de laquelle les valeurs seront remises en ordre ou, au pire, lassés d’être spoliés, les actifs fuiront dans de telles proportions que l’économie des pays concernés y perdra le minimum de dynamique nécessaire à leur existence. La fin de l’URSS est riche d’enseignements à ce propos.
Extraits &
citations :
- Que sont la fiscalité et la
réglementation, sinon des atteintes au droit des
personnes ?
- Toute richesse est
nécessairement créée par des efforts
humains de travail, d’épargne,
d’imagination.
- Les socialistes aiment
tellement les pauvres qu’ils n’arrêtent
pas d’en créer.
- … certes on ne leur avait pas
appris à l’ENA, que les emplois étaient
créés par les entreprises et non par
les préfets.
- … les incantations permettent
de se passer de la compréhension de la
réalité.
- … la formation en théorie
économique donnée par l’ENA ne contient
pas suffisamment d’approfondissement
économique pour la plupart de ses étudiants.
- … des gouvernements d’hommes et
femmes sans convictions et dont le credo consiste essentiellement
à céder aux
injonctions d’une bureaucratie syndicale dont la
représentation s’arrête
presque aux frontières de la fonction publique.
- Les véritables fractures
sociales sont, aujourd’hui comme hier, celles qui existent
entre d’une part,
tous ces hommes et ces femmes, riches ou pauvres, qui travaillent, qui
imaginent, qui entreprennent et, d’autre part, ceux qui
vivent de transferts et
de privilèges ; ce sont celles qui existent entre
ces hommes et ces femmes
qui gagnent honnêtement leur vie et tous ceux qui
s’enrichissent par la
corruption ; ce sont celles qui existent entre tous ceux qui
respectent la
parole donnée dans un contrat privé et ceux qui
croient pouvoir oublier leurs
promesses parce qu’ils disposent du pouvoir d’Etat.
Le vrai fossé, c’est celui
qui existe entre une nomenklatura publique, irresponsable et
inamovible, et
tout ce peuple d’hommes et de femmes actifs qui ont
l’angoisse du
lendemain : salariés qui risquent de se retrouver
au chômage, artisans,
petits entrepreneurs suspendus à leurs bilans et
menacés par le fisc,
travailleurs indépendants dont le sort
quotidien dépend de leurs efforts et de leur imagination.
- Chaque emploi est créé par des
efforts humains.
- Parmi les préceptes fondateurs
de la société française
d’aujourd’hui : punissons ceux qui
travaillent beaucoup,
récompensons ceux qui travaillent peu !
- Ce n’est pas la réduction du
temps de travail, mais son augmentation –ainsi que
l’allongement de la vie
professionnelle– qui permettrait aujourd’hui de
résoudre le problème du
chômage, de financer la croissance des dépenses de
protection sociale et de
mieux satisfaire les besoins concrets des individus.
- … la loi de la majorité est
préférable à la loi de la
minorité.
- Il suffit que les médias,
grands spécialistes du larmoyisme social,
propulsent un évènement
particulier à l’attention des masses pour que se
mette en marche la grande
machine de la démocratie émotionnelle et
compassionnelle.
- Il est tout à fait étonnant que
l’on parle continuellement d’une crise du
capitalisme –à partir de quelques
exemples comme celui d’Enron–, alors
qu’on ne parle pas de crise de
l’étatisme, bien que celle-ci soit permanente,
profonde, généralisée et
de grande ampleur.
- C’est par des procédures
d’essais et d’erreurs successifs qu’on
cherche indéfiniment à améliorer le
fonctionnement des organisations privées. Tels est le
rôle éminent du marché
libre et du capitalisme.
- … nous ne prétendons pas qu’il faut
être égoïste, mais seulement
qu’on
a le droit de l’être et, respectueux des droits
d’autrui, que nous ne devons
reprocher à quiconque son égoïsme. Je
dois me défendre contre celui qui porte
atteinte à mes droits légitimes, mais je
n’ai pas à lui reprocher son
égoïsme
éventuel.
-
… en France, où la culture de
la responsabilité a complètement disparue
… on croit qu’il suffit de
créer une autorité de
régulation ou une quelconque haute autorité,
meublée
par les hôtes habituels de la nomenklatura politique et
syndicale, pour
résoudre tous les problèmes.
