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Contes & histoires courtes pour les petits et les grands Contes, nouvelles et récits
Voyage de noces en Italie au temps des diligences Récit de voyage d'après un manuscrit datant de 1854
Fleurir leur tombe Poème commémoratif du 6 juin 1944
Toutes sauf ma mère Essai, citations
De la rime au cœur Poésie



                Contes & histoires courtes pour les petits et les grands





Contes, récits et nouvelles - ©
15,6 x 23,4 cm - 165 pages - ISBN 978-2-9529-1132-0





Parmi les définitions officielles de la nouvelle en tant que genre littéraire, celle du Vocabulaire des études littéraires, de Hachette, en vaut bien une autre. C’est un « récit centré en général autour d'un seul événement dont il étudie les répercussions psychologiques ; personnages peu nombreux qui, à la différence du conte, ne sont pas des symboles ou des êtres irréels, mais possèdent une réalité psychologique : cependant, à la différence du roman, leur psychologie n'est pas étudiée tout entière, mais simplement sous un aspect fragmentaire. La nouvelle cherche à produire une impression de vie réelle.»

Le conte, lui, s’éloigne de la vie réelle, comme si cette dernière ne suffisait pas à nourrir notre imaginaire, ou plus exactement, comme si notre besoin de rêve exigeait une fiction affranchie des banalités de l’existence au point d’accepter le plus invraisemblable, le plus insolite, le plus merveilleux.

L’histoire – et non pas l’Histoire –, selon Claudec, c’est un peu tout cela à la fois, échappant aux définitions recherchées, savantes et précises. 
C’est ce qu’évoquent pour lui les enfants lorsqu’ils demandent :  


— Raconte moi une histoire.       











Table des matières assortie d'extraits
 

Avertissement

Le loup va mourir… Il est presque mort ! Rien d’étonnant, ils en ont tous tellement peur ! Mais ils ont peur de tout et je suis bien un peu comme eux, moi qui crains que Harry soit en train de l’achever pour prendre sa place, avec l’aide de sorciers venus d’ailleurs…

La charrette engloutie

… Pour l’heure, courbé en avant, appuyé sur son bâton, sa longue moustache grise dégoulinant de pluie en dépit de la protection que lui offrait le rebord de son large chapeau de feutre sans couleurs, il marchait sur le chemin du retour suivi du Bossu, son valet. C’était un pauvre bougre de l’assistance qu’ils avaient recueilli tout gamin il y aurait bientôt vingt cinq ans. Difforme, jamais malade, pratiquement muet, dur à la tâche, il aidait sans rechigner à tous les travaux que les saisons enchaînaient. Pour l’heure, trempé jusqu'aux os, sous son béret qui le coiffait comme une calotte, il marchait dans les pas de son maître….

Le meuble à secret

... Ce qu’ils avaient par contre découvert, c’est que ce meuble avait un secret. Durant une de ses longues absences, notre capitaine avait en effet omis d’en fermer à clé le couvercle, comme il le faisait habituellement. Le plus audacieux des trois enfants en avait profité pour essayer de satisfaire sa curiosité mais ce fut peine perdue. Le meuble ne contenait apparemment rien d’autre que des objets dont la banalité ne pouvait expliquer le fait que le grand-père fit preuve d’autant de discrétion pour l’ouvrir. Que pouvait-il donc renfermer ? Quel objet contenait-il donc, dont la taille devait être assez réduite pour y trouver place ? De l’argent, de l’or, des pierres précieuses ? Quelque carte marine aux inscriptions énigmatiques, nécessaires au voyage qui allait s’accomplir ? Une arme, dont l’aventurier jugeait utile de se munir pour faire face à des dangers imprévisibles et à propos desquels il ne voulait pas inquiéter les siens. À moins qu’il se soit agi d’instructions hautement confidentielles concernant le chargement ou la destination du navire qui l’attendait à quai, prêt à larguer les amarres…

Une vie de chien

… Lorsque certain de son propre réveil il eut pris sa décision, il jeta sur la salle et ses occupants un oeil à la fois curieux et distrait et il me sembla même qu’il fit semblant de ne pas me remarquer, moi qui était pourtant son plus proche voisin. Toujours allongé sur le flanc, après avoir étiré ses quatre membres avec une majesté nonchalante qui rappelait celle du lion achevant sa sieste, il se laissa tomber de la banquette. D'un imperceptible balancement de tout le corps, dont la maîtrise fit naître chez moi ni plus ni moins que de l'admiration, il bascula pour se recevoir en souplesse sur le sol carrelé. Il y fit deux ou trois exercices de mise en forme : élongation des pattes avant dans un premier temps, des postérieures ensuite, puis passa à une toilette qui consista en un grattement consciencieux de ses flancs et de ce qu'il pouvait atteindre de son ventre et de ses oreilles, le tout suivi d'un vigoureux ébrouement, probablement destiné à partager les puces qu'il avait pu déranger…

Châteaux en Périgord

... Bien des lieux s’offraient à Sa vue, qui Lui parurent mériter de porter les joyaux dont Il était pourvu et il serait fastidieux de les décrire. Qu’il nous suffise de considérer qu’Il les dota l’un après l’autre avec un soin et un goût dont Lui seul était capable. Fontainebleau, par exemple : qui a jamais vu un château mieux composé et disposé ; au centre d’une vaste forêt, avec ses jardins, ses cours pavées et ses pièces d’eau ? Et Saint-Germain, perché sur ses hauts, dominant le pays alentour ? Et Pierrefonds, dissimulé au fond de ses sombres futaies, ce qui convient si bien à sa sévérité, en dépit des efforts discutables d’un certain Viollet-le-Duc pour le mettre en lumière ? Et Chantilly, se donnant avec succès les airs d’un grand, avec ses vastes esplanades, ses immenses prairies et sa forêt proche ? …

