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Excès de langage faisant de l'athéisme une religion du non-Dieu, aussi radicale et intolérante que les autres, dont l'auteur se fait lui-même grand prêtre, avec tout à la fois l'infaillibilité d'un pape, la violence d'un grand mollah et les certitudes d'un rabbin. Il pontifie tout comme eux, à grand renfort de citations partisanes, de démonstrations réductrices et d'omissions allant de soi. Relents d'intégrisme.
Démontre, s'il en était besoin, que la vanité de ceux qui prétendent se passer des dieux est au moins égale à celle qui habite ceux qui se croient dignes de leur considération.
À plus d'un siècle de distance, c'est une actualisation
des attendus de la loi sur la séparation de l'église et de l'état, appliquée à
des religions qui n'ont jamais cessé de se faire une guerre sans merci et subissant, de
nos jours et comme tout un chacun, les effets de la mondialisation. En tout cas, bien éloigné de la libre pensée, ou du libre
examen auxquels prétend l'auteur.
Peut être lu par qui doute de la raison de ceux qui prétendent ne jamais avoir tort.
Passionnante, cette évocation
des Écritures et du rôle joué par le peuple juif dans l'avènement d’un Dieu unique.
Bien que le titre de l’ouvrage traduise l’amalgame commode qui fait du
franchissement d’un degré supplémentaire de la lente évolution de
l’intelligence humaine et de l’imagination qu’elle nourrit, la naissance de
Dieu, il s’agit bien du degré supérieur auquel ait été porté le moyen suprême qu’a
trouvé l'homme pour calmer ses angoisses existentielles.
Quoi qu’il en soit, il a fallu au peuple juif une
certaine assurance pour se croire à ce point élu parmi tous ceux qui formaient
alors le monde connu, mais cette vanité bien humaine
n'est peut-être pas la seule cause de l'invention d'un Dieu unique. Ainsi étaient
évacués les problèmes que n'aurait pas manquer de poser l'avènement d'une
cohorte supplémentaire de dieux spécialisés ; autant de sujets de dispute
avec des peuples qui avaient déjà les leurs et vis-à-vis desquels il s’agissait
de faire preuve d’une supériorité organisatrice favorisant leur domination.
Il n'en demeure pas moins que l'invention est de
taille et qu'elle exprime le pas considérable qu'a franchi l'humanité dans son questionnement,
quel que soit le peu de profit qu'elle en a tiré et sans que se soit faite
pour autant depuis l'unanimité sur le sujet, bien au contraire.
Mais cette lecture porte aussi à voir le dieu des
juifs comme le produit récupéré d'une
maturation laborieuse menée au cours de millénaires par bien d’autres peuples, et
réduit la soudaineté de Sa révélation à une forme propre à frapper les esprits.
La novation s’en trouve relativisée d’autant qu’aussi spirituellement élevée
qu'elle soit, et quels que soient les efforts de ceux qui s’en sont inspirés
par la suite – y introduisant des variantes plus ou moins heureuses – il faut
considérer :
– Qu'elle s’est manifestée à l’égard d’un peuple, à
une époque et dans des circonstances particulières. Que ce peuple et ses
descendants se soient considérés comme investis de la mission sacrée de la
pérenniser et y parviennent envers et contre tout, n’est la preuve de rien
d’autre que de leur conviction et de leur ténacité.
– Que Yahvé – qu'il s'appelle ainsi ou Élohim – soit
le Dieu d'Israël et de nul autre peuple, ajoute à la vanité déjà évoquée un
égocentrisme qui sans ôter à Sa dimension universelle s’est avéré favorable à des
prétentions expansionnistes. Cf. Réflexion précédente à propos de l'intérêt
particulier du monothéisme en tant que moyen de parvenir à ses fins pour un
peuple conquérant (Dieu n’a-t-il d’ailleurs pas été et ne continue-t-il pas
d’être, sous divers noms, l’un des instruments ou le prétexte de bien d’autres
conquêtes ?).
– Que le Dieu unique, est célébré en lieu et place de
divinités identifiées jusqu’alors, honorées selon les circonstances et le
domaine réservé à chacune d’entre elles, mais qu’il en est profondément marqué.
En atteste notamment l’offrande qui lui est faite des victoires guerrières – d’Israël
puis de bien d’autres nations, de nos jours y compris . Si cela simplifie il
est vrai l’organisation du culte, le changement quant au fond est faible et
nous sommes encore loin des paroles d’amour, de paix et de sérénité qui seront progressivement
introduites dans le message biblique.
– L'effort d'explication des grands clercs ayant pour
but de se concilier la cosmologie ; les contradictions fondamentales et
définitives apportées à
– Les manifestations pour le moins contradictoires
d'une bonté divine prétendument infinie (introduite postérieurement au judaïsme
d'origine, comme déjà souligné) que l'histoire et les progrès de la libre
pensée ont rendue toujours plus sujette à réserves.