- … [alors] que nous sommes tous
capables, à titre individuel, de distinguer une action libre
d’une action
forcée … cette distinction fondamentale est
totalement évacuée de la réflexion
économique dominante à notre époque.
- La situation fiscale actuelle
pousse par ailleurs à l’émigration les
plus productifs et les plus innovateurs
et elle freine l’immigration des plus productifs, ce qui
réduit d’autant
les possibilités de croissance et la création
d’emplois rentables.
- Ce sont les individus qui
créent les richesses, l’Etat ne fait que les
déplacer, au gré des majorités
électorales, favorisant les uns aux dépens des
autres et détruisant au passage
les mécanismes subtils qui permettent aux hommes
d’accorder leurs désirs et de
faire croître leurs richesses : c’est
ainsi que la politique sociale détruit les emplois.
- La réduction du temps de
travail, telle qu’elle a été
pratiquée avec la loi des 35 heures …
n’est rien
d’autre qu’un partage du chômage.
- Il ne peut pas y avoir d’abus
dans une société libre, à partir du
moment où les droits sont définis et
défendus.
- Il faut aider les français à
quitter la vision dominante d’inspiration marxiste selon
laquelle les citoyens
seraient membres de classes antagonistes qui lutteraient pour le
partage de la
richesse, alors qu’en réalité
c’est l’Etat qui avive ces antagonismes en
permettant aux citoyens de s’enrichir, non pas par leurs
propres efforts de
création, mais par leurs efforts pour faire jouer le pouvoir
de contrainte de
l’Etat à leur profit.
- A propos de l’Europe :
Construire une supernation aussi oppressive et spoliatrice pour les
citoyens
que le sont la plupart des nations actuelles, tel est le rêve
de bien des
politiciens, qui arrivent même à le faire partager
à leurs futures victimes.
Rien d’étonnant à ce que Pascal Salin,
décrié par une gauche que
scandalise des vérités
dénonçant ses erreurs, n'en trouve pas pour
autant de
réels appuis à droite.
Ouvrage d’un authentique libre-penseur & acteur, type même, à mon sens, d’une espèce d’intellectuels engagés en voie de disparition en occident, formés à l’école des épreuves et difficultés d’une époque elle-même en voie de fossilisation. Pas toujours facile à suivre en dépit de la rectitude de sa pensée, fondée sur la foi : En Dieu, en l’Homme, en la Parole.
Extraits
:
. Nos sociétés industrielles sont
bourrées de croyances
désarrimées, qui oscillent d’un bord
à l’autre. Les dictateurs [savent] les
fixer. Les vendeurs de publicité imprimées, de
produits audio-visuels, ainsi
que les politiciens s’efforcent d’exploiter
ce croyable disponible
. Après 1946, l’intelligentsia
française s’était lancée
dans une entreprise pathétique pour convaincre le
fantôme du peuple de se
réincarner. L’une des explications de cette transe
collective est probablement
que les français ne voulaient pas admettre qu’ils
avaient été assez peu résistants.
En Yougoslavie, c’est bien le peuple qui avait
gagné les montagnes, le peuple
organique, avec ses notables, ses prêtres, ses professeurs et
ses comédiens. En
France ce ne furent que des poignées d’aventuriers
ardents, d’aristocrates
intransigeants sur l’honneur, et principalement des jeunes
gens que le Service
du travail obligatoire contraignit à choisir.