Les marmites

… Les chaises paillées, éléments volants du mobilier, étaient disposées en divers endroits de la pièces ou aux extrémités de la table dans la journée, et faisaient le plus souvent face au foyer le soir, à l’heure de la veillée. C’était cet heureux moment, que la plupart des enfants comme les adultes ne connaissent hélas plus, durant lequel la famille et parfois les voisins se retrouvaient pour échanger les derniers ragots ou écouter quelqu'histoire contée par un ancien. Quand l’automne était venue, les châtaignes brûlantes occupaient les doigts de l’auditoire. C’était aussi, parfois, l’occasion de confectionner l’ancêtre du pop-corn, ces grains de maïs éclatés dans la pelle à cendre, tenue sur la braise par le veinard qui avait ainsi le droit chichement accordé de toucher au feu…
… La plus encombrante des marmites avait sa place dehors, à proximité du perron. Elle servait à cuire la nourriture du cochon et des oies et en particulier le maïs destiné au gavage de ces dernières. Reposant sur trois grands pieds entre lesquels était directement fait le feu, elle était comme une cousine éloignée des autres marmites du ménage. Elle en vivait à l'écart, au pied du perron qui donnait sur la cour. C’est dans cette grande marmite que, selon le grand-père, Cornecul faisait bouillir de l'eau à sa manière, lorsqu'il lui arrivait de laisser s'éteindre son feu ou quand il manquait d'allumettes. Un sacré débrouillard ce Cornecul ! Un malin comme il n'en existe plus ! …
 
Le pain des pauvres
... il sortait de sa poche puis tendait les cartes d’alimentation à la boulangère en demandant : — Est-ce que je peux avoir du pain s’il vous plaît ?
La femme, bien que sachant que les tickets n’auraient pu être utilisés chez un de ses concurrents, vérifiait leur existence avant de prendre ses vieux ciseaux de coiffeur couverts de points de rouille noircie. Ces ciseaux étaient bien commodes pour découper les tickets dans les cartes d’alimentation, à cause de la précision que leur conféraient leurs extrémités pointues. Ils étaient pour cette raison en usage chez la plupart des commerçants.
Elle demandait après sa rapide vérification :
— Vous avez droit à trois cents grammes, c’est çà que tu veux ? Des fois qu’un heureux coup du sort, une rentrée d’argent aussi subite qu’invraisemblable, lui eut permis d’acheter un supplément au prix fort…

Le loup de la Double
… C’était un grand escogriffe de loup, tout efflanqué, qui avait commis de nombreux méfaits dans la région. Il y avait gagné quelques plombs, servis par tous ceux qui ne voulant rien savoir des raisons qui l'animaient, se contentaient de lui donner la chasse. L'accueil était partout le même et la malheureuse bête était comme condamnée à la férocité par ceux-là mêmes qui la lui reprochaient et avaient à s'en plaindre. Ils ne tenaient aucun compte, quand elle s'en prenait à leurs troupeaux, de ce qu’elle avait, tout comme eux, une famille à nourrir. 
C'était l’hiver ; il faisait un froid à fendre les cailloux et mon charbonnier de grand-père était tout occupé à abattre des arbres du côté de Saint André. Il s'était levé de bon matin, alors qu’il faisait encore nuit noire, avait réchauffé son café aux braises de la veille sur lesquelles il lui avait suffit de souffler pour qu’elles luisent à nouveau et dégagent leur bonne chaleur. Son breuvage avalé, il s'était mis à l’ouvrage au petit jour...

Le curé du Simplon express
… Puis Dieu et le diable furent à leur tour évoqués. Même puissance, même omniprésence. Et si la victoire du premier sur le second est promise, il sera malaisé de s’y reconnaître, tant le monde est indifféremment soumis aux deux. L’homme est en tout cas dans l’impossibilité, de distinguer entre un Dieu tentant sa créature pour l’éprouver dans la liberté qu’Il lui a laissé de se déterminer, et le malin – qui ne peut être qu’une invention du Créateur de toute chose – la poussant à pécher. Mon vieux curé ne cachait pas les questions qu’il se posait à ce sujet encore à son âge. Il m’engageait à faire de même et à réfléchir sur le fait que Dieu et le diable non seulement n’existent que l’un par l’autre mais pourraient bien être la même chose. De même du bien et du mal, sauf que – si j’ai bien compris –  Dieu, créateur des deux, s’en remet assez commodément à Satan pour assumer le pire. Il paru en tout cas d’accord avec moi quant au profond mystère dans lequel sont tenus les hommes en ce qui concerne les modalités de leurs rapports à ce propos…

Portrait d'acteur

… Il eut d’abord droit à une audition qui se déroula lamentablement. Il fut incapable, paralysé par l’appréhension, d’obtenir de ses cordes vocales autre chose que des sons d'une banalité désarmante. Son examinateur, un baryton imbu de sa personne et de son organe, et de ce fait porté à une sévérité excessive, en déduisit que la réputation dont il jouissait était amplement usurpée. Il lui accorda pourtant le bénéfice du doute et consentit à l'accueillir parmi les apprentis comédiens à qui il servait de cicérone.
Des quelques métiers qu’il avait eu l’intention d’embrasser, ceux d’acteur et de chanteur lui parurent aussitôt les plus enviables. La fantaisie lui semblait s’y mêler au sérieux et l’idée même de représentation, avec son goût de gloire et de célébrité, le séduisait. Il se voyait déjà sur l’avant scène, saluant bien bas un public qui le lui rendait par un tonnerre d’applaudissements…

Compte à rebours

… Cette pendulette était une de ces méchantes inventions luminescentes qui vous agressent en vous jetant aux yeux les bâtons phosphorescents avec lesquels elles composent leurs chiffres. Si le sommeil l’emportait trop lentement, il lui arrivait de lutter contre son insomnie en contemplant leur sempiternel mouvement, bien qu’il fut un peu éloigné pour sa vue déficiente. Les secondes s’écoulaient au rythme du clignotement d’un simple point et il se concentrait sur le jeu des bâtonnets qui passaient d’une combinaison à l’autre, de minute en minute puis d’heure en heure, au rythme de ce clignotement. Ce n’était jamais sans éprouver un certain malaise qu’il se livrait à cette sorte de jeu. Il songeait que si le défilement de chacun des chiffres de 1 à 12 le distrayait, il était aussi un rappel du fait que lui-même se rapprochait irrémédiablement de sa fin à chacun de leurs mouvements les plus ténus ; de cet ultime instant où leur danse perdrait toute signification pour lui…