– Que l'Ecclésiaste peut se concevoir tout bonnement
comme une subtilité
dialectico-théologique apportant, bien après la diffusion des saintes écritures,
des réponses aux insuffisances et contradictions de ces dernières, et que le
débat ne pouvait et ne peut encore que susciter. L'Ecclésiaste ne renvoie-t-il
pas subrepticement le lecteur aux textes d'origine ? Par les questions que
soulève le caractère empreint d'humilité ; sceptique, défaitiste, voire
négatif, des questions qu'il pose et des réponses qu'il y apporte, l'Ecclésiaste
ne fait effectivement que renvoyer son lecteur aux sources (Yahviste, Document
sacerdotal, Deutéronome...). Ce lecteur est ainsi habilement conduit à rechercher
dans les textes les plus proche de la révélation, pour y trouver sous
l’aiguillon d’une angoisse inchangée depuis la nuit des temps, les
« vraies » réponses ; celles que la foi seule rend acceptables, le
flou dû à la distance trouvant, à défaut d’éclaircissement, ses explications
dans les mystères.
Il
est probable que les révélateurs de Dieu et leurs continuateurs ont été
suffisamment perspicaces pour envisager que surgirait infailliblement, tôt ou
tard, le doute quant à la « Vérité » qu’ils découvraient. C’est vraisemblablement
pour cette raison que l'Antéchrist figure parmi les conséquences et
manifestations prévisibles de ce doute. Son annonce s’inscrit bien dans le
mécanisme qui généra l'Ecclésiaste, correcteur anticipé des incompréhensions,
aberrations et dérives bibliques que le progrès et l’intelligence humaine,
grands réducteurs de la crédulité et de la superstition finiraient
immanquablement par mettre en évidence. Cet Antéchrist n’a pas la tâche facile
car il lui faut non seulement être à la hauteur des prophètes qu’il vient
démentir mais compter avec le confort des croyances établies. Il est néanmoins
aidé par un progrès dont il est permis de penser qu’il porte en lui son
arbitrage, pour le meilleur et pour le pire.
De
même la fin de la civilisation judéo-chrétienne et de l’humanité entière est
programmée. La sagesse sombrant avec les derniers doutes, tout devrait
logiquement s’enchaîner pour conduire à l’anéantissement d’un corps désormais
sans esprit. Et que cette disparition doive se produire dans l’apocalypse,
voilà encore qui a été prévisible, dès lors que le premier péché a été commis
et que le bras du premier assassin a été armé : par Qui et Pourquoi ???
Cela
dit, la fin de tout ne sera pas pour autant prononcée et il est bien peu
probable que
Croire
c’est rêver et la foi est-elle autre chose que poésie ? Source d’une invention
parmi celles auxquelles les hommes ont de tout temps été entraînés par la
nature et par leur nature, se différenciant ainsi des autres espèces –dites
inférieures– peuplant la planète.
Pluriel ou unique, Dieu n’appartient qu’aux hommes, qui l’honorent selon les
circonstances.
Invention
suprême en cela qu’elle perfectionne la croyance en une puissance
supérieure nécessitée par le besoin d’explication de ses origines manifesté de
tout temps par l’être humain qui, comme les autres, naît pour mourir mais en a
une conscience affirmée. Invention au demeurant relative, en cela qu’elle ne
fait qu’ajouter ou au mieux substituer à une panoplie existante –avec beaucoup
de temps et d’ajustements– la notion de Dieu unique. A classer parmi les
grandes inventions résultant de l’imagination des hommes, à la différence de plus
déductives et plus ou moins subies comme l’agriculture à partir de la
cueillette ou l’élevage à partir de la chasse ; du feu, de l’électricité,
de l’énergie thermique, de la médecine, etc.
En
marge de ce qui précède et concernant le nouveau testament, et son catalyseur
Jésus, fils autoproclamé d'un Dieu unique qui éprouvait certaines difficultés à
se frayer un passage vers l’esprit des hommes, qu'il soit permis de les
voir : celui-là comme le prolongement et la mise à jour nécessaire de
l'ancien et Celui-ci comme son propagateur révolutionnaire, ayant fait don de Sa
personne à l’humanité souffrante (qui ne le méritait pas davantage à Son époque
qu’aujourd’hui), fondateur instrumentalisé d'une secte qui a réussi et produit
de nombreux rejets (terme signifiant, au choix : refus ou excroissances).
Récit de nulle part et de
partout. Des barbares d’hier, d’aujourd’hui, de demain, de toujours, qui ne
sont pas forcément ceux que la puissance désigne. Des souffrances : nourriture
des bourreaux comme des victimes. Un univers magique, hostile et angoissant,
au sein duquel existe envers et contre tout la cité et ses pouvoirs. Un
notable, homme parmi d’autres, qui aime, pense et tente vainement de réagir et
de préserver sa dignité, sans désespérer totalement. Est-il vraiment le bon
parmi les gueux ?