Citations :
. « L’enfer, lieu où
tout le monde parle en
même temps et ne dit plus rien. »
. « Il y a des gens qui tiennent aux
pauvres
parce que ça leur permet d’être
charitables, d’autres parce que ça leur permet
de dire du mal des riches. »
. « Rien n’est plus proche de
l’imposture que
la poésie. »
. « Partout où la technique avance la
parole recule. »
. « Les mots prolifèrent tandis
que les
langues meurent. »
. « En vieillissant, les hommes se
désaccordent,
comme les pianos, mais ils restent persuadés
qu’ils sonnent toujours juste. »
. « Le bourgeois pense selon les autres,
l’homme
libre pense selon soi. »
. « Il faut être brouillé avec
beaucoup de gens si
l’on veut rester fidèle à
l’essentiel de ce que l’on
croit. »
. « Le meilleur moyen de respecter les pauvres est
de ne pas les contaminer. »
. « L’homme se trouve et se grandit dans
la mesure
où il brise les pièges où
l’a enfermé la société sous
le prétexte de
l’instruire et de l’organiser. »
. « Il est devenu plus difficile de prouver
l’existence de l’homme que de prouver
l’existence de Dieu. »
. « Jamais la science ne fondera une
morale. »
. « Aucune culture n’est
supérieure à aucune autre. »
. « Livré aux regards des autres, qui
suis-je ? »
. « La bureaucratie n’est pas le contraire
de la
démocratie, elle est le contraire de
l‘organisation. »
. « Ne confondons pas l’insolence avec la
liberté. »
. « Le crime majeur de l’intellectuel est
de
persuader que tout deviendra clair pourvu qu’on devienne
intelligent. »
Néologisme : Mystagogue
David
Alliot - D'un
Céline l'autre - Commentaire de Claudec
Céline vu autrement - Un homme libre ? - A quel prix !
Et si Céline devait sa célébrité,
davantage encore qu'à son originalité et à son talent, à
l'engouement d'une intelligentsia prompte, à son époque comme
depuis, à porter au pinacle ce qui est nouveau, pourvu que l'opinion
en soit offusquée et que le business y trouve son compte ? Il faut
bien admettre en tout cas que tout autant que de nos lettres, il est
peu d'auteurs qui auront fait à ce point le bonheur et la prospérité
de tant d'acteurs de l'édition, auxquels s'ajoutent maintenant les
commissaires priseurs, à en croire les prix auxquels ont été
adjugés les moindres de ses griffonnages lors de récentes ventes
aux enchères.
Une bonne façon de se faire une idée
est de lire l'excellent ouvrage de David Alliot, "D'un Céline
l'autre". Valant les biographies les plus fouillées, cette
somme impressionnante de témoignages, tant par le nombre que par la
qualité, ne pourra qu'être appréciée, non seulement des
célinistes mais des curieux de l'évolution de notre littérature au
cours du siècle écoulé, de même que de ceux qu'intéresse plus
simplement l'histoire de la France sous l'occupation. Si ce livre est
particulièrement précieux pour parfaire l'idée d'un Céline encore
difficile à situer, dès lors qu'il s'agit d'aller au-delà de son
style, il laisse pourtant en suspens nombre d'interrogations :
L'originalité de Céline était-elle
naturelle ou forcée ? Que doit-elle à une mode intellectuelle
influencée par le Front populaire, possible vulgarisateur d'un
langage argotique dont Céline use d'ailleurs moins que d'un
vocabulaire qu'il crée , même s'il s'en inspire. Dire qu'il préfère
manifestement inventer sa propre langue, à base de la gouaille
parigote qui lui donne des allures d'argot, serait plus juste. À cet
égard, comme sa pratique de l'argot, la comparaison avec Rabelais à
laquelle n'hésitent pas à se hasarder certains de ses contempteurs,
est sujette à réserves et il suffit de penser à sa frugalité pour
la relativiser ; langage populaire, affecté ou non, n'est pas
truculence.
Céline s'est-il exprimé avec toute la
liberté qui lui est généralement prêtée ou a-t-il été
prisonnier de son rôle ? Peut-être aussi était-il de bon ton, dans
un milieu artistique et intellectuel revendiquant, parfois jusqu'à
l'imposture, des origines, voire une culture faubouriennes, de faire
peuple, en précurseurs de bien des bobos d'aujourd'hui, dont
certains n'ont pas manqué, avec un succès inégal, de lui emprunter
son style. Ce pouvait être aussi, afficher ce parisianisme dont ont
toujours été préoccupés les artistes les moins maniérés.
S'expliqueraient de la sorte, au moins pour partie, liberté de mœurs
comme de pensée ou de langage.
Léautaud a-t-il tort quand il qualifie
le style de Céline de fabriqué ? Même s'il se trompe lourdement
quant au manque d'avenir qu'il promet à ses écrits. Toujours est-il
que ceux-ci ont indéniablement marqué plusieurs générations de
lecteurs comme d'écrivains, par cette forme qui, renchérissant sur
le fond, exacerbe les sentiments exprimés.