Les goèlands

… L'alignement, connu des seuls initiés et que nous avait indiqué un marin de Grandcamp, passait par le sommet d'une roche émergente le long de laquelle gisait un énorme canon de marine, à peine reconnaissable tant il était couvert de concrétions et d’algues, et une tourelle située à l'angle ouest de la fortification, le tout à moitié enfoui sous les ruines d'un pan de mur. Il fallait veiller avec la gaffe à ce que la quille n'aille pas flirter de trop près avec les cailloux entre lesquels elle avait tout juste la place de glisser.
Une fois franchie cette passe, le bateau était enfermé dans des éboulements de pierres grises et les restes d’un quai qui semblaient suinter encore de la sueur des hommes qui avaient extrait les unes pour construit l’autre. Longs de quelques trente mètres et larges de dix à peine, ces vestiges de bassin offraient quelques anneaux qui n’étaient plus là que pour le décor, figés dans leurs supports par la rouille. Il permettaient néanmoins aux rares bateaux qui s'aventuraient dans cet abri précaire de s’y amarrer…

Le Grand Colombier

… Il était tôt dans la saison et les dégâts de l’hiver n’avaient pas encore été tous réparés. Le revêtement de la route que j'empruntais, en parfait état d’abord, se transforma progressivement, en quelques kilomètres à peine, en un mauvais chemin rocailleux, escarpé et raviné par l'eau qui sourdait de toute part. Elle devenait tout juste assez large pour ma voiture mais je m'entêtais à la suivre, poussé par ma curiosité et tant était superbe le paysage que je découvrais au fur et à mesure que je m'élevais. A chacun des virages en épingle à cheveux que je devais franchir – certains étant tellement serrés qu'ils m'obligeaient à m'y reprendre à deux fois –, mon regard portait plus loin. À l’est, la vue complète de la chaîne des Alpes s’offrait à mon regard, couronnée de sommets étincelants alternant avec les gigantesques créneaux de remparts faits pour abriter des titans. La neige et la roche, les pâturages et les forêts, faisaient un patchwork qui s'étendait à l'infini et sur lequel s’agitaient, comme de minuscules insectes, des véhicules, des animaux et des hommes. Le soleil projetait la silhouette mouvante de quelques gros nuages d'un blanc éclatant qui parcouraient la campagne, estompant de leur ombre les couleurs des villages qu'ils survolaient dans leur voyage. Le tout avait l'aspect charmant mais trop parfaitement net de ces décors plantés pour y faire circuler les petits trains qu'affectionnent tant les enfants... et quelques grandes personness…

L'implant

… L’un de ses collègues, qui lui avait toujours semblé des plus sensés, lui avait raconté l’histoire de cette femme, proche amie de son épouse, qui avait due être internée et subir une longue cure pour se débarrasser de pulsions inqualifiables qui lui faisaient commettre des actes démentiels bien que sans gravité, comme vouloir à tout prix remplacer un mannequin dans la vitrine d’une modiste, prendre le volant à la place d’un chauffeur de taxi sagement garé en attente du client, marcher sur les mains en plein boulevards, manger sa soupe avec une fourchette, etc. ; manifestations d’une démence plutôt douce mais avérée, et systématiquement précédées de violentes douleurs dans le bas-ventre. Dans ce cas comme dans le sien, aucun des nombreux examens pratiqués ni des traitements appliqués n’avaient permis d’obtenir la moindre amélioration. De la même manière, si rien n’avait pu conduire à la moindre amélioration, rien non plus n’avait autorisé un quelconque diagnostic. Tous ses organes, pris un à un, fonctionnaient normalement. Puis tout avait cessé subitement, en même temps, que décédait une voisine qui, deux ans auparavant, à la suite d’une dispute comme il s’en produit souvent dans les escaliers des immeubles collectifs, lui avait adressé un regard malveillant et pénétrant, l’avait maudite en paroles et par signes –dessinant dans l’air avec ses mains des signes cabalistiques–, puis l’avait assurée qu’elle serait dorénavant tourmentée de milles maux qu’elle se faisait forte de lui infliger par voie télépathique…
 … Il en fait des cauchemars, dont un spécialement éprouvant. Il se voit entièrement nu, la peau de tout son corps douloureusement tendue et luisante, chacune de ses fesses, son ventre et même ses genoux semblant des dômes crâniens qui lui sourient ironiquement bien que dépourvus d’yeux et de bouche, pendant qu’une horde déchaînée d’hôtesses de l’air en porte-jarretelles, coiffées de leur calot d’où tombent de magnifiques chevelures rousses à la Rita Hayworth –ceux qui l’ont connue comprendront la cruauté du symbole–, l’aspergent d’une lotion au pétrole sans marque. Puis arrivent des jeunes filles tout de rose vêtues. Elles portent des toisons semblables à ces  queues de cheval dont se coiffent les amazones ou d’épaisses tresses blondes empruntées aux filles du nord. Elles les détachent et s’en servent pour le fouetter jusqu’au sang en riant et le narguant. Il s’éveille en sueur, l’œil hagard et la langue pendante, s’assied au bord du lit les bras tombant le long du corps et se met à pleurer. Puis la fatigue le terrasse, il s’endort à nouveau…

Hue! Gamin, hue!

… Sans avoir jamais été un cavalier émérite ni un passionné de la plus belle conquête de l’homme, j’ai toujours éprouvé à l’égard des chevaux un sentiment particulier, qui m’entraîne à ne pas résister à l’envie de leur dédier quelques lignes. Aussi loin que je puisse remonter par la pensée, je retrouve un cheval parmi mes souvenirs ou mêlé à mes impressions. Je crois que le premier fut le cheval de l’un de mes camarades d’école dont le père approvisionnait les maraîchers du quartier en fumier et les débarrassait de leurs détritus. Faisant aussi en quelque sorte office de marchand de matériaux, il livrait par ci par là, avec son tombereau que tirait calmement son vieux cheval, de la terre, des cailloux ou du bois. Suivant l’attelage à la trace le long des rues, nous ramassions avec mon frère le crotin  de son moteur pour notre jardinet, dispensant en remerciement quelques caresses aux naseaux humides d’un canasson qui préférait sans dissimulation un croûton ou une carotte…