Esotérisme au goût de sable, de cendre et de mort.?
A lire et relire
Un livre d’une exceptionnelle clarté, écrit par un économiste dont la pensée décapante ignore les idées reçues.
Message d’espérance quelque peu
utopique, non pas en raison de l’irréalisme des principes et méthodes enseignées,
mais compte tenu du point où est parvenue
Il y est démontré, une fois de
plus et avec brio, que l’économie est porteuse du social, dans le sens où la
création de richesses est indispensable au financement du progrès en tout, et
non le contraire.
- Que sont la fiscalité et la
réglementation, sinon des atteintes au droit des personnes ?
- Toute richesse est
nécessairement créée par des efforts humains de travail, d’épargne,
d’imagination.
- Les socialistes aiment
tellement les pauvres qu’ils n’arrêtent pas d’en créer.
- … certes on ne leur avait pas
appris à l’ENA, que les emplois étaient créés par les entreprises et non par
les préfets.
- … les incantations permettent
de se passer de la compréhension de la réalité.
- … la formation en théorie
économique donnée par l’ENA ne contient pas suffisamment d’approfondissement
économique pour la plupart de ses étudiants.
- … des gouvernements d’hommes et
femmes sans convictions et dont le credo consiste essentiellement à céder aux
injonctions d’une bureaucratie syndicale dont la représentation s’arrête
presque aux frontières de la fonction publique.
- Les véritables fractures
sociales sont, aujourd’hui comme hier, celles qui existent entre d’une part,
tous ces hommes et ces femmes, riches ou pauvres, qui travaillent, qui
imaginent, qui entreprennent et, d’autre part, ceux qui vivent de transferts et
de privilèges ; ce sont celles qui existent entre ces hommes et ces femmes
qui gagnent honnêtement leur vie et tous ceux qui s’enrichissent par la
corruption ; ce sont celles qui existent entre tous ceux qui respectent la
parole donnée dans un contrat privé et ceux qui croient pouvoir oublier leurs
promesses parce qu’ils disposent du pouvoir d’Etat. Le vrai fossé, c’est celui
qui existe entre une nomenklatura publique, irresponsable et inamovible, et
tout ce peuple d’hommes et de femmes actifs qui ont l’angoisse du
lendemain : salariés qui risquent de se retrouver au chômage, artisans,
petits entrepreneurs suspendus à leurs bilans et menacés par le fisc,
travailleurs indépendants dont le sort
quotidien dépend de leurs efforts et de leur imagination.
- Chaque emploi est créé par des
efforts humains.
- Parmi les préceptes fondateurs
de la société française d’aujourd’hui : punissons ceux qui travaillent beaucoup,
récompensons ceux qui travaillent peu !
- Ce n’est pas la réduction du
temps de travail, mais son augmentation –ainsi que l’allongement de la vie
professionnelle– qui permettrait aujourd’hui de résoudre le problème du
chômage, de financer la croissance des dépenses de protection sociale et de
mieux satisfaire les besoins concrets des individus.
- … la loi de la majorité est
préférable à la loi de la minorité.
- Il suffit que les médias,
grands spécialistes du larmoyisme social, propulsent un évènement
particulier à l’attention des masses pour que se mette en marche la grande
machine de la démocratie émotionnelle et compassionnelle.
- Il est tout à fait étonnant que
l’on parle continuellement d’une crise du capitalisme –à partir de quelques
exemples comme celui d’Enron–, alors qu’on ne parle pas de crise de
l’étatisme, bien que celle-ci soit permanente, profonde, généralisée et
de grande ampleur.
- C’est par des procédures
d’essais et d’erreurs successifs qu’on cherche indéfiniment à améliorer le
fonctionnement des organisations privées. Tels est le rôle éminent du marché
libre et du capitalisme.
- … nous ne prétendons pas qu’il faut être égoïste, mais seulement qu’on
a le droit de l’être et, respectueux des droits d’autrui, que nous ne devons
reprocher à quiconque son égoïsme. Je dois me défendre contre celui qui porte
atteinte à mes droits légitimes, mais je n’ai pas à lui reprocher son égoïsme
éventuel.
- … en France, où la culture de
la responsabilité a complètement disparue … on croit qu’il suffit de créer une autorité de régulation ou une quelconque haute autorité, meublée
par les hôtes habituels de la nomenklatura politique et syndicale, pour
résoudre tous les problèmes.
- … [alors] que nous sommes tous
capables, à titre individuel, de distinguer une action libre d’une action
forcée … cette distinction fondamentale est totalement évacuée de la réflexion
économique dominante à notre époque.