En tout état de cause, "D'un
Céline l'autre" permet de compléter et de préciser ne
serait-ce que des impressions, parmi lesquelles le sentiment qu'un
auteur, servi par des circonstances qui s'y sont particulièrement
prêtées, s'est composé sa vie durant un personnage que son succès
littéraire l'a grandement encouragé à endosser puis à cultiver
avec conviction et assiduité.
Quant à l'antisémitisme de Céline,
il paraît, avec le recul du temps, être surtout une provocation
servie par l'abus de langage chez lui fréquent mais qui, dans le
contexte de l'époque, l'a piégé et placé dans une situation
qu'ont aggravée et en quelque sorte consolidée des pamphlets dans
lesquels la gesticulation verbale tient souvent lieu d'arguments. En
fait, l'antisémitisme de Céline ne relevait-il pas d'un
ressentiment à caractère personnel, davantage que de considérations
socio-culturelles et économiques ?
Une réactivité extrême, qualifiée
de fulgurance par certains, est présente chez Céline, au point de
constituer une des traits majeurs de sa pensée et de le faire passer
pour un oracle. Mais Céline ne fut-il pas avant tout et simplement,
un anticonformisme, inquiet, anxieux, taraudé par les épreuves
qu'il a connu à la guerre, outre la misère côtoyée au quotidien
dans son exercice de la médecine de dispensaire ? Maladivement
excessif et agité. Il est à la fois visionnaire, lucide et
affabulateur comme se doit de l'être un romancier. Il est aussi un
comédien prisonnier de son personnage de fiction, sous l'effet du
pouvoir que lui confèrent un succès de librairie et une notoriété
qui autorisent les pires extravagances chez nombre de ceux qui, en
étant atteints, s'en font un outil de communication. Il est aussi
influencé en même temps que servi, par cet entourage dont les
membres partagent les affectations et le snobisme de l'époque : la
Butte, la bohème, comme une fantaisie provocatrice, exacerbée par
le souvenir de 14-18, la défaite de 39-40 et l'ordre imposé par les
derniers vainqueurs ; par le populisme comme par des convenances
littéraires et plus largement artistiques.
Céline se révèle être aussi un
besogneux méticuleux, un révolté par compassion et un insurgé
permanent, trop soucieux de son propre quotidien pour aller jusqu'à
l'anarchie. Le choix du Danemark pour y cacher son magot, bien avant,
semble-t-il, qu'il soit menacé par la résistance ou le naufrage du
Reich, n'est-il pas, autant qu'une démonstration de l'aptitude de
Céline à pressentir l'évènement, la preuve de la reconnaissance
par lui-même de prises de positions dont il mesurait parfaitement la
portée comme les conséquences ?
Il en est depuis comme si les
inconditionnels de Céline comme de bien d'autres écrivains et
artistes, succombaient au charme de ce qui est de l'agitation,
oubliant que la sérénité est la première exigence de la lucidité
prêtée à nombre d'entre eux, dont Céline précisément. Pourtant,
qu'une curiosité d'ordre littéraire, sociologique, voire
anthropologique puisse porter à considérer de tels individus comme
dignes de l'intérêt qui leur est porté est une chose,
l'originalité de leurs styles respectifs en est une autre, en faire
des héros des lettres, fut-ce au nom du progrès, en est une autre
encore.
Notons enfin que si Céline était à
la recherche d'une plus grande simplicité du langage, comme en
atteste le détail révélateur qu'est son avis sur l'emploi du
point-virgule (;), opinion dont il n'a d'ailleurs pas l'exclusivité,
il est permis de s'interroger quant à la mesure dans laquelle il y
parvient. En effet, ceux qui ont fait son succès, tant par l'éloge
que par le dénigrement, ont appartenu à un cénacle ; ont
représenté une élite ne devant en aucun cas être confondue avec
le peuple au nom duquel Céline se serait exprimé en transcrivant
son parler. En tout cas, pour ceux qui l'ont abordé et le lisent
encore sans préparation littéraire suffisante, Céline n'a jamais
été d'un abord facile.