Casopéolas

… Vint le jour où il disposa, en un arc d’une dimension impressionnante, quinze tripodes hauts de quatre mètres, faits de perches, auxquels étaient suspendues ses notes. Il n’avait pas encore trouvé le néologisme convenable et ne voulait dérouter personne par l’emploi d’un vocabulaire trop progressiste. Ces notes étaient groupées pour constituer autant de ce qu’il nommait des capéoctaves, par une autre concession à la musique traditionaliste, comme il appelait dédaigneusement ce qui regroupait toutes les musiques et instruments connus jusqu’alors. Ces capéoctaves, déstructurées et sans le moindre rapport harmonique entre elles, comptant en fait chacune cinq notes, étaient au nombre de trois – trois capéoctaves de cinq notes, chacune formant bien un ensemble de quinze notes. Un nombre supérieur n’eut été maîtrisable par lui seul en raison du chemin à parcourir de l’une à l’autre pour y porter le jet d’air qui lui était ce que l’archet est au violoniste ou les baguettes au joueur de tambour. Il n’avait pas encore suscité la vocation chez celle ou celui qui aurait pu l’assister pour jouer à deux jets. Il considérait d’ailleurs que ceci eut été prématuré et susceptible de nuire à sa gloire personnelle. L’instrument ainsi constitué devait lui permettre, selon de premiers essais qu’il avait jugés concluants, d'exécuter des morceaux d'un intérêt musicologique suffisant –selon lui-même, en attendant que des experts se soient prononcés– pour permettre d’apprécier la portée de son invention. Et la foule était là, alertée par le battage organisé autour de l’évènement ou par une installation aussi insolite…

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Voyage de noces en Italie au temps des diligences


Récit de voyage tiré d'un authentique manuscrit datant de 1854 - ©
15,6 x 23,4 cm - 343 pages - ISBN 978-295291133-7



Ce récit est tiré d’un manuscrit relatant avec un réalisme rare, à plus d’un siècle et demi de distance, un voyage de noces, pratique naissante à l'époque. Ce voyage se déroule en Italie, quand le coche d’eau, la diligence et la calèche, s’apprêtaient à céder la place au train puis à l’automobile, en attendant l’avion.

La destination autant que la durée et les conditions matérielles du périple attestent de la classe sociale des jeunes mariés, bourgeois de l’époque issus d’une aristocratie expirante. Une véritable étude de mœurs nous est ainsi offerte à travers une narration dont l’humour caustique et les propos souvent réactionnaires, de même que la naïveté et la pudibonderie, ajoutent au caractère suranné de bien des scènes.

Style, vocabulaire et expressions, dégagent un accent de vérité saisissant qui ajoutent à un témoignage du plus grand intérêt.

Est parcourue une Italie dont le charme impérissable est bien celui que nous lui connaissons de nos jours. C’est donc à un savoureux et authentique tourisme rétrospectif que nous invite cet ouvrage. Il fera tout autant le bonheur de l’amateur d’histoire ou d’art que du simple flâneur. Le lecteur connaissant déjà les villes et provinces italiennes traversées par les jeunes époux, renouera d’une manière originale et piquante avec les lieux qui ont pu le charmer lui-même.


Henri Proust (1826-1993) a appartenu à une vielle famille de Niort aujourd'hui dispersée. Il y fonda la Caisse d’Epargne et fut maire de Saint-Mesmin-le-Vieux (Vendée). Il laissa divers écrits et collabora à l’ouvrage de Jules Robuchon, Paysages et monuments du Poitou.






Table des matières
  1                                                                                                                 
I - Avant-propos
II - Les premiers temps du cheval-vapeur7
III - De Nice à Naples par les Messageries impériales  25

IV - Voir Naples et mourir  51

V - Pompéi 81

VI - Sorrente  93

VII - Cendres et sueurs du Vésuve  103

VIII - Enchanteresse  baie de Naples  117

IX - De Naples à Rome  147

X - Rome éternelle  163


XI - Excursion à Tivoli 185
XII - Les catacombes  191
XIII - Audience pontificale  205

XIV - Pâques romaines  213

XV - A rivederci roma  235

XVI - De Rome à Florence

XVII - De Florence à Venise
Gondoles et splendeurs vénitiennes  291Gondoles et splendeurs vénitiennes  291Gondoles et splendeurs vénitiennes  291Gondoles et splendeurs vénitiennes  291De Florence à Venise  277
XVIII - Gondoles et splendeurs vénitiennes
Vers le Simplon et la Suisse
XIX - Vers le Simplon et la Suisse

XX - Epilogue

                                                                                                                      

Extraits

Nous sommes arrivés aujourd’hui à Lyon, vers cinq heures du soir, par le bateau à vapeur de la Saône. En sept heures nous avons franchi les cent trente six kilomètres qui séparent Châlons de Lyon. Hier, depuis Paris, le trajet ne nous a rien offert de bien remarquable, bien que jusqu’à Châlons nous ayons eu une journée de chemin de fer bien complète : de dix heures à neuf heures du soir. La ligne de Lyon est je crois la plus confortable qu’il y ait en France. Aussi avons-nous fait sans fatigue ce trajet de quatre vingt seize lieues. Mais le plus beau chemin de fer du monde ne peut donner que ce qu’il a et il ne faut pas demander à un voyage fait de cette manière des impressions bien variées. Les villes, les villages, se succèdent sans qu’on en voie autre chose que les clochers des cathédrales et les monuments qui dépassent le reste des maisons. Les différences de coutumes, il est bien impossible de les observer dans une course aussi rapide...

Le jour baissait déjà lorsque nous sommes passés sous le pont St Esprit. Ce pont a cela de particulier qu’il fait vers le milieu un angle très prononcé qu’il présente au courant. Ce passage est réputé dangereux, on arrête la machine et on franchit l’arche sous la seule impulsion du courant.

Nous commencions à douter que nous puissions arriver à Avignon le soir même, le vent avait redoublé de violence. C’était le mistral dans toute sa force. Ne pouvant plus rester sur le pont nous nous sommes réfugiés dans le salon et avons attendu. Enfin on a crié que nous approchions. Tout le monde était monté sur le pont et a tâché de se rapprocher de ses bagages, mais il dut bien passer une demi-heure avant que l’on arrivât. Nous avons senti le bateau, qui avançait vers le quai, toucher les galets et s’incliner sur le flanc. Nous ne savions trop si nous étions échoués ou arrivés. La nuit était tout à fait noire. Enfin nous sommes montés sur le pont et nous avons joui du magnifique spectacle d'un désordre sans pareil.

Le bateau était trop chargé pour aller jusqu’à Avignon et devait arrêter dans une île en face. Nous étions accolés au bord et on essayait de réunir le bateau à la terre par des planches. Un homme tenait une torche de résine que le vent éteignait à chaque instant et à la lueur de laquelle chacun cherchait à arracher ses bagages du tas qui était sur le milieu du bateau. Beaucoup emportaient leur malle sur leur dos ; quelques uns, des Anglais surtout qui étaient exaspérés, descendaient par dessus la balustrade, ne pouvant passer sur le pont qui était encombré. C’était un concert unanime d’imprécations contre le batelier, contre la compagnie, etc.