- La situation fiscale actuelle
pousse par ailleurs à l’émigration les plus productifs et les plus innovateurs
et elle freine l’immigration des plus productifs, ce qui réduit d’autant
les possibilités de croissance et la création d’emplois rentables.
- Ce sont les individus qui
créent les richesses, l’Etat ne fait que les déplacer, au gré des majorités
électorales, favorisant les uns aux dépens des autres et détruisant au passage
les mécanismes subtils qui permettent aux hommes d’accorder leurs désirs et de
faire croître leurs richesses : c’est ainsi que la politique sociale détruit les emplois.
- La réduction du temps de
travail, telle qu’elle a été pratiquée avec la loi des 35 heures … n’est rien
d’autre qu’un partage du chômage.
- Il ne peut pas y avoir d’abus
dans une société libre, à partir du moment où les droits sont définis et
défendus.
- Il faut aider les français à
quitter la vision dominante d’inspiration marxiste selon laquelle les citoyens
seraient membres de classes antagonistes qui lutteraient pour le partage de la
richesse, alors qu’en réalité c’est l’Etat qui avive ces antagonismes en
permettant aux citoyens de s’enrichir, non pas par leurs propres efforts de
création, mais par leurs efforts pour faire jouer le pouvoir de contrainte de
l’Etat à leur profit.
- A propos de l’Europe :
Construire une supernation aussi oppressive et spoliatrice pour les citoyens
que le sont la plupart des nations actuelles, tel est le rêve de bien des
politiciens, qui arrivent même à le faire partager à leurs futures victimes.
Rien d’étonnant à ce que Pascal Salin, décrié par une gauche que
scandalise des vérités dénonçant ses erreurs, ait tant de mal à trouver de
réels appuis à droite.
Ouvrage d’un authentique libre-penseur & acteur, type même, à mon sens, d’une espèce d’intellectuels engagés en voie de disparition, formés à l’école des épreuves et difficultés d’une époque elle-même en voie de fossilisation. Pas toujours facile à suivre en dépit de la rectitude de sa pensée, fondée sur la foi : En Dieu, en l’Homme, en la Parole.
Extraits :
. Nos sociétés industrielles sont bourrées de croyances
désarrimées, qui oscillent d’un bord à l’autre. Les dictateurs [savent] les
fixer. Les vendeurs de publicité imprimées, de produits audio-visuels, ainsi
que les politiciens s’efforcent d’exploiter ce croyable disponible
. Après 1946, l’intelligentsia française s’était lancée
dans une entreprise pathétique pour convaincre le fantôme du peuple de se
réincarner. L’une des explications de cette transe collective est probablement
que les français ne voulaient pas admettre qu’ils avaient été assez peu résistants.
En Yougoslavie, c’est bien le peuple qui avait gagné les montagnes, le peuple
organique, avec ses notables, ses prêtres, ses professeurs et ses comédiens. En
France ce ne furent que des poignées d’aventuriers ardents, d’aristocrates
intransigeants sur l’honneur, et principalement des jeunes gens que le Service
du travail obligatoire contraignit à choisir.
Citations :
. « L’enfer, lieu où tout le monde parle en
même temps et ne dit plus rien. »
. « Il y a des gens qui tiennent aux pauvres
parce que ça leur permet d’être charitables, d’autres parce que ça leur permet
de dire du mal des riches. »
. « Rien n’est plus proche de l’imposture que
la poésie. »
. « Partout où la technique avance la parole recule. »
. « Les mots prolifèrent tandis que les
langues meurent. »
. « En vieillissant, les hommes se désaccordent,
comme les pianos, mais ils restent persuadés qu’ils sonnent toujours juste. »
. « Le bourgeois pense selon les autres, l’homme
libre pense selon soi. »
. « Il faut être brouillé avec beaucoup de gens si
l’on veut rester fidèle à l’essentiel de ce que l’on croit. »
. « Le meilleur moyen de respecter les pauvres est
de ne pas les contaminer. »
. « L’homme se trouve et se grandit dans la mesure
où il brise les pièges où l’a enfermé la société sous le prétexte de
l’instruire et de l’organiser. »
. « Il est devenu plus difficile de prouver
l’existence de l’homme que de prouver l’existence de Dieu. »
. « Jamais la science ne fondera une morale. »
. « Aucune culture n’est supérieure à aucune autre. »
. « Livré aux regards des autres, qui suis-je ? »
. « La bureaucratie n’est pas le contraire de la
démocratie, elle est le contraire de l‘organisation. »
. « Ne confondons pas l’insolence avec la liberté. »
. « Le crime majeur de l’intellectuel est de
persuader que tout deviendra clair pourvu qu’on devienne intelligent. »
Néologisme : Mystagogue