Certes, si Céline a été le plus ou
moins naïf inventeur d'un nouveau langage, il a été aussi le
propagateur simpliste d'une idéologie simplissime, dont il reconnaît
finalement, sous l'effet de sa compassion, rugueuse et travestie, à
l'égard de toutes les misères du monde, le caractère condamnable.
De quoi mettre en évidence une facette plutôt favorable du
personnage.
Extraits et citations de Céline,
lui étant attribuées par l'auteur de l'ouvrage et les témoins
auxquels il se réfère.
« Comment se fabriquent, je vous
demande, les idoles dont se peuplent tous les rêves des générations
d'aujourd'hui ? Comment le plus infime crétin, le canard le plus
rebutant, la plus désespérante donzelle, peuvent-ils se muer en
dieux ?... déesse ? recueillir plus d'âmes en un jour que
Jésus-Christ en deux mille ans ?... Publicité ! » Céline
« ... il me semble à bien peser que
35 heures c'est le maxumum par bonhomme et par semaine ... » Céline
« Le niveau français, c'est la boîte
à ordures ... » Céline
« La vie est une aventure dont on ne
sort pas vivant. » Céline
« Le monde est parti pour des guerres
féroces,de plus en plus féroces. Pas près d'en finir. Maintenant
c'est la guerre civile entre blancs. Après ce sera la guerre des
races... la vraie, la définitive. » Céline
« ... les vaincus ont toujours tort et
la droite ne ramasse jamais ses blessés. » Céline
« Les morts veulent-ils entendre autre
chose que : au revoir, à bientôt. » Céline
« J'avoue que je serai content quand
je mourrai. Mais de la mort la moins douloureuse. Je suis pas
assoiffé de souffrance. » Céline
« Il y a ceux qui créent, et puis
ceux qui vivent. On ne peut pas faire les deux à la fois. » Céline
« La liberté n'existe que pour ceux
qui sont complètement détachés du monde. qui s'en foutent.Mais
cela, le monde ne le supporte pas, et le considère même comme le
pire crime. » Céline
« Il faut choisir : vivre ou
travailler. Ils veulent vivre les cons. Moi je travaille. » Céline
« Il faut être bien membré pour
produire quelque chose. Bien membré ... » Céline
« Ce sont les surfaces les plus lisses
qui prennent le mieux la peinture. » Céline
« Ce n'est pas la masse qui fait les
grandes révolutions morales où se retrempe l'âme d'un pays, mais
une petite élite »(Darquier de pellepoix)
« ... maniaque de l'originalité, un
homme qui se voulait déconcertant à n'importe quel prix ; très
fort d'un point de vue théorique, mais incohérent ... » (Eitel
Friedrich Mœllhausen)
« Je crois pouvoir assurer que le
sentiment dominant de Céline, devant le spectacle du monde actuel,
était le désespoir, à condition qu'on attache à ce mot rien de
grimaçant ni de convulsif, et que l'on comprenne qu'il peut y avoir
un désespoir noir et serein, celui qui vient conclure logiquement
les réflexions d'une pensée droite, probe et forte. » (Abel
Bonnard)
« Il faut que je me dépêche de
l'évoquer encore, car son image s'efface. Du moins son image vraie,
que remplace progressivement sa légende. Et demain l'horizon
littéraire du XXe siècle sera dominé par un faux
Céline, qu'il aura suscité lui-même, moitié avec ses livres, où
traine, ricane, bêtifie et tempête bien sincèrement le malin
Bardamu, sous son masque d'énergumène, moitié avec le personnage
de tragi-comédie que Louis Destouches, pour tromper ses semblables,
a joué durant les quinze dernières années de sa vie. C'est un
homme qui s'est mis en colère et puis qui a pris peur. » (Robert
Poulet)
« Ce misanthrope aimait qu'on lui
fournit l'occasion de se justifier. » (Louis-Albert Zbinden)
« En lui je vénérais la Pauvreté,
le prestige du Martyre. » (Marcel Jouhandeau)
« Il y avait d'un côté les artistes
– l'art étant inséparable de la souffrance, donc très peu de
monde – et de l'autre côté l'innombrable et malheureux troupeau
des jouisseurs bourrés d'illusions et marchant au clairon. »
(Jacques d'Arribehaude)