À Vintimiglia on nous a fait descendre de voiture puis nous avons pris à pied une petite rue étroite au bout de laquelle nous avons retrouvé la diligence qui avait descendu à vide une côte étroite et rapide où il y aurait eu lieu de se casser le cou. Cette route n’est au reste qu’une suite de tronçons ; faite à la lettre sur une corniche, elle tourne à angle droit à chaque instant. On descend au grand trot une côte au bout de laquelle on ne voit que le précipice et la mer au fond. Ce n’est qu’à l’angle même souvent que l’on aperçoit la continuation de la route. Il est permis d’être, de temps en temps, au moins inquiet. Cependant les accidents sont rares... 

... Berthe est montée dans une chaise à porteurs portée par quatre hommes et j’ai suivi à pied. C’est une épreuve dont on a hâte de sortir. Les quatre porteurs s’accrochaient aux pointes des pierres de lave, se baissant, se relevant, suivant la nature des obstacles. Pendant ce temps la chaise faisait des mouvements désordonnés et il faut avoir confiance dans ceux qui vous portent car un faux pas vous précipiterait contre les pointes de lave. Je m’arrêtais fatigué et surtout je ne voulais pas arriver au sommet n’en pouvant plus et trempé de sueur. J’ai commencé par m’accrocher à une bricole qu’un homme a passée autour de son corps. Il monte en vous entraînant mais ce moyen est aussi désagréable que peu sûr. Lorsque nous étions arrivés il y avait huit à dix porteurs qui avait bataillé à qui nous porterait. Le guide en avait choisi quatre et ceux qui avaient été mis de côté suivaient avec leur chaise, guettant l’instant où je serais fatigué. Bien leur en a pris et à moi aussi ; je me suis assis dans la chaise et nous avons continué notre marche avec nos huit porteurs, notre porteur de provisions et le guide, ce qui faisait assez passablement de monde pour deux personnes. Mais grâce à cela nous sommes arrivés en haut sans fatigue aucune. Ces malheureux porteurs sont payés une piastre chacun. C’est cher mais ils le gagnent bien. Ce n’étaient plus des hommes mais des fontaines lorsque nous sommes arrivés en haut. Je leur ai donné en outre une piastre pour boire à notre santé, ce dont ils devaient avoir le plus grand besoin. Ils ont disparu dans les rochers pour changer de chemise. J’ai noté qu’ils avaient tous des petites médailles bénies et des gilets de flanelle ; le salut de l’âme et du corps...

Le maître d’hôtel des Iles Britanniques nous avait composé un panier de provisions très confortable. Rien n’y manquait. Il y avait cuvette, serviette, argenterie et pour mettre en usage tout cela un poulet flanqué de deux bécassines et des oranges, le tout accompagné d’une bouteille de vin de Salerne, celui que chérissait Horace. Ce vin mérite bien l’épithète de chaud et ardent que lui donne Horace ; il vaut un bon vin de Bourgogne. Pour suivre son précepte nous l’avons bu avec l’eau apportée. Le guide nous avait fait cuire des oeufs durs à un soupirail du Vésuve. C’était très couleur locale. Je me rappellerai avec plaisir ce repas fait au sommet du Vésuve, dans la fumée du volcan qui nous piquait le yeux mais avec un appétit aiguisé par la vapeur de souffre...

Après le deuil de la semaine Sainte sont venues les réjouissances du jour de Pâques. Ce matin le pape est entré pour dire la messe de Pâques dans St Pierre tout tendu de blanc, la tiare ornée de pierreries sur la tête et le sceptre à la main, entre deux camérieri portant les éventails de plumes d’autruche. C’est ce jour là que l'église Romaine déploie tout son luxe. Peu s’en est fallu que Berthe ne trouvât plus de place dans les tribunes. Il y avait là des personnes installées depuis six heures du matin pour la cérémonie qui n’a pas commencée avant dix heures. On a fait un peu serrer les dames sur les banquettes et on a trouvé quelques places encore...

 ... Une dame s’était installée d’autorité sur les genoux de deux autres, prétendant se glisser entre elles. Il a fallu la menacer de la faire enlever par quatre soldats pour qu’elle s’en allât. On se dispute les places avec un acharnement prodigieux et la scène que j’ai vue dimanche prouve que ce n’est pas seulement dans les tribunes du simple étranger. Mr de Montréal que j’ai vu la semaine dernière m’a nommé les personnes qui s’étaient traitées avec tant d’aménité le jour des rameaux. L’une est Mme de *, l’autre sa cousine Mme de *. L’une a un fils dans l’ambassade, l’autre un frère ou un mari, je ne me rappelle plus bien. La dernière arrivée prétendait déloger sa cousine des places qu’elle occupait au premier rang avec ses deux filles ; de là la scène...

… Le Musée Pitti est pour moi maintenant comme un bel opéra souvent entendu dont les motifs vous frappent comme de vieilles connaissances. En le parcourant de nouveau j’éprouvais un plaisir à comparer ces tableaux que j’avais sous les yeux avec le souvenir qui en était resté gravé dans mon esprit. Il y a là de belles choses. Le Titien est magnifiquement représenté ; il y a de lui des portraits admirables. La Ste Madeleine est une figure superbe et on semble que l’on puisse prendre avec la main les épais cheveux blonds qui ruissellent sur ses épaules. On ne peut pas ne pas admirer la vie qu’il y a dans toutes ces figures et cette magnifique couleur des étoffes que les siècles ont respectée. Il y a peu de Rembrandt ; un portrait de vieillard m’a frappé ; c’est une tête ridée avec un crâne chauve et luisant d’une vérité impitoyable. De Raphaël il y a La Vierge à la chaise, un chef-d’oeuvre de grâce et de sentiment ; des Ste Famille, des portraits ; celui de Léon X entre autres, qui est magnifique. Une figure colorée et supérieure que l’on n’oublie pas. De Murillo, deux vierges avec l’enfant Jésus, dont une est bien belle, mais il n’y a plus la distinction idéale des têtes de Raphaël. Le peintre dont les oeuvres sont les plus nombreuses au Musée Pitti est Andréa del Sarto. Il était Florentin et peintre très fécond, ce qui explique ce grand nombre de tableaux...

… La salle la plus magnifique du palais Ducal est celle du Grand Conseil, elle est immense. Aujourd’hui elle sert de bibliothèque. La grande fenêtre du palais qui regarde la mer et est en ce moment en réparation, éclaire cette salle. C’est tout autour qu’est rangée cette célèbre collection des portraits des Doges, au milieu de laquelle un cadre noir avec cette inscription “Locus Marino Forlicio decapitato per criminibus” indique la place qu’aurait dû occuper le portrait de Marino Forlicio. Cette salle est principalement dédiée aux gloires de Venise. Tout autour d’immenses tableaux représentent les victoires navales de Vénitiens et les grandes scènes de leur histoire...

... Nous avons terminé notre visite au palais Ducal par les Prisoni, ces prisons de si sombre mémoire. Un vieux bonhomme a éclairé une lanterne et nous sommes descendus à sa suite par un petit escalier en spirale. L’entrée est plus sombre et plus mélodramatique que les cachots en eux-mêmes. Notre guide nous faisait remarquer avec orgueil le confortable de ces prisons, boisées complètement pour garder les prisonniers de l’humidité. Il est certain que ces prisons ne sont pas plus affreuses que n’importe quelle autre habitation du même genre et le gouvernement actuel n’est pas assez intéressé à faire valoir l’ancien gouvernement de Venise pour que l’on puisse penser qu’il fait dissimuler les plus nouvelles. Au bout d’un corridor est la chambre des évacuations secrètes. Le condamné était amené là et assis sur une pierre. Deux hommes paraissaient alors, on lui passait un lacet autour du cou. Une petite porte ouvrait sur le canal de la Pagglia. La gondole qui attendait là recevait le cadavre. Et le vieux guide un pur vénitien de vieille souche qui avait vu la République nous disait en tonitruant : ecco il luogo che ha conservato la republica durante quattordici secoli. Il appuyait son opinion sur le peu de bruit que faisait une exécution semblable. Pas besoin de troupes pour entretenir un échafaud et réprimer une émeute au besoin. Tout était pour le mieux ; seul le condamné aurait peut-être trouvé à redire...

… Sur la rive Piémontaise, nous avons trouvé l’inévitable douane. Malgré mes tentatives de corruption il a fallu ouvrir tout, même la petite caisse remplie de sciure de bois. Du reste les douaniers ont peu fouillé mais ils ont eu la conscience de faire leur métier gratis; ce qui paraissait fort indélicat à mon voiturier qui me disait “che brutta nazione, vogliono tutto vedere”. Et puis un génois ne perd jamais une occasion d’injurier un piémontais et réciproquement…

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        Fleurir leur tombe       

      


 Poésie évocatrice - ©
15,6 x 23,4 cm - 22 pages - ISBN 978-2-9529113-4-4






Ouvrage commémoratif en vers,
dédié à ceux qui sont tombés sur les plages de Normandie
à l'occasion du débarquement des alliés,
le 6 juin 1944

Textes écrits à l'occasion des
cinquantième et
soixantième anniversaires
d'Overlord

                      



           



 Extraits

Toi qui foules insouciant la dune faite tombe,

Ô passant souviens toi ! Honore l'hécatombe !
À ces jeunes soldats morts pour toi par milliers,
Songe à dédier la fleur que caresse le vent
Et qui témoigne, là, abreuvée de leur sang...

... De leur proue jusqu'aux ponts, s'élançant, les navires,
Sur les hommes serrés firent bientôt jaillir
Les embruns d'eau salée, qui ajoutaient encore
Aux effets de la houle, leur glacial inconfort...

... Erigé en autel, un camion ou un char,
Au milieu de la troupe, dans le matin blafard,
Servaient aux aumôniers à célébrer l'office
Suivi avec ferveur avant le sacrifice...

... Touchant de leur fond plat le sable gris des plages
Les roches, le goémon, quelquefois des ouvrages,
Inutiles obstacles dressés par l'ennemi,
Les péniches échouaient, leur effort accompli...

... Comme des déferlantes, leurs courtes vagues grises
Eclataient dans les pieux et les chevaux de frise.
Le canon, la mitraille, fauchaient les combattants.
Le flot était les hommes et l'écume leur sang...

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    Toutes sauf ma mère                      


Citations, essai - ©
15,6 x 23,4 cm - 163 pages - ISBN 978-2-9529113-1-3


Cet hommage taquin à la femme est un recueil de citations d'auteurs, pour la plupart français, ayant vécu jusqu'au début du xxe siècle. Il peut aussi être lu comme un essai sur l’évolution de la condition féminine au cours de deux millénaires en France (Bonne ou mauvaise, la réputation du français dans ses rapports avec la femme n’étant plus à faire, à tout seigneur tout honneur) et plus largement en occident. Un recul de près d’un siècle évite de la sorte les arcanes et subtilités d’une pensée moderne marquée par une perte de bon sens, d’humour et de repères, avantage qui n’échappera pas à tous ceux –et celles– qui en sont encore un tant soi peu pourvus.

 

Regroupées par chapitres dont les titres donnent le ton de l'ouvrage, ces citations font référence à l’éternel féminin et sont assorties de réflexions, puis complétées d'un hommage rimé. Compatissants, tendres ou verts, ces poèmes veulent témoigner de l'amour, de la compassion et de la gratitude universelle à l'égard de la femme, dans quelques uns des principaux rôles que lui assigne la nature. Ils veulent aussi et plus particulièrement exprimer ce que peut ressentir l’homme d’aujourd’hui à l’égard de son inévitable complément dont il se donne parfois l’illusion d’être le maître, bien qu’inéluctablement condamné à en demeurer l’esclave.

 

Non, la lutte des sexes n’a pas vocation à se substituer à la lutte des classes !











Table des matières
PréambuleVIII. La femme et la coquetterie  47XVI. La femme et le mariage  79XXIV. La femme et la sexualité  105
I. La femme et son Âge  13IX. La femme et son entendement 49XVII. La femme et la maternité  83XXV. La femme et la sincérité  109
II. La femme et l’amour 17X. La femme et l'esprit 53XVIII. La femme et les misogynes  85XXVI. La femme et la vanité  113
III. La femme et l'argent 25XI. La femme et les autres femmes  55XIX. La femme et la mode  89XXVII. La femme et le verbe  115
IV. La femme et l’art 27XII. La femme et la fidélité  59XX. La femme et la politique  91XXVIII. La femme et la vertu  119
V. La femme et la beauté  31XIII. La femme et la frivolité  63XXI. La femme et son pouvoir 95Hommage rimé
VI. La femme et sa condition  37XIV. La femme et l'homme  65XXII. La femme et le savoir 99Conclusion  141
VII. La femme et la constanceXV. La femme et les machos  75XXIII. La femme et les sentiments  101Annexe (liste des auteurs cités)


Extraits                    

Faisons nôtre, en guise d’introduction, la remarque d'André Maison dans la préface à son Anthologie de la correspondance française, publiée en 1969 aux éditions Rencontre : « L'époque où nous sommes est peut-être favorable à un tel recueil, en ce sens que le public, sans doute un peu lassé par l'abondance des œuvres d'imagination de qualité souvent médiocre, se tourne volontiers vers les études historiques, les mémoires et les biographies. À plus forte raison devrait-il s'intéresser aux documents qui leur servent de base, et donc aux lettres, qui ont en général de précieux caractères d'authenticité et de spontanéité. L'homme s'y dissimule moins qu'ailleurs [et y] confirme son tempérament et ses traits de caractère ». A plus de cinquante ans de distance, la formule n’a pas pris une ride et peut s’appliquer aux citations, lesquelles sont au demeurant fréquemment issues de la correspondance de leurs auteurs…

« Nouvel exemple de cet inlassable bêtisier de citations assassines»[1]  ? Que nenni. Il s’agit ici moins d’écrire que de lire, ou plus exactement de relire. Et quand un seul lecteur y trouverait un supplément de lumière sur un sujet aussi important, Il n’est pas inutile d’opérer un retour en arrière. C’est une manière d’y voir clair ; de déduire, à partir de ce qu’était le femme hier, qui elle peut être aujourd’hui ; d’évaluer ce que lui ont apporté le progrès et ses victoires sur…

… artistes en tous genres, poètes, romanciers, mais aussi historiens, juristes, acteurs, musiciens, philosophes, monarques, politiciens, etc. Leurs opinions le sont tout autant et se retrouvent, sinon d’accord du moins préoccupé par le même sujet, des penseurs aussi éloignés qu’Aragon ou Marx d’Alexis Carrel, que Rousseau ou Zola de Mmes de Scudéry ou de Sévigné

  « Il y a à peu près le même nombre de femmes que d’hommes sur Terre. Mais dans le détail, il y a légèrement plus d’hommes : 101 hommes pour 100 femmes (en 2005). De façon encore plus précise, sur 1000 personnes, 503 sont des hommes (50,3%) et 497, des femmes (49,7%). Il naît un peu plus de garçons que de filles : 105 garçons pour 100 filles, mais les garçons meurent plus que les filles ; c’est vrai dans l’enfance, mais aussi à l’âge adulte. Il arrive donc un âge où les hommes et les femmes sont en nombre égal : en France, c’est à 35 ans. » …

… D’ailleurs, que ceux qui s’interrogent à ce propos se rassurent. La femme apparaît ni meilleure ni pire que ce à quoi il est raisonnable de s’attendre de la part d’un être humain : changeante, contradictoire, légère, irréfléchie … seule la maternité la différencie vraiment du partenaire que lui prescrit avec réciprocité la nature. La littérature enfantine, qui aurait éventuellement pu y changer quelque chose, n’ayant pas été consultée, la rareté des propos relevés à ce sujet chez les nombreux auteurs cités est étonnante. A peine ont-ils fourni de quoi ouvrir un chapitre sur ce thème. Pudeur ? Peut-être l’image de la femme, par son rapport avec l’avenir de l’espèce, qui pour longtemps encore passera par une relation étroite entre les deux sexes, est-elle trop sacrée pour y associer des considérations souvent empreintes de légèreté …

C'est moins l’âge des femmes que craignent les hommes, que l’expérience d’elles-mêmes qu'elles y puisent, au contact de leurs semblables et de l’existence, et l’assurance qu’elles y prennent. Elles y perdent trop rapidement, selon eux, la fraîcheur de leur jeunesse, essentiellement faite de ce semblant d’humilité que regrettent et leur jalousent plus âgées et moins heureuses qu’elles …

… Il a en effet été cherché à se garder de la confusion couramment faite entre cette dernière (la sexualité) et l’amour ; comme si l’un ne pouvait aller sans l’autre …

… Intéressée la femme ? Faite pour dépenser, comment pourrait-elle l’être ? …

… La beauté! Voila, avec l’âge, le principal sujet de préoccupation de la femme …

… Il lui reste en tout cas, en France comme ailleurs, pour changer réellement sa condition, à se départir de ce rôle de femme-objet dans lequel bon nombre de ses représentantes se complaisent, sans l’approbation des féministes il est vrai. Qui niera qu’à juste titre sûre d'elle-même, elle s'offre alors …

… Tout n’est donc pas perdu, sauf à ce que la femme, excédée, ne perde patience et rompe l’entente à la fois naturelle et fragile des deux sexes. Une formule, que se transmettent de génération en génération certaines d’entre elles que le citateur connaît bien, exprime on ne peut mieux sa lassitude : « Les hommes, ont les a toute leur vie entre les jambes ». …

… D’après certaines observatrices, la considération exagérée dont sont l’objet les jeunes garçons, de la part de leur entourage, suffirait à en faire des machos. C’est oublier que leurs mères sont souvent les premières à susciter cette considération et qu’elles-mêmes ne sont pas les dernières à donner à leurs filles l’exemple de la coquetterie, de la frivolité et des autres traits de caractères qui distinguent leur propre sexe …

… Ainsi en est-il des misogynes, qui ne seraient que les fruits amers de passions déçues et d’illusions perdues …

… Sexe ou luxure sont en tout cas des vocables associés à l’amour, sous la forme pratiquée par les humains avec un plaisir d’autant plus grand que la raison y sombre et qu’il bafoue les convenances. L’homme y cèderait parait-il plus souvent que la femme, mais il est bon de noter qu’à chaque fois que celui-là s’y laisse prendre celle-ci est en cause …

… Est-ce à dire encore que le temps de la parité promet à l’humanité une femme davantage vertueuse qu’elle ne fut ? …

… Devant moi ses cheveux en vagues ondoyantes
Me dévoilent mutins sa nuque et son duvet
Et mon désir est tel que ma pensée revêt
Les contours voluptueux de lèvres festoyantes ...


[1] Le Nouvel Observateur N° 2232




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        De la rime au cœur                                  

Recueil de poèmes rimés - ©
15,6 x 23,4 cm - 120 pages - ISBN 978-29529-1130-6



Faite pour être dite,

La poésie attend sur la page

Que des yeux la cueillent

Et la portent au coeur.


Le coeur l'enverra aux lèvres

Qui l'offriront aux cieux

Et ceux qui savent rêver l’entendront

Et la rediront.

 
Du rose au vert ou au bleu, du triste au gai, de l’enfance à la mort, de la paix à la guerre ; en vers libres
ou classiques, de facture personnelle ou à la manière de… l’auteur nous offre ici en partage,
quelques uns de ses sentiments de rencontre.

 Il nous invite, en guise d'avant-propos, à un débat imaginaire sur l’une des caractéristiques fondamentales, selon lui, de l'écriture poétique : sa musicalité.




                 

                   

Table des matières

Avant-proposFemmes
Vieux yacht
Brouage
Mélange
Égalité viscérale
Enfance
Trottins
La Plate
Pour les 1000 ans de La Rochelle
Baisers
Eco Logique
Grossesse
Carmen
Le Sinagot
Rochefort
Feuille d'automne
Soir d’hiver
Petit d’homme
Champêtre odalisque
Le Thonier
Ode aux monts du Forez
Iris
Le temps
Petit d’homme (Prologue)
Fables
Le Loiron
Bastides d’Aquitaine
Vieillesse
Tous coupables
Enfants
La Carpe et le progrès
Carrelets d’Aunis
À l’Ile montagne
Le lit
Couleurs, humeurs
Maman
Business poésie
Cimetière des cargos
La Loire
Les quatre saisons
Chimères109
Portraits
Le pain
Le Héron
Charentes
Nouvel exil
Poétiquement correct
Julie
Partage
VoyagesOverlord
Agonie
Jeux de maux
La lavandière
Poésie s/mer
Un soir à Bordeaux
6 Juin 1944
Mort
Dédicaces à Serge
Les forçats
La Bisquine
Bretagne
60 ans après
A Dieu ou à Diable
Dédicaces à Folon
3


Extrait et fragments

Avant-propos

… car il me semble qu’associer un instrument et par lui la musique au verbe, n’est qu’un aveux de reconnaissance, à l’égard du caractère mélodieux que doit revêtir ce dernier s’il se veut poétique. Comme le compositeur et l’instrumentiste habillent de notes leur pensée –ou celle d’un autre–, le poète l’exprime par des syllabes et des mots.
— Certainement, certainement … mais je vous pose à nouveau la question : que faites-vous du poème en prose et du vers libre dans ce cas ? Car ils sont une vérité ! Ils ont pignon sur rue ! Bien que non mis en musique selon vos règles.
— Je considère qu’ils sont des formes poétiques moins actuelles qu’elles en ont la réputation mais n’excluant pas, au demeurant, la musique dont je parle. Celle-ci y est même d’une telle subtilité qu’il est souvent aussi difficile de la percevoir que de la composer. Je considère surtout que la poésie libre –entendez par là la poésie affranchie des règles que se plait et s’applique à suivre le poète classique– est trop souvent l’alibi de ceux qui confondent liberté avec anarchie ou avec facilité.

Petit d’homme
Sur le sable brûlant
Et la natte sommaire
Le petit d’homme naît. 

Sur le sein desséché
À la source tarie
Le petit d’homme pleure …

 Les forçats
... Le cliquetis des chaînes apporté par le vent
Effraie le bon bourgeois, ameute le passant.
Le convoi des forçats, encadré par la chiourme
Chemine lentement …

La carpe et le progrès (fable)
… Asphyxiée, elle finit au panier d'un pêcheur,
Gastronome averti tout autant que prêcheur,
Se plaisant à donner à ses amis poissons,
Tout en se distrayant, de savantes leçons. 

Ainsi leur apprit-il, on l’a vu tout à l’heure,
Qu’abondance et progrès peuvent n’être que leurre … 

La plate
…  Bercée par la chanson inlassable du vent,
Dans l'odeur du goémon laissée par le jusant ;
Plate aux couleurs pastel poncées par les filets,
Les pierres de la cale, le sel et les galets, … 

Le Loiron
… L’eau parfois habitée de sombre coloris,
Voit les barques cabrées renâclant au mouillage

Sous les assauts du vent montrer leur ventre gris. … 

Le héron
… Le grand oiseau cendré, majestueusement,
Fait à l'onde argentée de fugitives rides,
Provoque un long frisson au sein des eaux limpides,
Quand il frôle en son vol les brumes de l'étang … 

Bordeaux
… Le grand fleuve aux deux ponts ouvre la perspective
Dans le soleil couchant d’un aval encore clair
Et le cours d’eau s’en va lentement vers l’estuaire
Charriant les noirs limons dont est pétrie sa rive … 

Ode aux monts du Forez
…  La colonne rompue qui gît dans la nuit claire
Ressemble à un géant renversé, abattu.
Noire et poli, le roc brille bien que vaincu,
Tragédie sous la lune au sein de la clairière. …

La Loire
… La Loire alors s’endort aux flancs du sable blond
Qu’elle étreint en ses bras en un amour profond
Sous des cieux consentants. … 

Baisers
… Baiser furtif de l'amour révélé,
A la joue de satin soudain rose, volé. … 

Mort
… Âme rongée par le remords
Ou encore emplie d'espérance
Occupée à peser sa chance
D'aller à diable ou bien à Dieu.
Celui qui sait, est-il heureux ? … 

Les 4 Saisons
… D’or fut mon rêve au soleil de l’été
Aux midis rayonnants, aux instants alanguis,
Quand l’amour foisonnant savait peupler mes lits
De repos enlacés, suivant de folles nuits. … 

Soir d’hiver
… Des lambeaux de coton jonchent l'herbe givrée,
Se mirent, expirant, dans les trous d'eau glacée.
Pas un souffle ne vient troubler la quiétude
De ce long soir d'hiver empreint de solitude.

Le temps
… Ô Temps, miroir de l'homme, temps qui passe dit-on,
Dans notre insignifiance et notre prétention.
Temps tu es le métier, majestueux, immense,
Sur lequel nous brodons notre pauvre espérance.

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